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Critique American Nightmare

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Petit budget, grosses recettes. Assorti d’un désormais habituel « par les producteurs de Paranormal Activity » placardé bien gras sur l’affiche, American Nightmare avait tout du hold-up pour adolescent en mal de sensations fortes. Faux. Malgré une campagne de promotion qui tente d’en faire un pur produit horrifique estival, le métrage de James DeMonaco s’avère bien plus profond que la simple série B en caméra épaule qui semble pulluler dans les salles obscures depuis quelques années. Tourné avec deux-trois bouts de ficelles, son travail se permet même de rappeler l’idéologie même du film de genre, à savoir user d’une violence viscérale pour amener un message coup de poing. Car à l’instar de certains classiques érigés en dissertations réactionnaires aux dérives de leur époque – Massacre à la Tronçonneuse, La Dernière Maison sur la Gauche –, American Nightmare soigne autant son message social que sa dimension purement flippante.

 

 

Les eighties auront changé la donne. Jusqu’à alors occasionnellement utilisé comme un moyen de vilipender l’administration américaine et sa politique guerrière – notamment au vietnam –, le cinéma horrifique contestataire disparait progressivement au profit d’un pur produit de divertissement. Avec American Nightmare, DeMonaco livre de nouveau un métrage incendiaire qui s’articule autour de désordres sociaux actuels, et s’autorise un déboulonnage en règle des valeurs d’un pays qui multiplie les faits divers sordides. A rapprocher dans le fond d’Orange Mécanique, la virtuosité en moins, American Nightmare installe ses fondations sur une idée simple mais diablement efficace. 2020 : l’Amérique est ici rongée par la criminalité, le chômage et la crise économique. Afin d’enrayer le chaos et la violence, le gouvernement donne son accord pour une « purge annuelle » qui permet à chacun d’extérioriser sa haine en commettant légalement tous les crimes possibles et imaginables. Installés dans les beaux quartiers et visiblement à l’abri des débordements, une famille aisée va faire les frais d’une bande de déments lancés à la poursuite d’un fugitif qui a trouvé asile entre leurs murs. S’il ne lorgne à aucun moment vers le fantastique, le métrage de James DeMonaco se profile comme une œuvre d’anticipation particulièrement efficace. Réaction épidermique au contexte de crise et de quasi-récession économique, American Nightmare tire en effet à boulets rouges sur le fonctionnement même de nos sociétés. Et pointe du doigt l’exclusion sociale, l’intolérance face à la différence ou encore la banalisation d’une violence en partie induite par la libre circulation des armes, phénomènes en pleine recrudescence depuis le début des années 2000.

 

 

Les prises de positions du cinéaste sont ici plutôt aisément perceptibles. Presque socialo sur le fond, American Nightmare vise clairement les « puissants » qui n’en finissent plus d’engranger des billets verts sur le dos des catégories plus modestes. Le protagoniste principal du métrage, incarné par un Ethan Hawke parfaitement détestable, en est plus ou moins l’archétype. Chef d’entreprise ayant fait fortune dans les systèmes de protection, ce dernier se voit ici directement concerné par un dispositif dont il soulignait l’utilité tant qu’il n’y était pas confronté. Une manière pour le cinéaste d’amener son spectateur à réfléchir sur sa propre individualité si besoin est. La rhétorique est certes justifiée, mais American Nightmare n’évite cependant pas le piège de la fable moraliste un peu grossière aux entournures. Le message, aussi puissant soit-il, est livré, voire imposé, sans réelle subtilité. American Nightmare est un métrage ultra-expéditif et balayant de facto toute notion de thèse / antithèse. DeMonaco compense cependant en évitant un manichéisme trop prononcé, notamment au moyen du couple et de son revirement idéologique, en partie aidé par l’innocence utopique de ses enfants.

 

 

Au-delà de sa portée politique et sociale, American Nightmare reste un produit cinématographique bien construit. Sans effets gratuits ni gore trop appuyé – le métrage est violent psychologiquement, non visuellement –, le travail du cinéaste évite l’écueil du torture-porn pour privilégier un côté survival parfaitement équilibré. DeMonaco arrive ainsi à transcender son budget et à faire fi de la monotonie des décors – une maison, point – pour proposer une expérience habillée d’un suspense presque enivrant. Emballé soigneusement, le tout repose par ailleurs sur un casting solide qui renforce la crédibilité du propos. Ethan Hawke et Lena Headey – 300, Dredd – sont à ce titre parfaitement justes dans la peau du couple idyllique dont l’harmonie se trouve soudainement remise en question par un système qu’il soutenait fervemment.

 

 

American Nightmare n’est pas particulièrement agréable à regarder. Articulé comme un petit électrochoc, le film a cependant du sens, et avance avec ses idées. Libre à chacun d’y trouver le message qu’il souhaite. Si son travail n’est pas parfait et tire un peu facilement sur la bonne morale, James DeMonaco parvient cependant à s’affranchir d’un métrage qui voit un poil plus loin que la notion de simple divertissement. Une prise de position rare en matière de cinéma grand public. A voir, ne serait-ce que par simple curiosité.

 

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