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Critique All The Boys Love Mandy Lane

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Victime de la quasi-faillite de ses producteurs, All The Boys Love Mandy Lane semblait irrémédiablement destiné à une sortie confidentielle. Voire à ne jamais bénéficier d’une quelconque distribution au sein de l’Hexagone, territoire résolument frileux à la mise en avant d’un film de genre qui continue pourtant d’inspirer quelques talents nationaux notables - Alexandre Aja, Pascal Laugier -. Terminé depuis quatre années mais directement enterré par les frères Weinstein – financièrement noyés par le douloureux naufrage du très inégal dyptique Grindhouse –, l’arlésienne de Jonathan Levine se fend d’une sortie « direct to DVD » un brin regrettable, mais néanmoins attendue. Construit sur un canevas simple au possible, l’œuvre du cinéaste américain, à l’époque débutant, s’inscrit en effet aux côtés des œuvres horrifiques les plus remarquables de ces dernières années.

 

 

Levine ose à la base un audacieux pari. Mouvement cinématographique essoufflé et impossible à renouveler, le slasher n’aura connu que de timides soubresauts – Scream, Souviens-toi... l’été dernier  – depuis son âge d’or, la définition même du concept originel le rendant difficilement dissociable des clichés adolescents de rigueur. Des exigences auxquels le réalisateur plie pourtant partiellement dans sa façon d’aborder All The Boys Love Mandy Lane. Casting de belles gueules, déroulé scénaristique s’arrêtant un temps sur la question des paradis artificiels et des premières expériences sexuelles, isolement des protagonistes et apparition d’un psycho-killer mystérieux, le métrage ne se montre jamais véritablement désireux de briser les codes et répond aux exigences du genre avec un sérieux certain. Le scénario de Jacob Forman demeure en ce sens relativement basique, le fond du film se limitant à un éternel jeu de chat et de la souris, ponctué d’éliminations régulières et sanglantes. Du personnage le moins important au cercle d’ami plus restreint, les meurtres s’enchainent avec une cadence régulière jusqu’à ce que le spectateur devrait être en mesure d’attendre d’un projet étiqueté Slasher : le twist annonciateur de l’identité de l’assassin. Un schéma que ne respecte néanmoins pas totalement Jonathan Levine – son protagoniste dérangé demeurant radicalement éloigné du croquemitaine indestructible –, ce dernier empruntant rapidement la tangente afin d’imprimer à son travail une âme propre ainsi qu’une originalité inattendue. Evinçant toute notion d’enrobage commercial, ce dernier livre en effet un métrage d’avantage porté sur les personnages que sur les mises à mort racoleuses et improbables.

 

 

Proche du film indépendant, All The Boys Love Mandy Lane délaisse le côté fun et pop-corn du genre pour s’articuler autour d’un canevas empruntant sans complexe au film d’auteur. Le film de Levine aborde avec une remarquable aisance le difficile cap de l’adolescence, avec tout ce que cela incombe de préoccupations futiles. Parfaitement développés, les personnages insufflent à l’ensemble une sensibilité épidermique, l’étude des mœurs opérée par le cinéaste retranscrivant avec réalisme les violences physiques comme morales dont peuvent se rendre coupables les adolescents actuels. Des moqueries irréfléchies trouvant qui trouvent ici, et à l’instar de certains faits divers, un répondant disproportionné – la transformation d’un individu normal en tueur appliqué – à force de répétition. Si l’approche de ce symptôme typique à une certaine frange de la jeunesse Américaine n’est en rien inédit en matière de septième art – Elephant, de Gus Van Sant –, son application à un genre filmographique populaire par définition accroit indéniablement la portée du message. All The Boys Love Mandy Lane se pare de ce fait d’une cruauté palpable, Levine faisant le choix d’une violence visuelle et frontale, sans pour autant sombrer dans la gratuité. Bien que simples et directs, les meurtres se montrent presque douloureux, le réalisateur insistant sur le plaisir coupable ressenti par son assassin. Une efficace traduction des effets pervers nés des persécutions continues.

 

 

Les séquences suscitées s’avèrent parallèlement marquantes du fait de l’emploi d’un rythme particulièrement mesuré. Conférant à son travail un montage sobre et tout en retenue, Levine laisse les personnages s’installer de manière durable et en explore les moindres contours dans un premier tiers certes contemplatif, mais néanmoins indispensable. All The Boys Love Mandy Lane encourage ainsi à une certaine identification vis-à-vis des personnages, procédé à même de démultiplier la puissance des séquences les plus brutales – le premier meurtre, qui témoigne d’une violence particulièrement malsaine –.  Levine emballe pour ce faire son métrage dans un écrin soigné, le réalisateur optant pour un scope de rigueur et une souplesse des mouvements particulièrement appréciable. Beau à en tomber, All The Boys Love Mandy Lane se fend d’une photographie pastelle et poétique érigée en parfait contraste à l’horreur véhiculée en arrière-fond, mais cependant pleinement adaptée à l’étude psychologique déroulée en fil conducteur. La direction d’acteurs – impeccable – corrobore la justesse du propos, la jeune Amber Heard conférant à Mandy Lane une authenticité aussi touchante que troublante, le rôle présentant une réelle complexité d’interprétation à l’occasion des surprenantes dernières séquences du métrage.

 

 

Bien que Jonathan Levine ne pose les fondations de son œuvre sur un pitch initial épuré, All The Boys Love Mandy Lane s’oriente vers des horizons inattendus. Simple mais soigné – aussi bien techniquement qu’en matière d’approche scénaristique –, ce slasher de troisième génération laisse enfin planer sur le genre un sentiment de renouveau, le registre parvenant ici enfin à se détacher de son image de divertissement bourrin et crétinisant.

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