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Fiche Critique Bande annonce

Toute nouvelle sur le poste de réalisateur, Agnieszka Wojtowicz-Vosloo n’a à son actif qu’un court métrage réalisé il y a près de 10 ans. C’est en 2008 qu’elle se lance pour son premier long métrage, After.Life. Se frayant un chemin en toute discrétion, le film a attiré l’attention du public principalement en raison de son casting 3 étoiles. Christina Ricci, Liam Neeson et Justin Long, des noms qui suffisent amplement pour attirer les projecteurs, aussi petits soient-ils. Pour sa première réalisation, Agnieszka Wojtowicz-Vosloo a choisi de traiter le thème de la vie après la mort. Original ? Non. Réussi ? Pas vraiment.

Qui ne s’est jamais demandé ce qu’il y avait après la mort ? Certains pensent que l’on s’éteint de manière purement naturelle, d’autres penchent pour la réincarnation, ou encore pour que notre âme quitte notre corps pour trouver la paix. Autant de visions différentes ancrées dans la culture populaire, la foi individuelle ou les différentes croyances à travers le monde. Le cinéma en a vu de toutes les couleurs, des nippons aux américains en passant par les hispaniques, la concurrence est rude. Le thème est difficilement épuisable et ses interprétations représentent une source d’inspiration fascinante. La réalisatrice nous propose de suivre une jeune femme qui, après un accident de voiture entraînant son décès, se retrouve dans un funérarium aux côtés du maître des lieux. Ce dernier va devoir l’aider à accepter sa mort et à reposer en paix. Sur le papier, il faut avouer que le concept est assez intriguant. Couplé avec la présence d’acteurs reconnus et une femme derrière la caméra, ce premier long métrage laissait entrevoir un joli potentiel. Malheureusement, After.Life rate sans cesse le coche et n’approfondit jamais son sujet, préférant ramer en surface plutôt que de proposer une pellicule un tant soit peu immersive.

Après une introduction bouclée en deux temps trois mouvements, quelques pièces rapportées à droite à gauche tentant d’établir une relation amoureuse entre deux êtres censés avoir partagés des moments de vie forts, la réalisatrice passe aux choses sérieuses et plante son protagoniste face à lui-même, obligé de se rendre à l’évidence : elle est bel et bien morte. Que va-t-il bien pouvoir se passer dans cette morgue ? Le face-à-face entre Christina Ricci et Liam Neeson s’annonce percutant. C’est ce que l’on pourrait croire. S’il aurait été préférable de centrer le récit sur ces deux individus pourtant primordiaux, After.Life préfère l’aérer à l’extrême et venir y greffer des personnages et péripéties qui viennent plomber l’ensemble. Entre le drame, le film de fantômes, en passant par des bribes de slasher, la pellicule se mord la queue et ne sait jamais où donner de la tête. Bien que le spectateur ait un peu de mal à savoir où la réalisatrice veut en venir, le métrage jouit d’un rythme correct et nous entraine dans cette aventure, malgré tout bien trop légère face à un thème aussi complexe et profond. Résolument premier degré, After.Life peine à convaincre.

On se retrouve avec des personnages anecdotiques – le jeune élève, le petit ami – bien trop présents proportionnellement à leur apport réel au sein de la narration. Toujours impeccables devant la caméra, Liam Neeson et Christina Ricci semblent néanmoins un peu distant et leurs personnalités n’entrent jamais dans un conflit pourtant nécessaire dans un moment de l’ « existence » aussi cruel. On peut reconnaître la capacité à laisser planer le doute sur la situation réelle de l’héroïne, résultant d’apparence plus à la multiplication des zones d’ombres, plutôt qu’à une réelle maîtrise de son récit. De ce fait, la pellicule se précipite dans un final couru d’avance, confirmant que ce qui s’est passé depuis le début n’est que bien trop accessoire. Si la narration manque furieusement de consistance, la réalisation est quant à elle maîtrisée de bout en bout et la photographie installe une froideur de circonstance, du moins pour ce qui se déroule à l’intérieur du funérarium, le reste aurait pu être coupé au montage sans que cela ne change quoique ce soit. En soi, After.Life est loin d’être un mauvais film mais son traitement ressemble plus à celui d’un DTV du dimanche soir qu’à une réelle proposition. Avec une dramaturgie inexistante et des scènes de tension totalement à côté de la plaque, le premier film de Agnieszka Wojtowicz-Vosloo souffre de bien trop de maux pour convaincre, le générique de fin entrainant un sentiment de frustration qu’il aurait fallu à tout prix éviter.

Montrant une certaine capacité à semer le doute dans notre tête et livrant un final avisé mais sujet à d’éventuelles diverses interprétations, After.Life ne tient malheureusement pas ses promesses dans l’ensemble. Bien trop bancale et incertaine, cette première réalisation n’exploite pas son sujet, aussi complexe soit-il, comme il le faudrait. Décevant.
Auteur : TIBO
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