film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique 47 Ronin

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Carl Rinsch aura cumulé les revers de fortune. Propulsé sur 47 Ronin malgré un curriculum vitae relativement mince – une unique réalisation, indépendante de surcroit –, le britannique avait ici la lourde charge de mettre en boîte une super-production américaine shootée comme un authentique film de samouraïs. Victime de multiples ré-écritures au cours du tournage et repoussé à deux reprises pour d’obscures raisons – le film devait initialement sortir fin 2012 –, 47 Ronin aura connu un échec cuisant sur le marché Américain. Bien que partiellement torpillé par une certaine volonté de faire dans le consensuel, le métrage de Rinsch n’est pourtant pas la catastrophe annoncé et se profile comme une fresque historico-fantastique certes inégale mais divertissante.

 

 

47 Ronin articule son script autour d’une très ancienne légende japonaise. Carl Rinsch et son équipe de scénaristes en redessinent cependant grandement les contours, offrant à ce « fait réel » une dimension fantasque nécessaire à l’explosivité attendue d’un tel produit de grande consommation. Keanu Reeves y campe le demi-sang Kaï, jeune homme autrefois échappé du royaume des démons. Recueilli par le seigneur de la province d’Ako, ce dernier assiste à la destitution de son maître suite à un complot fomenté par le perfide Kira, qui obtient du Shogun – le maître du Japon – le contrôle des territoires dont le gouvernance devient vacante. Contraints à l’exil, les anciens samouraïs d’Asano deviennent des Ronins, et s’organisent afin de renverser Kira. Ces derniers vont faire appel à Kaï afin de renforcer les rangs de leur armée irrégulière. S’il installe son synopsis dans un Japon ancestral, 47 Ronin évite soigneusement l’approche du film historique et s’impose plus volontiers comme un divertissement pétaradant et décomplexé. Bien qu’extrêmement respectueux dans son travail esthétique – les décors et costumes sont extrêmement soignés – Carl Rinsch couche sur bandes un film d’action à la forme plutôt originale. Très stylisé, virevoltant, son métrage n’hésite jamais à lorgner sur le fantastique pur et dur en intégrant de ci et là des créatures loufoques ou des décors totalement débridés.

 

 

47 Ronin en jette donc un max. Les amoureux de la culture nippone s’offusqueront probablement des libertés prises par l’équipe du long-métrage, mais le film de Carl Rinsch opère à une fusion détonante en associant la modernité épileptique de l’actioner ricain à la beauté visuelle du film de sabre. Malgré ses audacieux atouts, 47 Ronin peine pourtant à convaincre sur la longueur. Le script empeste en effet les modifications tardives, ces dernières conférant au film une rythmique bancale et des enjeux dramatiques désamorcés avant même l’instauration d’un climax digne de ce nom. Déjà dépouillé à l’extrême, le scénario ne s’articule plus qu’autour d’une « petite » histoire de vengeance qui ne prend jamais véritablement le temps d’installer convenablement ses personnages. Une écrasante majorité de protagonistes traverse le métrage sans lui conférer la présence nécessaire, Rinsch n’installant aucune tension palpable entre son héros et son rival. Ce dernier est d'ailleurs ridiculement sous exploité, et ce malgré une cruauté timidement palpable. Pire, Rinsch parvient à créer un certain trouble en ne se prononçant jamais sur le « véritable » premier rôle de l’affaire, la présence du fameux Kaï restant anecdotique sur bon nombre de séquences pourtant cruciales.

 

 

Inévitablement, les interprètes peinent à convaincre, voire même à s'investir. Alors que certains n’apparaissent que le temps de quelques plans épars – le fameux et tatoué Rick « Zombie Boy » Genest, pourtant positionné sur toutes affiches promotionnelles –, les acteurs centraux récitent leurs textes sans grande conviction ni émotion. Reeves semble d’ailleurs bien plus impliqué dans ses scènes de baston que dans le bon développement de l’historiette amoureuse, d’une rare platitude, censée représenter le fil rouge du récit. Carl Rinsch effectue néanmoins un très bon travail d’emballage global, ce dernier livrant de belles et longues séquences de combats. Sans se profiler comme un film hautement épique et passionnant, 47 Ronin reste dynamique et déroule son contenu sans gros temps mort. Un très bon point.

 

 

Carl Rinsch aurait pu faire de 47 Ronin un film d’action unique en son genre, respectueux des traditions japonaises et par ailleurs doté d’une dimension vidéo-ludique qui explose la rétine. Si le choc esthétique est bien au rendez-vous, son « produit » pèche gravement en s’habillant d’une structure plan-plan et d’une certaine volonté de faire dans le blockbuster gentillet. Une semi-déception, bien que l’ensemble se laisse appréhender sans grande difficulté.

 

Auteur :

Critique vue 4749 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 67-8

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction