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Critique Annabelle

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James Wan règne définitivement sur halloween. Sa franchise Saw aura assuré quelques belles années aux studios Lionsgate et Twisted Pictures, passés subitement d’outsiders à grosses locomotives de la production indé. Rebelote quelques années plus tard avec Insidious, rapidement imaginé sous la forme d’une franchise. The Conjuring : les Dossiers Warren sera pourtant un temps annoncé la dernière production originale de Wan à classer dans le registre horrifique, ce dernier s’engageant alors sur Fast & Furious 7. La démission temporaire du cinéaste ne freinera nullement les exécutifs. Prévu sous la forme d’une série à opus multiples et variés, le concept Conjuring devrait donner naissance à une suite et trois spin-offs. Annabelle, médiocre déclinaison du métrage originel, représente la première étape de cette future production de masse.

 

 

Préparé vite-fait bien-fait – une seule année sépare le film initial de cette fausse préquelle –, Annabelle lorgne sans surprise vers la facilité. En trois films, Wan a imposé sa personnalité sur le registre de l’épouvante. Une vision à l’époque originale, furieusement rétro et presque anti-commerciale. Le charme a pourtant opéré, le film minimaliste et suggestif vendant désormais mieux que les débauches d’effets gores. L’approche se doit aujourd’hui d’être aux antipodes de ce à quoi nous avait habituée la vague torture-porn de la décennie précédente. Transfuge de Wan, dont il a été le fidèle technicien, John R. Leonetti se voit donc confier avec Annabelle l’obligation de respecter un cahier des charges bien précis. Le métrage affiche de ce fait les obligations contractuelles de rigueur : peu d’effusions sanguinolentes, un décor quasi-unique, un nombre de protagonistes restreint et un scénario purement accessoire. Charge à Leonetti d’installer une ambiance flippante en usant d’effets de style. Un exercice dans lequel Wan excelle, ce dernier ayant construit une belle triplette de divertissements ultra-tendus aux teintes gothiques enivrantes, ce qui n’est clairement pas le cas de son élève. Annabelle peine en effet à se présenter ne serait-ce qu’en honnête duplicata, et ce malgré une conception visuelle seventies bien huilée.

 

 

Le principal problème d’Annabelle est que le film ne raconte strictement rien d’intéressant. Le travail de Leonetti n’apporte aucun élément nouveau à l’intrigue de Conjuring : les Dossiers Warren, et passe complètement à côté de son climax tant l’intrigue se veut convenue. John et Mia Form sont deux bons américains qui attendent un heureux événement. Une nuit, un couple de furieux sataniques pénètrent dans leur maison et agressent les deux jeunes gens à grands renforts de hurlements et de visages tordus. Horrible. Le mari se fait descendre par la police, mais la « possédée » se suicide plus ou moins dans la pièce d’à côté en entamant un rituel démoniaque. Cette dernière ouvre alors la porte à une âme damnée qui se réfugie dans l’une des poupées de la collection de Mia. La suite aligne sans surprise les poncifs éculés. Leonetti se fend d’une imbuvable palanquée de séquences à base de chaises qui grincent, portes qui claquent, rires maléfiques de ci et là et apparitions fantomatiques succinctes. Un véritable calvaire, Annabelle pataugeant misérablement dans un imbuvable marasme à l’occasion d’une interminable phase d’exposition. Le cinéaste renoue pourtant avec « l’esprit Wan » dans le dernier tiers, son œuvre alignant coup sur coup un petit chapelet de jump-scares soignés, bien que nettement moins classieux que ceux du maître. Ces rares moments de tension ne suffisent pourtant pas à faire décoller le métrage, affreusement banal et définitivement torpillé par une conclusion d’une rare niaiserie.

 

 

Leonetti est un artisan expérimenté. Annabelle bénéficie par conséquent de toute la maitrise formelle du cinéaste, vieux briscard alignant de belles références en tant que Directeur Photo – I Know Who Killed Me, œuvre décriée mais visuellement attachante – mais cantonné aux nanars de commande lorsqu’il revêt la casquette de réalisateur. Tout bon menuisier n’est pas forcément inventif en matière de sculpture sur bois. Leonetti est pour sa part un techniquement rodé, mais emballe un métrage sans grande personnalité. L’ensemble se cantonne à singer bêtement le travail de Wan, sans jamais en répliquer pleinement l’efficacité. Le casting est pour sa part constitué d’inconnus mais s’avère des plus corrects. Annabelle Wallis occupe certes quasiment tout l’espace, mais campe une MILF plutôt sympathique et pas trop cruche. L’inévitable curé – incarné par le maitre Bra'tac casse-noisettes de Stargate SG-1 – donne cependant lieu à deux-trois scènes irritantes au possible, le vieux machin chauve déroulant du discours bondieusard crétinisant et cliché avant de passer par l’inévitable case possession. Beurk.

 

 

Annabelle tourne à vide. Préparé et shooté le plus rapidement possible afin de surfer sur le succès de Conjuring : les Dossiers Warren, le film de John R. Leonetti est une excroissance douteuse calibrée sous la forme d’un parfait piège à adolescents. Espérons que l’inventif James Wan, officialisé à la surprise générale sur le très attendu Conjuring 2, saura redresser la barre.

 

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