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Critique 5150 Rue des Ormes

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Premier roman professionnel dans la carrière de Patrick Sénécal, romancier québécois notamment auteur de Sur le Seuil et de Les 7 Jours du Talion, 5150 Rue des Ormes fait déjà preuve d’une réelle maturité et se voit naturellement adapté à l’écran. Toujours impliqué dans ces projets, Patrick Sénécal reste à l’écriture et c’est ici son compère Eric Tessier (Sur le Seuil) qui prend place derrière la caméra. Si le métrage se rapproche du cinéma d’horreur, 5150 Rue de Ormes est avant tout un thriller psychologique se centrant principalement sur le fond sans pour autant en négliger la forme, livrant ainsi une bande aboutie et passionnante. Si l’on pourra reprocher quelques effets de style douteux, 5150 Rue de Ormes se propulse au-dessus de la masse et nous prouve une fois de plus que le Québec regorge de talent.

 


Là où le film peut nous pousser dans nos retranchements faisant naître une certaine méfiance – à supposer que vous n’ayez pas lu le livre –, c’est à travers son pitch laissant présager un énième film de séquestration. Yannick, jeune étudiant en cinéma, fait une chute à vélo en ayant voulu éviter un chat sur la route. C’est alors qu’il trouve refuge dans une famille pour le moins spéciale et sa curiosité va lui compter cher. Va s’en suivre une captivité menée par un père tyrannique. La séquestration est un thème injecté à forte dose dans le cinéma de genre, on peut citer au hasard ces derniers temps Mum & Dad, Captivity, A l’Intérieur ou même Open House, mais c’est ici plutôt vers un Misery qu’il faudra se tourner. Si la coquille est plutôt mince, le cœur est quant lui d’une consistance et d’une originalité qu’il ne nous ait pas souvent données de voir. 5150 Rue des Ormes, malgré quelques flottements minimes, évolue sans cesse dans le déroulement des faits et rajoute différentes strates à l’histoire donnant ainsi le sentiment – ce qui n’est malheureusement pas souvent le cas – que le point de départ du métrage est à mille lieux de ce à quoi le spectateur fait face en fin de parcours. Un renouvellement constant qui, bien que parfois maladroit, ne se  repose jamais sur ses acquis et ne tente que rarement de boucher les trous avec des éléments superficiels.


Une des grandes forces du métrage sont ses interprètes convaincants et simples à la fois. Pas de « surjouage » ou de tentative de caricature de la famille de psychopathes, mais des personnages en décalage total avec la réalité faisant leur vie aussi naturellement que possible. Ils vivent leur propre réalité apportant ainsi un côté loufoque à leurs agissements. On comprend donc rapidement qu’il ne faut pas tenter de rapprocher leurs actes avec une quelconque logique, mais plutôt de voir cela comme un monde – leur monde – dans le monde. Le père, campé ici par un Normand d’Amour criant de vérité, est en quelque sorte en mission pour le seigneur et est persuadé de devoir punir les « non-justes » (pédophiles, meurtriers, drogués etc…). Mieux vaut révéler le moins d’informations possibles, auquel cas votre plaisir de visionnement s’en verra fortement diminué – fuyez les spoilers. Un homme à la démarche plutôt honnête sur le fond mais très contestable sur la forme. Si cet homme se trouve être la pierre angulaire de cette famille, les autres membres ne s’en trouvent pas négligés pour autant et jouissent d’une profondeur tout aussi poussée n’agissant pas comme de simples pantins. Tout d’abord la femme – Sonia Vachon –, sous l’emprise de son mari et tiraillée entre l’amour et la confiance qu’elle lui porte et l’atrocité de ses actes. L’ainée – Mylène St-Sauveur –, adolescente tentant de suivre les pas de son père avec ses problèmes de puberté et son sale caractère. Et la petite dernière – majestueusement interprétée par Elodie Larivière –, muette et probablement la seule vraiment consciente de ce qui se passe autour d’elle.


Au milieu de tout ça, on retrouve donc le personnage de Yannick interprété par Marc-André Grondin (C.R.A.Z.Y, Le Premier Jour du Reste de ta Vie). S’il peut paraître légèrement irritant en début de parcours faute à des agissements stupides – en même temps, comment réagirions-nous dans une situation similaire –, son évolution psychologique s’avère captivante. Une relation à la limite d’une relation père-fils s’installe entre le bourreau et sa victime, couplée par un affrontement constant où la position dominante – d’un point de vue psychologique – balance sans cesse. 5150 Rue des Ormes offre quelque chose de différent, bien loin de ce que l’on a l’habitude de voir dans ce sous-genre, grâce à un fond riche sachant surprendre le spectateur. La réalisation d’Eric Tessier est tout aussi réussie, donnant de la profondeur à ce huit clos sans que l’auditoire ne se lasse de voir constamment le même décor. On pourra noter quelques effets de style discutables se tournant vers l’onirisme plus ou moins maîtrisé qui ne sont cependant jamais là pour masquer un manque de consistance. Sans dévoiler l’aboutissement de la pellicule, le gros point noir demeure dans sa finale – où plutôt ses derniers instants – se traduisant par une surenchère un poil moralisatrice orientant ainsi le spectateur vers une direction donnée, fermant ainsi quelques portes qui auraient été intéressantes de laisser ouvertes.


Bien que fortement élevé par ses interprètes, 5150 Rue des Ormes est un thriller psychologique passionnant qu’il est préférable de regarder la tête vide et se laisser guider sans préjugé sera probablement la meilleure façon d’apprécier cette œuvre. Non sans défauts, la pellicule mise sur pied par Eric Tessier et Patrick Sénécal mérite que l’on s’y attarde même si certains d’entre nous pourrons s’en détacher rapidement.

Auteur : TIBO

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