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Critique 100 Feet

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Le nom d’Eric Red ne vous dit peut-être pas grand-chose, et pourtant. Il a réalisé des choses comme Pleine Lune ou Body Parts, mais c’est aussi le même bonhomme qui s’est occupé du scénario de Hitcher de Robert Harmon ou Aux Frontières de l’Aube de Kathryn Bigelow. Inactif depuis plus de dix ans, Eric Red revient sur le devant de la scène avec une bonne vieille ghost story à l’ancienne. Bon, « bonne » n’est peut-être le terme le plus adéquat mais les fans du sous-genre ne pourront pas reprocher à 100 Feet de faire dans la dentelle.

 


Eric Red a su faire de très bonnes choses, Hitcher et Aux Frontières de l’Aube sont devenus tout deux des classiques dans leur genre, leurs réalisateurs respectifs n’y étant bien sûr pas étrangers. Son retour au cinéma après tant d’années d’inactivité pouvait laisser présager du bon, le potentiel du monsieur n’étant pas des plus à plaindre. 100 Feet met en scène une femme qui, après avoir passée quelques temps en prison suite au meurtre de son mari, se retrouve cloîtrée chez elle un bracelet à la cheville l’empêchant de sortir de sa maison. Mais voilà, non contente de revenir dans la bâtisse où le meurtre a été commis, son mari la battait régulièrement et le fantôme de celui-ci est bien décidé à prendre sa revanche. D’apparence, le scénario n’est pas des plus palpitants. Malheureusement, ce ne sont pas que des apparences. Même si son géniteur introduit quelques subtilités qui permettent à la fois d’aérer le récit et de le rendre plus consistant, la facture globale de ce 100 Feet souffre de son traitement à la va-vite pour finir sa course dans le grandguignolesque fâcheux. Des ghosts stories de qualité très hétérogène déboulent régulièrement au cinéma ou directement par la case DTV, mais très peu sont celles qui tentent de s’aventurer dans des chemins tortueux préférant utiliser les bonnes vieilles recettes qui ont faites leurs preuves il y a bien des années. Les ersatz se multiplient sans concession et 100 Feet ne déroge pas vraiment à la règle.


Sans être mauvais et se laissant agréablement regarder, 100 Feet ne joue pas le jeu à fond, préférant se centrer sur des effets faciles. Débutant directement au cœur de l’action en laissant de côté les malheureux évènements qui ont amenés cette femme où elle en est aujourd’hui, un certain mystère plane autour du couple et du flic qui va se charger de la surveiller durant sa conditionnelle. Une grande demeure lugubre à l’image de celles d’Amityville, Psychose ou plus récemment The House of the Devil, propices aux craquements de plancher et autres poursuites et plaçant ainsi la protagoniste dans une sorte de cocon où la menace vient de l’intérieur, sans aucune échappatoire. Le concept de base est bien amené et le spectateur s’attache rapidement à cette femme rejetée par la société pour s’être défendue contre son tortionnaire. Mais plus la narration évolue, plus ce concept s’essouffle et nous offre un enchaînement de séquences fantomatiques hasardeuses et très rarement réussies. Seule une scène où le jeune amant de la femme se fait littéralement laminé vaut le détour, violente et parfaitement maîtrisée. Pour le reste, les apparitions du mari se résument à une silhouette floutée visuellement entre un Michael Myers et un Hollow Man mal fagotés, lançant les gens et les assiettes contre les murs. Cette personnification un peu trop poussée enlève du mystère et du charisme à l’entité qui, une fois dévoilée, n’a pas de quoi effrayer les plus sensibles.


On tombe donc rapidement dans le film de fantôme classique qui n’a plus grande chose à offrir. Heureusement, on retrouve des personnages crédibles dont la présence se justifie amplement. Eric Red resserre l’étau sur son héroïne et établit l’action principalement autour de sa psyché, subissant sans cesse de multiples traumatismes. Enfermée aussi bien physiquement – à cause du bracelet – et psychologiquement – les blessures du passé qui resurgissent et sa solitude face à cette histoire de fantôme –, elle tente de s’en sortir tant bien que mal. Si les personnages jouissent d’une vraie personnalité, les acteurs n’y sont pas étrangers et viennent apporter un peu de crédibilité à tout ça. On retrouve Famke Janssen – la jolie prof à la tête qui marche dans The Faculty mais aussi Jean Grey de X-Men – dans le rôle principal, Bobby Cannavale – plutôt branché série TV – qui campe le flic meurtri ou encore Ed Westwick – bien connu des demoiselles pour son rôle dans Gossip Girl –, le jeune livreur. Vient s’ajouter à tout ça une belle photographie et une réalisation efficace, 100 Feet échappe de peu au naufrage mais ne dépasse jamais la barre du divertissement honnête.


Structuré autour de la psychologie complexe de son héroïne, 100 Feet tombe trop rapidement dans la ghost story un peu barbante. Malgré un budget visiblement étriqué, Eric Red parvient à insuffler un certain rythme à sa pellicule tenant le spectateur éveillé comme il se doit sans jamais s’aventurer plus loin. 100 Feet restera un honnête divertissement du dimanche soir, très probablement destiné à finir dans les bacs discount.

 

Auteur : TIBO

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