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Critique 007 Spectre

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Casino Royale avait fait rentrer James Bond dans une ère nouvelle. Rebootant avec brio une franchise fournie et transgénérationnelle, le film jouait la carte de l’approche old-school tout en posant des bases à développer sur de futures séquelles. Une première pour l’univers Bond, jusqu’ici composé de films one-shots fonctionnant indépendamment. S’ils présentaient chacun des qualités propres, les deux opus suivants – Quantum of Solace et l’acclamé Skyfall – creuseront le personnage de l’espion Anglais de manière noire et inédite, abandonnant au passage certains points essentiels du « Bond standard ». Audacieux, mais déstabilisant. Spectre se profile pour sa part en épisode somme : renouvelé suite au succès critique et public de Skyfall, Sam Mendes livre ici un 007 qui conjugue avec une hallucinante maestria passé, présent et futur.

 

 

L’arc narratif « Daniel Craig » marque la renaissance totale et complète d’un personnage ringardisé par les catastrophiques derniers films tournés avec le « so british » Pierce Brosnan. Brutal et insubordonné, le 007 nouveau évolue avec son époque, sa violence, ses vices et dérives. Daniel Craig lui apporte un visage résolument plus buriné, plus humain mais également faillible. La disparition tragique de Vesper Lynd – inoubliable Eva Green – dans la conclusion de Casino Royale offrait à ce titre l’occasion pour les scénaristes et réalisateurs de déconstruire le mythe Bond en remaniant le personnage en profondeur. Une porte ouverte à tous les possibles, démystification d’un pur emblème de la pop-culture dont les caractéristiques principales restaient jusqu’ici aussi basiques que connues : gentleman, séducteur, invincible et adepte de vodka-martini. Avec Spectre, Sam Mendes achève le chemin de croix du Bond 2.0 en offrant au public un film qui tisse habilement les liens avec les éléments développés depuis bientôt dix ans. Le revisionnage attentif de Casino Royale, Quantum of Solace et Skyfall s’avère à ce titre presque indispensable à la bonne compréhension de ce 007 cru 2015, mais pas que. Spectre pousse en effet l’exercice plus loin que celui de simple épilogue à la saga Craig et se profile comme une parfaite synthèse d’un demi-siècle de Bond.

 

 

Spectre a su conserver l'effet de surprise en restant relativement sommaire dans l’annonce de son contenu. Désavoué par sa hiérarchie, Bond remonte la filière d’une mystérieuse organisation terroriste, le Spectre. Son enquête va l’amener à retrouver un ancien antagoniste, Mister White. Accompagné de la fille de ce dernier, Madeleine Swann, l’agent va progressivement découvrir les rouages d’un système qui menace désormais l’ordre mondial ainsi que sa propre existence. Autour d’un Skyfall qui tirait – parfois plus que de raison – sur le sensitif, Sam Mendes s’affranchit ici d’un James Bond moins complexe et profond mais résolument glamour, spectaculaire et référencé. S’il conserve le ton réaliste de ses trois prédécesseurs, le film retrouve le cahier des charges originel en se présentant comme un superbe produit de divertissement populaire. La quête de Bond l’amène ici à traverser le monde de long en large, à expérimenter quelques gadgets loufoques dignes de l’âge d’or et à visiter des complexes ennemis improbables. Le tout soigneusement rythmé de poursuites et bastons extraordinaires, ryhtmées avec minutie et sens aigu du grand spectacle. Spectre fait dans le frénétique, les explosions maousses et les affrontements interminables sans jamais oublier la classe de la grande époque. Ultime cerise sur le gâteau : en complément de son ultime méchant – interprété par le cabotin Christoph Waltz –, Mendes greffe à son métrage un homme de main brutal et peu loquace, déclinaison à peine masquée du cultissime Requin. Savoureux. Malgré son attachement à redessiner le passé, Spectre n’en reste pourtant pas moins novateur et inscrit dans son époque. Le sombre objectif développé par l’organisation terroriste se dresse en ce sens en critique virulente à notre insidueuse propension à tout contrôler et surveiller. Un constat qui prend résolument tout son sens à l’heure des débats sur les nouvelles libertés conférées aux services de renseignements généraux en matière d’écoute et de surveillance. Malin.

 

 

Bien articulé sur le fond, Spectre profite de l’expertise technique de son géniteur. Sam Mendes emballe en effet un Bond absolument affolant sur le plan artistique, ce dernier jouant constamment des effets de longue focale pour construire son suspense. Les multiples séquences d’action sont par ailleurs exemplaires dans la mise en scène, le cinéaste usant constamment de caméras qui défient littéralement la gravité. La fameuse ouverture se profile à ce titre comme un nouveau modèle du genre, Spectre offrant d’entrée de jeu un plan-séquence stupéfiant avant d’enchainer sur une baston de haute-voltige shootée avec une rare précision. Ereintant. Si le film impressionne moins par son casting, celui-ci reste de très bonne facture. Tout Bond se doit en effet d’être sélectif en matière de recrutement, et Spectre ne déroge pas à la règle. Monica Bellucci n’y tient certes qu’un rôle accessoire, mais Léa Seydoux compense en campant une « James Bond girl » moins frêle et vulnérable que d’ordinaire. Carton plein également côté méchants : Dave Bautista – Les Gardiens de la Galaxie – et Christoph Waltz – Inglourious Basterds – sont parfaits.

 

 

Extrêmement bien construit, respectueux du passif de la franchise et non dénué d’humour, Spectre est probablement l’un des meilleurs James Bond de l’histoire. Sam Mendes aurait pu faire dans la facilité et livrer un film proche de Skyfall, mais fait ici le choix d’une approche légèrement différente sans pour autant marquer de rupture avec ce qui a été construit depuis Casino Royale. Doté de sa propre personnalité et bardé d’excellents twists, Spectre est un excellent épisode qui pourrait refermer avec panache l’ère Daniel Craig. L’avenir seul dira si l’acteur rempilera dans le smoking de 007.

 

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