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Critique 88

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Distribué dans un circuit limité de salles outre-atlantique, 88 sera passé relativement inaperçu. Rien de bien étonnant. Tourné sur des fonds indépendants par une ex-actrice de seconde zone passée experte en nanars anecdotiques – GravyTrain, Dead Before Dawn 3D –, le métrage patauge dans le déjà-vu. 88 fait certes preuve d’une approche artistique qui n’est pas sans rappeler le charme des grindhouse movies, mais laisse sur le banc de touche une composante essentielle du cinéma bis : une certaine forme de générosité. Torpillé par un synopsis ridiculement plat, le métrage d’April Mullen s’avère chiantissime au possible malgré un timing ultra-resserré – 1h28 au compteur –. Un exploit.

 

 

88 avait pourtant que quoi séduire les aficionados de bis décomplexé. Articulé autour d’un élément déclencheur ressassé par le cinéma d’action et d’horreur, le métrage de Mullen déroule une séquence initiale résolument intrigante et efficace.  Gwen « Flamingo » retrouve ses esprits au comptoir d’un snack. Victime d’une amnésie partielle, cette dernière n’a aucun souvenir de son passé. Celui-ci va lui revenir par bribes, et la ramener progressivement sur la voie d’une vendetta engagée quelques jours plus tôt contre le meurtrier de son fiancé. A mi-chemin entre thriller et actioner, 88 déroule un script dépourvu de toute originalité. Plus ou moins pompé sur Au Revoir à Jamais, le scénar’ de Tim Doiron – déjà à l’œuvre sur les « œuvres » précédentes de Mullen – tend vers une facilité à peine camouflée par une construction narrative à la chronologie déstructurée. Car si Mullen use ici des traditionnels flashbacks afin de démystifier les zones d’ombres du passé de son héroïne d’infortune, le suspense initial ne tient guère la durée. 88 fait en effet preuve d’une banalité à toute épreuve, et accumule pépère les pseudo-révélations inintéressantes. Dépourvu d’enjeux dramatiques dignes de ce nom, le métrage ne reste d’une violente histoire vengeance, point.

 

 

La relative nullité du scénario n’est pas une fin en soit. Un bon nombre d’actioners décérébrés s’affranchissent d’un postulat purement accessoire – The Raid – avant d’accumuler les séquences burinées sans temps mort. 88 patauge malheureusement dans un épouvantable marasme. Non contente de se montrer honteusement avare en gunfights, April Mullen n’y insuffle absolument aucun rythme. Invraisemblables et dépourvus d’une quelconque once de tension, les échanges de plombs ne parviennent même pas à compenser la rythmique anémique d’un récit mou et sans consistance. Si l’ensemble se montre sombre et violent à souhait, 88 ne raconte rien d’intéressant et empile des séquences interchangeables exfoliées d'émotions. Une véritable torture. Le « cliffhanger » final achève enterre littéralement le métrage, ce dernier s’articulant autour d’une révélation n’importe-nawak presque inédite de crétinerie. Au secours.

 

 

Formellement, April Mullen s’arrange plutôt bien de son petit budget. Cette dernière livre un film bourré d’effets stylisés, riche en plans psychédéliques et baigné dans une colorimétrie glauque plutôt appréciable. Le travail en matière d’éclairage se veut soigné, Mullen équilibrant de plus son esthétique en jouant constamment sur les contrastes vertigineux – les costumes flashy répondent parfaitement aux clairs-obscurs de la direction photo –. Lisible et inventif sur le plan technique, 88 bénéficie par ailleurs d’un casting pas trop dégueu. L’excellent Christopher Lloyd – le fameux Doc de Retour vers le Futur – excelle dans la peau du salopard de service, mais reste malheureusement sous-employé. La sculpturale Katharine Isabelle, grande habituée du film d’exploitation – Ginger Snaps, See no Evil 2 – mène la barque avec plus ou moins de classe. Assez vulgos, cette dernière manque cependant d’insuffler une touche véritablement « sexy » au métrage et vire occasionnellement dans le ridicule lorsqu’il s’agit d’interpréter une tueuse froide et bad-ass.

 

 

88 est un film à l’approche visuelle intéressante mais handicapé sur un scénario lourd et prévisible. Affreusement commun, le travail d’April Mullen s’ouvre sur une introduction prometteuse mais peine par la suite à installer un semblant de climax. Une œuvrette faiblarde et dépourvue de saillies vraiment excitantes.

 

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