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Critique 8th Wonderland

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Ovni dans le petit monde du cinéma de genre français, 8th Wonderland est né de l’initiative de deux hommes, Nicolas Alberny -auteur de trois courts métrages- et Jean Mach -ayant quant à lui déjà deux longs métrages à son actif. A l’heure où l’internet explose littéralement, il est étonnant que l’on ne voie que peu de films sur le sujet débarquer sur nos écrans dernièrement. Avec un thème plus que jamais d’actualité, nos deux compères nous offrent ici une vision des nombreuses possibilités qu’offre le web et de sa puissance considérable. Déjà pensé il y a quelques années et à l’heure des réseaux sociaux, 8th Wonderland aurait pu devenir un projet beaucoup plus ambitieux que le duo tentera probablement de porter sur pellicule pour une suite éventuelle. Ce qui aurait pu ressembler à un film de science-fiction pur et dur il y a quelques années s’avère totalement plausible de nos jours.


Créé par un webmaster mystérieux, 8th Wonderland est un site internet, sorte pays virtuel, sur lequel est rassemblée une gigantesque communauté d’internautes avec pour seul but d’améliorer les choses. Le potentiel d’internet aujourd’hui n’en est qu’à ses prémices. Véritable force de connaissance, il est un moyen d’expression et de rencontre où le duo souhaitait établir un rapport de force avec le monde actuel, et ainsi imaginer la création d’un genre de collectif démocratique plein de bonne volonté voulant faire bouger les choses. Un état cyber démocratique où l’humain passe avant tout. Thriller politique, économique, financier ou science-fiction humaniste, 8th Wonderland n’est en rien comparable à ce qui se fait dans le cinéma français ou même dans d’autres pays. Une œuvre multi-facettes qui, sur le fond, rappelle incontestablement le chef d’œuvre de David Fincher, Fight Club, avec son groupe d’outsiders devenant petit à petit bien plus influent que n’importe quelle autre institution ou entreprise à travers le monde, seuls les moyens utilisés diffèrent. Usé du web en tant que moyen de communication a inévitablement induit un tournage dans différentes langues faisant de ce 8th Wonderland un métrage cosmopolite qui nous épargne gracieusement le coup des méchants américains capitalistes, ne visant aucune controverse ni pays en particulier démultipliant ainsi les possibilités de traitement.


Sous ses airs de peuple insoumis avec pour dessein de refaire le monde et de lutte des gentils contre les méchants, 8th Wonderland soulève de nombreux débats, notamment à travers la question du pouvoir, de l’humanité ou encore du terrorisme et de la charge idéologique qu’on lui porte. A l’origine démocratique et bienfaisant, le pays virtuel va prendre de plus en plus de puissance et la prise de conscience de l’étendu du pouvoir de ce système par ses habitants, va pousser ceux-ci à agir différemment et se voir utiliser des méthodes contre lesquelles ils se battent. La pellicule montre bien la fébrilité de la frontière entre le bon et le mauvais. A-t-on le droit d’user d’actes atroces envers les humains pour sauver l’humanité elle-même ? Peut-on utiliser des actes terroristes pour servir une cause juste ? La volonté, bonne ou mauvaise, de certains peut-elle être imposée aux autres ? Autant de questions qui émergent naturellement de ce métrage, tant la fluidité de la mise en scène plante le spectateur devant ses propres interrogations. A travers cette quête où l’humain passe avant tout, les barrières s’effacent très rapidement et cet état virtuel va vite imposer sa dictature aux autres pays usant de tous les moyens nécessaires pour influencer les décideurs dans la direction souhaitée -la scène du G8 étant particulièrement poignante. 8th Wonderland mets également sur table la question de la responsabilité. Vivant dans un état qui n’existe pas officiellement et demeurant anonymes aux yeux du reste du monde, les prises de décisions se voient atténuer par une certaine distance illusoire face à la réalité. Un simple clic pour quitter le pays et se décharger de toute responsabilité est-elle la seule conséquence individuelle de ses actes ? Beaucoup trop dense pour en aborder tous les thèmes, 8th Wonderland ne se veut à aucun moment moralisateur et donne plutôt une direction vers laquelle l’auditoire est libre de s’y engouffrer.


Bien qu’intelligent, la pellicule n’hésite pas une seule seconde à utiliser l’humour comme arme d’interaction. Installation de distributeurs de préservatifs goûts hostie au Vatican ou accusation de crime contre l’humanité pour émissions TV trop débiles, Alberny et Mach ne se mettent aucune barrière faisant de ce métrage une bande à plusieurs strates dont chaque visionnement recèle de nouveaux aspects. La réalisation est relativement sobre dans l’ensemble avec une photographie cependant bien chiadée, le tout offrant un film parfaitement maîtrisé techniquement. L’une des seules carences -mineure- de ce 8th Wonderland réside dans le jeu d’acteur. Avec une direction des comédiens quasi inexistante, les dialogues s’enchaînent avec une platitude constante où les interprètes semblent réciter leur texte les uns après les autres en prenant bien soin de ne pas se couper la parole, avec un sens de l’émotion assez approximatif. Un défaut tout de même non  négligeable qui, bizarrement, n’enlève rien au divertissement que procure le film, l’auditoire restant toujours attentif à ce qui se passe à l’écran. Avec cette bande ultra-riche, les géniteurs se voient parfois légèrement survoler certains de leurs sujets où un approfondissement n’aurait pas été vain, laissant ainsi le spectateur sortir de la salle sans vraiment l’avoir touché comme il le faudrait. Faute aussi à un final un peu avéré, mais néanmoins tout à fait logique et légitime, que l’on aurait préféré plus percutant. Quoiqu’il en soit, 8th Wonderland est une œuvre qui s’assume, propose et se démarque au sein d’un flot de pellicules analogues.


Avec deux géniteurs et des idées pleins la tête, un seul film de 94 min ne suffit pas. A vouloir trop en mettre, 8th Wonderland survole parfois son propos. Non sans défaut, il est toujours plaisant de voir qu’il y a continuellement des réalisateurs qui savent surprendre et ouvrir des portes trop longtemps restées fermées.

 

Auteur : TIBO

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le concombre masqué 23-03-2018
8th nanarland, le navet qui se promettait un brûlot politique se résumant, en réalité, à un pet de hamster, devrait donner suite à la série 9th nanarland - navet du gros escroc Jean Mach, pompant les aides de la Région Occitanie (donc de nos impôts) - a dû mal a trouver des financements privés.
Les résultats de ses deux derniers films (dont "Par l'odeur allez chier"), deux formidables bides, doivent restreindre les financements de cette nauséabonde série.
j'espère que Jean Mach finira ruiné, lavé, lessivé de cette aventure et que l'on ne le verra plus sur les ondes (bye bye et bon débarras)

 

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