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Critique And Soon The Darkness

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Remake d’une œuvre méconnue, And Soon The Darkness aura connu les pires difficultés à s’imposer sur les écrans internationaux. Shooté au cours de l’année 2009 et officiellement présenté sur les marchés du film en février 2010, ce petit projet mené par le cinéaste débutant Marcos Efron aura néanmoins bénéficié du travail d’Anchor Bay pour une sortie aussi discrète que limitée sur le territoire Américain. Un destin certes injustifié, mais peu étonnant au vu de l’approche dont fait preuve Efron. Bien que doté de qualités intrinsèques certaines, And Soon The Darkness rejoint la caste très sélective des métrages plus prompts à miser sur l’artistique que sur les clichés usités. En livrant une métrage commercialement casse-gueule mais visuellement très soigné – à l’instar d’All The Boys Love Mandy Lane ou Cold Prey –, le réalisateur livre un projet particulièrement intéressant malgré quelques imposants défauts. 

 

 

Véritable four financier lors de son arrivée en salles au début des années 70, le film original avait sombré dans les archives poussiéreuses du cinéma Britannique. Etonnamment exhumé par Marcos Efron et Jennifer Derwingson, le script de ce dernier ne donne de ce fait pas lieu à un remake au sens-strict du terme, les deux scénaristes lorgnant davantage vers une libre réinterprétation que du côté d’un hommage vibrant injustifié par le côté dispensable de l’œuvre initiale. Bien que calqué sur un canevas existant, And Soon The Darkness version 2010 n’hésite jamais à s’éloigner de son modèle pour dérouler un développement neuf et personnel. Marcos Efron ne conserve que la trame de base – deux adolescentes lancées dans une randonnée à vélo s’égarent loin de la civilisation, avant que l’une d’elle disparaisse suite à une discussion houleuse –, et installe parallèlement son synopsis dans un contexte géographique revu et corrigé. Déplacé de la France vers l’Argentine, And Soon The Darkness 2010 mise sur les paysages reculés dans lesquels l’histoire prend corps pour imposer une dimension esthétique particulièrement léchée. Emballé dans un format Scope irréprochable, le travail de Marcos Efron témoigne d’une maestria artistique particulièrement rare. Beau à en tomber, le film superpose les images au teintes ocres et pastelles, radicalement éloignées des tendances flashy et tapes à l’œil en vogue ces dernières années. Très classique dans la forme, And Soon The Darkness ne s’abandonne à aucun moment aux effets épileptiques et répugnerait presque toute idée de modernité cinématographique au profil d’un esprit résolument et délicieusement seventies.

 

 

Lien de cause à effet inévitable : And Soon The Darkness s’avère rythmiquement très mesuré, et exfolié de toute tentative de sursauts faciles ou de cliffhangers forcés propres au genre. Magnifiées par la beauté des environnements extérieurs, les images se dévorent comme de véritables tableaux, le réalisateur s’attardant plus que de raison sur ses cadrages. Un choix ici favorable à la création d’une atmosphère passionnante, presque hypnotisante. Parfaitement ambiancé, le travail de Marcos Efron s’aborde comme une plongée en apnée, le côté hautement sensoriel de l’ensemble s’avérant au final bien plus intéressant que le fond, relativement banal et peu trépidant. Véritable point noir du métrage, le scénario se dévoile malheureusement sans véritable intérêt. Très académique, le développement rédigé par Efron et Derwingson se limite à une simple construction de polar bateau, voire faiblard tant les événements découlant de la disparition d’Elie – sublime Odette Yustman – se montrent prévisibles en tous points. Une tare assez regrettable, tant le tout aurait gagné à accompagner sa plastique d’un synopsis soigné. S’il effleure les qualités d’un All The Boys Love Mandy Lane dans son approche globale, le climax n’explose jamais véritablement. Laissant retomber une tension qui semblait pourtant s’imposer naturellement jusqu’à l’événement clé – le fameux kidnapping –, And Soon The Darkness s’embourbe dans un dernier tiers bâclé à peine relevé par un final très scolaire. Dommage.

 

 

Techniquement parfait, And Soon The Darkness 2010 confirme sa bonne tenue générale par une direction d’acteurs irréprochable. Bien que très restreint en termes d’effectifs humains – guère plus d’une demi-douzaine de protagonistes importants –, le métrage de Marcos Efron s’appuie sur un binôme féminin Yustman / Heard parfaitement crédible. Particulièrement impliquée dans le projet, Amber Heard – All The Boys Love Mandy Lane, Drive Angry – s’impose une nouvelle fois dans un rôle d’héroïne à la fois forte et fragile, contrastes parfaitement retranscris par le jeu tout en finesse de cette valeur montante du film de genre. Comparativement, And Soon The Darkness peine de ce fait à mettre en avant ses figures masculines, correctement interprétées mais plombées par des caractères plats et anecdotiques. Si les méchants s’avèrent moins fouillés que les deux héroïnes, le premier rôle masculin reste pour sa part purement accessoire et transparent. Une quasi-malédiction pour le très bon Karl Urban, abonné aux projets maousse-costaud mais pourtant terriblement discret.

 

 

Bien que difficile d’accès de prime abord, And Soon The Darkness parvient à captiver par le simple fait de sa beauté plastique. Non exempt de défauts difficilement excusables, le projet mené par Marcos Efron aurait pu se profiler en véritable réussite s’il avait su conjuguer le fond et la forme. Reste un très bon moment de cinéma, certes simple, mais visuellement remarquable.

 

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