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Critique 30 Jours de Nuit 2 : Jours Sombres

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Editée sous forme de comics – une demi-douzaine de tomes publiés à ce jour –, l’intrigue de 30 Jours de Nuit avait trouvée un artisan dévoué en la personne de David Slade. Cinéaste habile depuis engagé dans une voie clairement mainstream – le nanardesque Twilight –, ce dernier était parvenu à retranscrire l’ambiance crépusculaire et glaciale de l’œuvre initiale par le biais d’un métrage au rythme mesuré et onirique. Visuellement somptueux, son travail n’avait pourtant bénéficié que d’un succès d’estime, probable conséquence d’une approche résolument anti-commerciale. Si le spectaculaire et la pyrotechnie sanguinolente n’avaient trouvés qu’un faible écho dans un premier volet qui se suffisait à lui-même, Ghost House ne laisse pourtant pas sombrer le filon et donne aujourd’hui naissance à une séquelle contestable. Réservé au lucratif marché vidéo, 30 Jours de Nuit 2 : Jours Sombres opère un redoutable volte-face scénaristique et artistique.

 

 

Simple et direct, le pitch de 30 Jours de Nuit comptait sur un concept efficace pour imposer les fondations d’une trame générale épurée. Opposant une cohorte de vampires assoiffés à la population d’une bourgade perdue en Alaska, le métrage étiolait son propos sur une période temporelle d’un mois sans soleil, phénomène méconnu inhérent à l’inclinaison de l’axe terrestre à certaines périodes de l’année. Déplacée en milieu Urbain, l’action de 30 Jours de Nuit 2 : Jours Sombres s’affranchie donc de cette étrange spécificité. Un choix certes regrettable, mais compréhensif, le jeune réalisateur Ben Ketai effectuant ici le choix de faire table rase du passé pour imposer une vision différente. Si l’approche demeure tout aussi intéressante que celle du Comic-Book Dark Days, auquel le film reste globalement fidèle, Ketai habille malheureusement son œuvre d’une construction bancale et véritablement morose, l’ensemble se limitant à alterner discussions interminables et affrontements mous du genou. Pas foncièrement plus touffu que son prédécesseur côté scénario, 30 Jours de Nuit 2 : Jours Sombres passe de plus à côté de l’essentiel : imposer une ambiance marquante et tendue. Transposé dans les sombres rues Américaines, le tout aurait pu gagner un souffle nouveau, mais ne parvient jamais à s’extirper d’une relative monotonie imposée par une succession d’indénombrables séquences jours / nuits. Relégués au rayon des accessoires, les vampires perdent de ce fait leur bestialité animale d’antan pour se profiler en simple chair à canon, ces derniers se voyant décimés à intervalles réguliers par le groupe de héros sur-armés. Sans réelle prétention, le travail de Ben Ketai ne raconte rien de plus qu’une vendetta furieuse contre le clan de noctambules, et plus particulièrement Lilith, responsable de l’attaque sur le village de Barrow.

 

 

Exit donc la dimension psychologique brillamment explorée par le premier opus à travers ses personnages, contraints à une isolation totale et de longue durée, les protagonistes de 30 Jours de Nuit 2 : Jours Sombres se contentent de dézinguer leurs Némésis et d’évoquer quelques vagues sentiments lors de la disparition de l’un des leurs. Bien qu’aidé par un casting d’acteurs de seconde zone plutôt convaincants – la plupart étant issus du milieu de la série TV, Lost et 24 Heures Chrono en tête de liste –, le métrage de Ben Ketai ne parvient pas à imposer de caractère fort et intéressant. Un constat qui trouve un écho tout particulier dans la figure maléfique et toute puissante de ce 30 Jours de Nuit 2 : Jours Sombres, Lilith. Interprétée par la polyvalente et trop rare Mia Kirshner – The Crow : la Cité des Anges, Le Dahlia Noir –, le personnage cabotine sans grâce ni charisme, comme déjà condamné à un futur destin tragique aussi bâclé que fumeux. Etonnamment lent dans la construction de son histoire, Ketai néglige pourtant avec un réel aplomb un petit chapelet de personnages aux histoires cabossées, à commencer par le semi-vampire Dane, éliminé de l’équation sans avoir véritablement dévoilé ses origines. Le traitement réservé à l’héroïne Stella Oleson ne témoigne enfin d’aucune finesse, grossièreté d’écriture qui fulmine dans une conclusion incompréhensible et posée sur bandes dans l’unique objectif de fermer le métrage sur une séquence choc. Zéro pointé.

 

 

Artistiquement, 30 Jours de Nuit 2 : Jours Sombres cumule toutes les tares imputables aux habituels projets DTV. Nanti d’un budget misérable, Ben Ketai signe un film à l’esthétique télévisuelle, emballé par-dessus la jambe et massacré par une direction photo calamiteuse. Le cinéaste n’exploite à aucun moment le fantastique potentiel graphique des rues glauques et des bâtiments désaffectés, ce dernier privilégiant les séquences sombres et visuellement dépouillées. Tous les décors finissent inévitablement par se ressembler, le manque de variété accentuant encore les interminables longueurs d’un script inintéressant. Pire, ce film « de couloirs » navigue dans l’illisibilité la plus totale lorsque son géniteur s’aventure dans une séquence d’action, ce dernier optant pour une série de plans steady-cam fatigants et encore plus mouvementés que les séquences caméra-épaule de Cloverfield. A mille lieux de la beauté formelle de son prédécesseur, 30 Jours de Nuit 2 : Jours Sombres compte uniquement sur un aspect gore légèrement plus marqué – unique point positif, Ketai ne versant jamais dans le racoleur – pour s’imposer, pirouette visuelle malheureusement mise à mal par une série d’effets spéciaux au rabais. Dommage. 

 

 

Vide et inutile, 30 Jours de Nuit 2 : Jours Sombres enterre tous les espoirs placés dans le développement d’une saga glauque et viscérale. Probable point de départ à une multitude de séquelles fauchées, le film de Ben Ketai ruine définitivement le fantastique potentiel de la série papier, faute de budget. Passé un premier opus cinématographique à l’ambiance glaçante, mieux vaudra en rester à la déclinaison littéraire.

 

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