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Critique A Company Man

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Depuis quelques années, dans une majorité des pays asiatiques, un nouveau genre de débat émerge : ce dernier se tourne autour de l’utilité de mener une vie dévouée à son travail et cela au détriment d'un équilibre personnel. Autres thématiques de prédilection, la surpopulation ainsi que la surexploitation industrielle qui amène une pollution aussi nauséabonde que catastrophique. Mais toutes ces nouvelles réflexions concernent une autre philosophie de vie qui entre en  totale opposition avec celle du patriotisme exacerbé issu d'un passé historique dense. Certains films comme Suicide Club, Battle Royale, Ch@troom, ou Stupeur  Tremblement - film français traitant du sujet -  dénoncent cette dévotion sans bornes à un territoire ou le labeur exécuté prime sur l'existence de celui qui l’exécute - et cela dans les deux sens du terme - , ou prendre des vacances est perçu comme un abandon à sa nation, ou la compétitivité sans limites dans sa violence et sa cruauté est considérée comme un travail d'intérêt général. Ne voit-on pas actuellement de jeunes syndiqués chinois se mettre en grève. L'expansion exponentielle d'Internet et sa facilité à véhiculer certains raisonnements - donc de potentielles prises de consciences au niveau international - n'y est certainement pas pour rien. C'est cette base que Sang Yoon Lim va utiliser pour son premier film, A Company Man.

 

 

Hyeong Do - So Ji-Sub star coréenne de drama télévisé - travaille pour une grande entreprise tout ce qu'il y a de plus ordinaire,  à la différence près que celle-ci envoie sur le terrain des tueurs à gages exécuter les basses besognes. Mais notre héros va faire la même erreur que tout bon assassin de film en mal de scénario inventif... Il va tomber amoureux pour mieux se retourner contre ses anciens employeurs. Il est bon de rappeler que cette entreprise n'est pas adepte des ruptures de contrats à l'amiable. Une histoire des plus simplistes que même Luc Besson et ses scénarios tenant en intégralité sur le revers d'un carambar nous a déjà servi avec sa Nikita en 1990 suivie de son préquel officieux Léon en 1994. Mais il faut avouer que la froideur légendaire de la Corée, son marché de l'emploi basé sur une compétitivité extrême et le conditionnement général de sa population peint une toile de fond mélancolique et donc efficace à ce genre de film. Notre personnage principal n'esquissera un sourire qu'a de rares moments bien précis dans le métrage, désirant ainsi contraster ses émotions et pointer du doigt les éléments essentiels à la compréhension globale de l’œuvre. Car oui, derrière sa frange copyrightée par Lady Gaga... Il y a aussi un petit cœur qui bat.

 

 

La première partie du film ne s'attarde d’ailleurs que sur ces éléments. Notre personnage principal découvre qu'il doit exécuter des contrats inutilement cruels, mais aussi qu'il est incapable de savoir aimer ou même de vivre au contact d'autres humains, et encore moins d'interagir avec eux. Il découvre l'isolement que lui procure son ambition et sa dévotion à cette grande firme. La réflexion sociale nous saute immédiatement au visage, tout comme les scènes d'actions - nerveuses et d'un réalisme rarement vu depuis Equilibrium, notamment grâce à des combats rapprochés, armes à feu incluses -  qui s’incrustent aléatoirement dans cette lente et profonde introspection. D'autres scènes comme celle du séminaire d'entreprise, aussi joyeuse qu'un carnaval dans les rues de Fukushima, ou encore celle des brimades subies par chaque élément de la pyramide hiérarchique par l'élément juste au-dessus de lui viennent renforcer une violence latente et omniprésente. 

 

 

Ainsi cette partie - un peu longue - s'attarde sur la vie que mènent ces employés, le questionnement permanent du héros et son attachement à une charmante petite famille. L'accomplissement de certaines missions, donne un peu de rythme à cette partie, car il est vrai que le spectateur fan de gun-fight à la John Woo pourrait se sentir mis de coté. Heureusement la seconde partie amène son lot d'action intense, de course poursuite haletante se terminant au combat au couteau sur les rebords d'un périphérique et de fusillades titanesques. Le Raid n'est jamais très loin. Le fait de nous plonger en permanence dans une ambiance lyophilisée, glacée par un décor de circonstance donne encore plus d'impact quand arrivent les coups de nerfs de nos différents protagonistes. On ne sait pas quand ça va péter, mais ça va péter et ça pète. Malgré la violence, A Company Man se déroule sur une chorégraphie esthétique et souple, une mise en place dans un cadre équilibré et sur des filtres photos toujours justes. Bref, la réalisation et son montage ne laissent jamais entrevoir qu'il s'agit d'un premier métrage. Ca promet. 

 

 

Outre son questionnement social intéressant, ses longueurs qui au final viennent équilibrer le rythme général désiré par le réalisateur, A Company Man nous offre un bon moment de cinéma d'action à la sauce Coréenne ainsi qu'un climax plein de rage et véritablement jubilatoire. Sans pour autant laisser une trace dans la mémoire du spectateur, il est suffisamment plaisant pour une bonne soirée et pour nous donner envie de suivre Sang Yoon Lim dans ses futurs projets.

Auteur : MARC D'OC

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