film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique A Serbian Film

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Tout bon passionné de cinéma de genre est à la recherche du film qui lui retournera le cerveau, que ce soit par la peur, le dégoût, l’indignation, chacun en fonction de sa sensibilité. S’il y a un film qui fait scandale en ce moment dans les festivals, c’est bien A Serbian Film. Considéré comme un pur chef d’œuvre par certains ou comme un film choc débile et gratuit par d’autres, le métrage imaginé par Aleksandar Radivojevic et Srdjan Spasojevic (comme ça s’écrit) a au moins le mérite de ne s’imposer aucune barrière et de défendre ses idées, aussi pertinentes soient-elles. Une bande qui n’est assurément pas à mettre entre toutes les mains et qui n’a pas finie de faire couler beaucoup d’encre.

 

 


Une chose importante que certains ont tendance à oublier, c’est que ce n’est qu’un film. Pour ceux qui ont pour habitude de se jeter corps et âme dans les métrages en ne faisant parfois plus la différence entre un film et une téléréalité, le choc risque d’être assez abrupt. A Serbian Film raconte l’histoire d’une ex-star du porno, Milos, qui se voit proposer un salaire démesuré s’il accepte de jouer dans un porno d’un nouveau genre. Seule condition, il ne doit pas poser de questions et ne doit pas connaître à l’avance ce qu’il va tourner. Une fois la pellicule écoulée, on se rend compte qu’elle a malheureusement été victime de son propre scandale puisque A Serbian Film n’est clairement pas le choc annoncé. C’est un métrage qui gagne à être revu en faisant table rase de sa controverse qui a tendance à déformer beaucoup de choses. Des scènes abjectes, éprouvantes, immorales, dures, ou tout autre mot de vocabulaire s’y rapprochant, oui, il y en a, mais on en a vu d’autres. Est-ce suffisant pour accrocher son public et surtout pour tenter de faire passer une critique sous-jacente d’une Serbie victime et au bord de l’explosion ? Cela ne semble en tout cas pas être le moyen le plus intelligent ou du moins le plus pertinent pour faire passer ses idées. La bande met de côté les longs discours pour s’exprimer par les images, explicites, graphiques et choquantes. Quand le message est clair dans la tête de ses géniteurs, il est beaucoup moins évident dans celle du spectateur.

 


A Serbian Film est donc une allégorie, une transposition exagérée de la réalité. En voulant mettre en images leur représentation de la famille en Serbie – où les gens se font exploiter pour subvenir à leurs besoins, perdent leur innocence dès la naissance pour se faire violer, dans son sens figuré, toute leur vie jusqu’après la mort – ou plus généralement tout ce que leur peuple à vécu – depuis l’éclatement de la Yougoslavie, la Serbie a connu plusieurs guerres civiles et s’est retrouvée écartée au niveau international avec la perte de repères moraux et éthiques –, les deux cinéastes ont choisi la violence et le sexe pour exprimer toute la frustration vécue ces dernières années. Sur le papier, le concept est respectable mais honnêtement, un viol de nouveau né, une fornication agrémentée d’une décapitation ou une fellation destinée à étouffer sa victime – pour ne citer que quelques passages – peuvent-ils vraiment faire passer un message et faire prendre conscience de quoi que ce soit ? Difficile à avaler. Pour le message, A Serbian Film n’est pas des plus habiles mais il reste en outre un très bon film et un drame familial poignant qui prend tout son sens dans une finale qui ne se débine pas après nous avoir abreuvés de scènes indélicates. La première partie du film est assez calme et prend le temps de mettre en place ses personnages – pas toujours avec délicatesse, certes. On y voit les différentes relations qu’entretiennent les personnages entre eux mais aussi ce que représente le porno pour Milos. Quand certains le mettent sur un piédestal, lui y porte un regard blasé. En grande difficulté financière, la survie de sa famille le pousse à entreprendre pour ainsi dire le « film de la dernière chance ». Quand il se rend compte de ce qu’on lui demande de faire, il refuse de continuer mais le réalisateur va en décider autrement, lui administrant des drogues. C’est à partir de là que le personnage se réveille dans son lit, amnésique, et va redécouvrir tout ce qu’il a fait en menant sa petite enquête.


Dans l’ensemble et bien que l’on ne reste clairement pas insensible au sort réservé à certains, les personnages ne provoquent pas réellement l’empathie de la part du spectateur faute à des scènes parfois légèrement grotesques. Malgré ses airs de snuff movie, A Serbian Film s’y rapproche uniquement par son film dans le film, car esthétiquement, le métrage n’a rien de cheap et réaliste telles que les séries des Guinea Pig ou August Underground, desquelles la pellicule n’a que très peu de points communs. Une photographie chiadée, une réalisation au poil, et une bande son superbe, le film se rapproche plus d’un thriller sur de nombreux aspects, avec un faux air de Memento dans sa seconde partie. Car même si la critique sociale et politique est un peu vaseuse, il a au moins le mérite de livrer une vraie histoire en laissant le sentiment que toutes les souffrances endurées par les protagonistes comme par les seconds couteaux trouvent leur point de chute et se justifient en partie. On est loin du film expérimental fauché et on fait bien face à un métrage, certes autoproduit, mais digne d’une distribution mainstream. A Serbian Film est une œuvre remplie de rage qui cherche incontestablement à faire violement réagir son auditoire et aller chercher son public là où il ne l’attend pas, titillant la morale des plus durs à cuire.


Critique acerbe factice pour justifier des scènes chocs, prétention ou tentative maladroite de faire passer son message, A Serbian Film est quoiqu’il en soit une œuvre à ne pas mettre entre toutes les mains et ceux qui n’ont pas l’habitude de faire face à ce genre d’images pourront s’y bruler les ailes. Si la véracité de son discours se retrouve noyé par une structure un peu chaotique et des scènes explicites, il n’en reste pas moins que la bande mérite le coup d’œil et démontre que Srdjan Spasojevic est un réalisateur à suivre.

Auteur : TIBO

Critique vue 54374 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 76+46

Votre réponse :

Max 01-12-2016
Excellent film, très réaliste, un film qui représente merveilleusement bien l'Humain dans ses mauvais jours. Cependant une question subsiste, que devient la maman du nourrisson violé ? Merci.
Max55 20-11-2016
Wikipedia ne cherche plus ! Toi et tes bénévoles compliquez toujours la définition de " l'humanité " ? << Eurêka !!! >> moi j'ai trouvé, l'humanité = A Serbian Film . Ce dernier n'est évidemment qu'un sublime long métrage ultra réaliste de notre espèce dans ces mauvais jours..., cependant on dit souvent que la réalité dépasse la fiction.... excusez le réalisateur pour la scène du nourrisson...mais la vérité est la suivante, cette sublime production est le fruit de nos entrailles ... bisounours les philosophes ;-) ... ma note ? 14/20 ... ben oui... que devient la maman du nourrisson ? Lol...:-p

Fab 14-09-2016
@Dita: je pense alors que tu devrais faire un petit travail sur toi-même et te poser certaines questions, parce que se dire "sensible" et ne rien ressentir face à des scènes (même si fictives) comme le nouveau-né ou des films comme "Martyrs", c'est qu'il y a quelque chose en dessous de ça.
ludmella 10-04-2013
du mauvais goût et j peur que ça devienne la norme
Dita 05-12-2012
Dans la mesure où bien que je sois une fille sensible, aucun film d'horreur ou malsain ne m'a jamais produit aucune émotion, j'ai regardé ce film. Verdict : je me suis ennuyée....

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction