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Critique Alléluia

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Fabrice du Welz aura essayé de s’orienter vers un film plus « conventionnel ». Imaginé comme un polar sombre et dur, son Colt 45 sera malheureusement massacré par ses producteurs, qui n’hésiteront pas à remplacer le cinéaste par un intervenant plus docile afin de mettre en boite de nouvelles séquences. Miné par l’expérience, du Welz se reconstruit avec Alléluia. Doté d’un plus petit budget, ce dernier livre un métrage singulier, dérangeant et complètement barré. Une pure expérience de cinéma sensitif qui, bien qu’imparfaite, recoupe sur bien des aspects les premiers travaux du cinéaste belge.

 

 

Si Alléluia évoque Calvaire aux entournures, c’est que le dernier projet en date de Fabrice du Welz se profile avant tout comme des retrouvailles. Avec Laurent Lucas dans le rôle titre certes, mais également avec le morne et hostile paysage des Ardennes. Alléluia est à l’image de son décor sombre, dépouillé et particulièrement cru. Du Welz et son co-scénariste Vincent Tavier construisent leur histoire comme une libre adaptation d’un fait divers américain particulièrement sordide. Celui d’une femme perdue qui rencontre un gigolo soudoyant des veuves, et décide de l’assister dans ses manœuvres. Gloria est une employée de morgue triste et sans avenir. Lorsqu’elle rencontre Michel par le biais d’une annonce internet, cette dernière croit déceler en lui l’étincelle qui pourra la délivrer de sa mélancolie. Michel se révèle malheureusement rapidement être un petit escroc sans envergure, qui séduit des femmes afin de les dépouiller de leurs économies. Abandonnant son enfant à une proche voisine, Gloria s’embarque avec lui dans un voyage destructeur et meurtrier. Sans surprise, Du Welz aborde Alléluia avec la noirceur qui caractérise son œuvre. Venimeux et oppressant, son métrage se profile comme un drame particulièrement intense mais résolument difficile d’accès.

 

 

Alléluia est une œuvre anticonformiste, épurée et doté d’une construction bien particulière. Segmenté en quatre « actes » – chaque section correspondant à une femme différente –, le film adopte une structure narrative éclatée mais pose un climax surréaliste et particulièrement tendu. Du Welz reste avant tout un cinéaste de l’étrange. Son histoire d’amour destructrice transpire la frustration sexuelle – celle de Gloria, contrainte à « partager » son compagnon avec d’autres femmes – et la violence viscérale. Alléluia se profile à ce titre comme un métrage visuellement et psychologiquement éprouvant, le réalisateur travaillant les dérives de ses personnages jusqu’à l’extrême limite du supportable. Macabre à souhait, le métrage se veut radical et parfois très poussé en matière de violence graphique. L’ensemble ne sombre pourtant jamais dans une quelconque gratuité, Du Welz équilibrant judicieusement son travail en disposant de ci et là quelques séquences timbrées et habillées d’un humour noir plutôt subtil, mais n'évitant malheureusement pas quelques longueurs et répétitivités. Un détail.

 

 

Du Welz marque son empreinte, ses choix, sa personnalité. Indépendant, le cinéaste fait ici le choix d’assortir un fond barjo d’une direction artistique à l’ancienne. Ce dernier tourne l’intégralité du métrage en pellicule, conférant ainsi à ses images un grain bien particulier qui s’accorde parfaitement à la tristesse de l’ensemble. Cradignues, baveuses, les couleurs de ce Alléluia renforcent la dimension immersive  du produit. L’usage répété des close-up sur les visages contribue par ailleurs à l’aspect oppressant de la bobine, tenue par deux acteurs habités par leurs rôles. Laurent Lucas et Lola Dueñas – vue dans Volver et Mar Adentro – se montrent en effet incroyablement fusionnels malgré toute la laideur de l’entreprise, et imposent au métrage des contrastes émotionnels vertigineux. Chapeau bas.

 

 

Alléluia est un film-résurrection pour Fabrice Du Welz. Assez dérangeant, parfois beau, souvent répugnant, le métrage propose un pur moment de cinoche expérimental, à l’instar des monuments que pouvaient être Calvaire et Vinyan.  L’ensemble reste cependant à réserver aux spectateurs avisés.

 

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