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Critique Akira

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Il fut un temps que les moins de vingt ans n’ont pas connu. Celui où tout ce qui touchait de près ou de loin à l’animation japonaise (et à son équivalent papier, le manga) était qualifié de diabolique ou de violent par de soi-disant défenseurs de notre jeunesse (Ségolène Royal en tête). Un temps où, sous le manteau, circulait des bandes absolument géniales telles que Crying Freeman, la cité interdite ou encore Venus Wars et où Miyazaki et Oshi étaient loin d’avoir les fans qu’ils ont aujourd’hui. Et c’est à cette époque qu’est né un chef d’œuvre de l’animation, Akira, adapté par Katsuhiro Otomo de son propre manga éponyme. Et pour ceux qui ont lus le bestiau, c’est peu dire que le défi était relevé.

 

 


Néo-Tokyo, 2019. Alors que le monde se relève d’une troisième guerre mondiale, des bandes de jeunes motards sillonnent la capitale japonaise. L’une d’entre elles va se retrouver face à une série d’évènements étranges. Ainsi, un soir où ils sont sur une autoroute désaffectée, Kaneda, Tetsuo -adolescents livrés à eux-mêmes- et les autres se retrouvent nez à nez avec l’armée. Tetsuo vient en effet d’éviter de percuter un enfant -qui, en plus de ressembler à un vieillard, possède d’étranges pouvoirs-  se trouvant au milieu de la route. L’armée capture Tetsuo, en qui elle voit un être au potentiel énorme, afin de poursuivre des expériences qu’elle mène en secret depuis des années, et notamment le projet Akira. Akira s’ouvre sur une séquence intense, qui à elle seule donne le ton du film. A l’écran apparaît Néo-Tokyo avec la date du  16 juillet 1988. Une partie de la ville est balayée puis une explosion atomique éclate, aveuglante. Apparaissent alors le nom et prénom du réalisateur. L’ambiance est installée. On n’est pas là pour rigoler. L’image se brouille puis nous montre une vue du ciel de Néo-Tokyo avant que la caméra p longe vers la ville et nous révèle le cratère laissé par l’explosion, ainsi que la date, 2019. L’introduction, en quelques images, peu animées, et par conséquent proche du manga d’origine, pose les bases du monde d’Akira. Un monde guère différent du nôtre. Un monde où les jeunes sont désœuvrés, marginaux et rebelles. Et c’est justement là  le thème principal d’Akira, l’adolescence. Car sous ses airs d’œuvre mêlant horreur, post-apo et action –avec des thèmes récurrents dans l’animation japonaise, tels que le nucléaire, l’armée, et la politique- le film est, avant tout, le récit de deux amis, Kaneda et Tetsuo, présentés comme inséparables, mais qu’une lutte fratricide va opposer, Tetsuo supportant mal que son ami régule sa vie et soit le chef de leur bande.


Ce qui frappe dans Akira, c’est tout d’abord l’aspect visuel, ultra soigné. Les plans fourmillent de détails, de couleurs, et sont tous plus beaux les uns que les autres. De plus, l’animation est fluide et le tout rend l’œuvre impérissable à ce niveau. C’est simple, les plans de Néo-Tokyo comptent toujours parmi les plus beaux vus dans un animé. La ville est vivante, colorée et aussi bien ses bas-fonds que le cœur de la ville sont soignés. L’aspect scénaristique, ensuite, est important, d’autant que c’est ce qui démarque le plus l’animé du manga, Otomo n’ayant toujours pas terminé ce dernier quand il s’attaque à le transposer sur grand écran. Les personnages, et principalement les deux héros, sont attachants et leurs motivations toujours compréhensibles et logiques. Tetsuo, adolescent effacé  qui rêve de devenir calife à la place du calife, se retrouve au centre d’expériences qui lui confèrent des pouvoirs sans limite, alors que Kaneda, leader naturel, veut tout faire pour sauver son ami.  Et le film garde ce fil conducteur tout du long, même s’il traite également des luttes intestines au sein d’un gouvernent japonais où armée et politiques s’affrontent. Otomo réussit parfaitement le passage à l’animation, et démontre avec Akira, qu’il faudra désormais compter sur lui dans ce petit monde. Il se révèle à la fois un réalisateur exigeant –il suffit de voir les séquences en moto et la beauté qui s’en dégage, en plus de leur efficacité- et un scénariste rigoureux,  n’hésitant pas à prendre des risques, quitte à décontenancer et à choquer. A ce titre, la fin de l’animé, différente du manga, est sujette à interprétation encore maintenant, tant elle semble révéler du rêve éveillé. Le film fourmille de séquences ahurissantes, inédites, où les chairs se mêlent au métal, où l’esprit règne en maître décomposant et recomposant les corps, les absorbant, délire que Cronenberg aurait pu coucher sur pellicule s’il s’était mis à l’animation. 


Classique instantané de l’animation, Akira brasse et digère donc de multiples thèmes. La peur de l’apocalypse déjà avec les possibles conséquences d’une guerre nucléaire et ses répercussions – preuve que le traumatisme d’Hiroshima est toujours présent. La perte de repères de la jeunesse japonaise ensuite -sujet au centre d’œuvres postérieures et aussi diverses que Battle Royale ou Kids return- et qui, ici, laisse peu de place à l’espoir. La politique et ses dérives enfin avec ce monde où l’armée a pris le pouvoir, et où pour seule voix, les habitants n’ont plus que les armes. Et il ne faut pas oublier le paranormal, les dérives scientifiques, le pouvoir de l’esprit, etc. Objet d’un véritable culte, une rumeur courrait qu’une version longue de l’animé existait, ou tout du moins devait voir le jour. Aujourd’hui, il reste le film tel qu’il est sorti en salles, vision dantesque au souffle inégalé, qui se classe au côté de Blade Runner ou Dark city, dans les œuvres d’anticipation  les plus abouties du cinéma.


Le statut de film d’animation n’empêche pas Akira de posséder une aura culte, qui va bien au-delà de l’avis que le grand public peut avoir sur les dessins animés. Œuvre adulte, traversée par l’ombre de Kubrick, Akira a ouvert la voie à beaucoup d’artistes d’horizons divers. Ce n’est pas par hasard si Otomo est encore à ce jour un des plus grands auteurs  japonais (Steamboy, Memories) et se retrouve cité par les plus grands, James Cameron en tête.

Auteur : TONTON

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