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Critique 2012

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Honnête métrage de science-fiction, Stargate – La Porte des Etoiles avait pourtant en son temps marqué pour Roland Emmerich le début d’une relation passionnée avec la machinerie américaine dans toute sa grandiloquence.  Cinéaste allemand avant tout passionné par la forme que par le fond - souvent très léger - de ses témoignages filmiques, ce dernier  ne collectionne depuis lors que les œuvres king size les plus à même de fracasser le box-office mondial. Avec 205 000 000 dollars de budget pour deux heures quarante de bobine et destructions en pagaille, Emmerich s’engage sur 2012 dans une entreprise gigantesque et inédite. Quitte à négliger le propos, une nouvelle fois creux au possible, et à livrer un métrage abrutissant, autant le faire au mieux. Pari gagné haut la main.

 

 

Aucune surprise ni doute possible : Roland Emmerich dispose désormais d’un fond de commerce pour lequel il demeure l’artisan privilégié des studios. Inlassable dans l’exercice de style, le réalisateur s’évertue, comme depuis près de dix années, à compter la fin du monde à grand renforts d’effets numérique foisonnants. Le Jour d’Après n’était qu’un prélude, auprès duquel Emmerich tire la moelle épinière pour la réinjecter dans un métrage copié collé qui n’a d’intérêt que son habillage léché. Unique point positif de 2012, les effets spéciaux pullulent dans tous les recoins et imposent leur présence à peine la vingtième minute passée. Encore plus outrancier qu'un Michael Bay - Transformers - dans sa démesure du cinéma, l’allemand nous sert une formule surchargée d’explosions, de poursuites, d’écroulements divers, de raz de marée, le tout s’étalant pendant plus de cent-vingt minutes vaines et au final ultra-répétitives. 2012 s’apparente pourtant à un travail titanesque : beau et impressionnant à en tomber, Emmerich shoote le tout avec une maitrise qui impose sa suprématie tant le spectacle s’avère irréprochable dans sa forme la plus stricte. Le long-métrage pourrait même être minutieusement analysé comme un cas d’école tant cette énième vision de la fin du monde témoigne d’un soucis du détail poussé à l’extrême, chaque séquence d’apocalypse fourmillant de détails hallucinants et indénombrables. Rarement le film apocalyptique n’avait paru si réaliste. Mais si les images de 2012 émerveillent à plus d’une reprise, Roland Emmerich oublie pourtant les valeurs fondamentales du cinéma : transmettre une émotions, un message. Voire tout simplement, raconter une histoire. 

 

 

Si la robe fait effet sur les premières séquences, le tout s’écroule rapidement dans les pires poncifs du genre. 2012 est le degré zéro de toute notion artistique, tant le métrage d’Emmerich s’évertue à s’épancher dans une crétinerie crasse. Vide et sans objectif, le déroulé du film se contente de présenter la fuite de ses protagonistes vers la Chine, le tout ponctué d’une cascade de destructions massives. Spectaculaire mais improbable, 2012 tourne gravement en rond et ressert sans vergogne des scènes identiques, parmi lesquelles trois échappées in-extremis en avion - avec un pilote qui n’a jamais posé les mains sur de véritables commandes, chapeau -, des poursuites en « voiture qui sautent les crevasses » à la pelle, le tout saupoudrées de comportements héroïques risibles. Le super-héros américain dans toute sa splendeur, uniquement guidé par un patriotisme puant, n’hésite ici jamais à périr dans un sacrifice déchirant de naïveté,  à commencer par une mauvaise caricature de Barack Obama campée par un Danny Glover aussi inutile qu’irritant. 2012 souffre presque de tous les clichés inimaginables : la famille entre-déchirée, l’ado rebel, véritable tête à claque resucée de La Guerre des Mondes, le scientifique black au grand cœur et ses discours moralisateurs sur l’humanité, le romantisme exacerbé ou encore la prise de conscience des politiques vis à vis des populations défavorisées. Jamais avare en bons sentiments, Emmerich bâcle la psychologie de ses personnages avec un impressionnant talent. Malgré l’acharnement du destin à envoyer ad-patres leurs proches, les personnages s’embrassent, s’aiment et laissent exprimer leur bonheur quelques minutes plus tard, laissant fulminer cette avalanche de bonheur le temps d’un happy-ending magnifique et capturé dans la clarté rassurante d’une matinée ensoleillée. Navrant. 

 

 

Roland Emmerich se fend néanmoins d’un véritable exploit, celui de capturer sur bandes le métrage le plus meurtrier de tous les temps sans jamais réussir à lui insuffler la moindre parcelle d’émotion. 2012 décime l’humanité dans l’indifférence la plus totale, le métrage préférant avant tout se focaliser sur ses galipettes pyrotechniques. Un choix en partie compréhensible, mais qui ancre définitivement le film de Roland Emmerich dans une relative monotonie passé son premier tiers. Bien que le cinéaste s’évertue à multiplier les péripéties, l’overdose d’écroulements pointe rapidement son nez dans un script qui n’a clairement rien à dire. A trop vouloir en faire, Emmerich perd le relatif équilibre institué sur Le Jour d’Après, accentuant du même coût tous ses côtés perfectibles. Abandonnés par le scénarios, les acteurs cabotinent dans ce fait dans l’exagération la plus totale. Si John Cusack sort malgré tout la tête de l’eau, l’assemblage des pires stéréotypes constituant les seconds couteux du métrage fait peine à voir. Les expressions forcées de visage du russe ventripotent - et forcément mafieux - dont on oubliera aussitôt le nom ne laissent place qu’à l’hilarité, à l’identique d’une blonde potiche plus prompte à sauver un chien à mémé que ses propres camarades d’infortunes. Tout juste notera-t-on quelques larmes de crocodile suite à la disparition tragique de son courageux amant. 

 

 

Jamais sincère ni troublant, 2012 témoigne d’une étonnante et abyssale connerie. Bien que le feu d’artifice mérite l’attention, Roland Emmerich accouche d’une œuvre inutile et artistiquement désespérante. Si Alex Proyas a su avec Prédictions prouver que le film catastrophe pouvait aussi se montrer passionnant, Emmerich pousse pour sa part ses ambitions commerciales à leur paroxysme et offre un résultat minable. Un nanar luxueux et puéril.

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Votre réponse :

TONIO 29-11-2015
Con, le film l'est assurément, mais c'est clairement un choix assumé. Il n’empêche que j'ai pris un petit plaisir coupable à le mater au cinoche, un peu comme on se fait une branlette vite fait en cachette de sa copine tout en gueulant ensuite contre les pornos. Les acteurs et l'humour à 2 balles sont insupportables, mais les effets spéciaux, whaou quoi ! Et c'est tout bien sur, d'ailleurs je me suis quand même plutôt emmerdé sur la fin.
Mais bon, ça vaut le coup d'être vu une fois...
Bref, du même tonneau que Le Jour d'Après mais en encore plus décérébré, encore plus irréaliste, encore plus tape-à-l’œil, encore plus tout quoi. Par contre, là, Mr Emmerich, faut arrêter, un de plus se serrait bien trop...

 

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