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Critique American Nightmare 3 : Elections

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American NightmareThe Purge en version originale – n’était qu’une petite production Blumhouse parmi tant d’autres. Œuvre d’anticipation efficace et porté par un message politique assez fort, le premier opus explosera littéralement le box-office. De quoi motiver le radin Jason Blum a rallonger la sauce afin d’offrir au scénariste / réalisateur James DeMonaco les moyens de ses ambitions. Doté d’un budget plus confortable – 10 millions de dollars contre 3 millions sur le volet initial –, la suite gagnera en grand spectacle au détriment de la critique sociopolitique. Avec American Nightmare 3 : Elections, le cinéaste poursuit sans grande surprise dans la même veine. Plus proche de l’actioner bourrin que du produit véritablement coup de poing, le métrage affiche presque autant de défauts que de qualités.

 

 

American Nightmare premier du nom était un solide home-invasion doté d’une critique au vitriol du système Américain. En gagnant la rue, la franchise s’est plus largement articulée en dystopie au sein de laquelle la violence est devenue maitresse. Avec ce troisième volet, James DeMonaco creuse le travail engagé sur le précédent film sans pour autant se réinventer. Le synopsis initial se montre malin, et intègre pour la première fois les véritables acteurs de cette nuit très spéciale pendant laquelle chaque individu est invité commetre les pires atrocités en toute légalité. Désormais menacé par une sénatrice anti-purge dont la popularité ne cesse de grandir, ces derniers profitent de la fête annuelle pour commanditer son assassinat. Rescapé du second opus, Leo Barnes est désormais en charge de la sécurité de celle que beaucoup imaginent déjà comme la future présidente des Etats-Unis. Plongés en plein chaos urbain, les deux compagnons d’infortune vont devoir lutter pour leur survie. Dans le fond, rien ne change. James DeMonaco conserve ses convictions, sa hargne du système et son discours subversif. American Nightmare 3 : Elections se profile de ce fait une nouvelle fois en petit pamphlet corrosif, parfois un brin trop réac’ mais dont l’approche « politisée » demeure assez rare dans le cinéma populaire pour être soulignée. Le cinéaste cible ici plus franchement religieux et autres fous de Dieu, qui donnent corps à une séquence grand-guignol aussi insoutenable qu’hallucinante. Difficile de ne pas y voir une réaction aux événements qui agitent l’actualité, mais pas que. DeMonaco fustige en effet en premier lieu le fonctionnement bondieusard des US, pays à la mixité désormais incroyable mais dont les dirigeant prêtent toujours serment sur la sacro-sainte-bible.

 

 

S’il pointe à juste titre l’exclusion sociale et la banalisation de la violence dont font preuve nos sociétés « civilisées », American Nightmare 3 : Elections manque malheureusement trop souvent de subtilité. Plus encore que ses prédécesseurs, ce nouveau volet fait preuve d’un ultra-manichéisme dans le traitement de ses personnages. Entre les riches et méchants blancs qui oppressent le peuple et les populations étrangères pauvres, oppressées et victimes de la purge, DeMonaco ne fait preuve d’aucune demi-mesure. Dommage, tant des personnages troubles et sur la brèche comme Leo Barnes – anti-héros initialement de sortie pour la purge dans le second film – contribuent au réalisme, et indirectement, à la puissance subversive du message. Ici, les candidats désireux de libérer leurs frustrations sont de véritables rebuts de l’humanité. Des putes, des loubards ou des individus corrompus par la fric. Ca balance du « motherfucker » en veux-tu en voilà, viole bien volontiers tout ce qui bouge, éructe bruyamment, élimine son prochain avec la folie créatrice des pires sociopathes. Le film est de ce fait un peu putassier, tant il s’avère évident que la folie des purgeurs sert davantage l’aspect « visuel » du produit que sa portée contestataire. Car sur le plan purement artistique, American Nightmare 3 : Elections témoigne presque du look d’un post-apo. Bagnoles customisées, costumes sexy délirants, combats de gladiateurs à tous les coins de rues, messe noire complètement allumée : le tableau est complet. DeMonaco emballe son métrage comme un film d’action qui burine sec, le cinéaste multipliant de ci et là les gunfights fracassantes et autres poussées épiques sans jamais lâcher la pédale d’accélération. Violent à souhait, son métrage s’éloigne encore davantage de l’horreur épidermique et cradasse du premier volet, mais marque au fer-rouge par sa dimension bourrine presque assommante. Furieux et jouissif.

 

 

Un temps envisagé sous la forme d’une préquelle, ce American Nightmare 3 s’inscrit dans la continuité d’Anarchy et permet donc à DeMonaco de retrouver l’acteur Franck Grillo dans le rôle titre. Un très bon point, tant ce dernier excelle à camper un ex-militaire bad-ass qui dégomme du taré par paquets de douze. Celui-ci est par ailleurs accompagné par Elizabeth Mitchell, parfaitement juste dans la défroque de la fameuse sénatrice réformatrice, que l’on prend plaisir à enfin retrouver près de six ans après la fin de Lost. DeMonaco emballe le tout avec un soin tout particulier, son enveloppe budgétaire désormais confortable lui permettant de capturer sur péloche quelques beaux moments d’intensité pétaradante – la séquence de poursuite hélicoptère / camion déménage sec –. Nerveux mais toujours lisible, American Nightmare 3 : Elections se déroule en divertissement bien foutu et parfaitement rythmé. Nickel.

 

 

S’il se profile plus ou moins en copycat du second épisode malgré deux-trois nouveaux éléments intéressants, le film de James DeMonaco reste suffisamment tendu pour conserver l’intérêt intact sur la longueur. American Nightmare 3 : Elections se vautre néanmoins à employer quelques grosses ficelles dont la grossièreté amoindrie inévitablement l’impact du propos. Dommage, mais l’aspect fou-fou et sans concession de l’entreprise suffit néanmoins à justifier l’intérêt de cette séquelle, qui pourrait pour le coup parfaitement servir de point final à la franchise.

 

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