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Critique Au Cœur de l’Océan

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Ron Howard est capable du du meilleur comme du pire. Auteur de l’inoubliable Apollo 13 ou encore d’Un Homme d’Exception – deux films remarqués aux Oscars –, le cinéaste affiche notamment une réelle habilité à développer le potentiel dramatique, à retranscrire à l’écran de grandes aventures humaines et spirituelles. Tout comme une étrange propension à emballer de gros projets de studios pas forcément folichons, dont les deux piètres adaptations des romans pseudo-ésotériques et véritablement surestimés de Dan Brown – Da Vinci Code / Anges et Démons –. En attendant la sortie de son Inferno, dont le tournage a été repoussé afin de ne pas entrer en concurrence avec Star Wars VII, Howard revient avec Au Cœur de l’Océan à son style de prédilection. Si l’ensemble tient assez bien la marrée, la grande fresque dépeinte par le réalisateur prend pourtant l’eau à quelques reprises et peine globalement à s’imposer comme le métrage épique qu’il aurait dû être.

 

 

Le studio Warner aura étrangement vendu son gros bébé. Un temps programmé pour le mois de mars 2015, le film sera finalement repoussé pour début décembre. Le temps pour les producteurs de dérouler une campagne de promotion costaude à grands renforts de trailers qui faisaient la part belle à l’action non-stop et aux images grandioses. Il convient pourtant de souligner que le dernier film de Ron Howard n’a rien d’un divertissement pop-corn et crétin à la Jurassic World. Bien au contraire. Le cinéaste est notamment connu pour le soin apporté à ses enjeux dramatiques et psychologiques ainsi qu'à ses personnages. Au Cœur de l’Océan se profile à ce titre comme un pur « produit » Ron Howard, ce dernier signant une gigantesque odyssée d’aventure maritime à l’ancienne. Ce dernier adapte pour ce faire un mythe solidement ancrée dans la culture populaire, celui de Moby Dick. Ou plutôt « l’histoire derrière l’histoire », à savoir le tragique récit des marins du baleinier l’Essex, qui inspirera par la suite l’auteur Herman Melville pour la rédaction de la fameuse nouvelle. Engagé dans une campagne de chasse à la baleine au cours de l’hiver 1820, le navire avait en effet été éperonné par un cachalot gigantesque. Regroupés sur trois embarcations de fortune, les survivants de l’Essex doivent alors faire face aux éléments, à la faim et à un animal pour le moins revanchard.

 

 

Au Cœur de l’Océan se scinde sans grande surprise en deux parties. La première offre lot de séquences ébouriffantes, Howard capturant sur pellicule une grosse heure de grand spectacle. Le cinéaste ne lésine en ce sens à aucun moment sur les moyens, les clichés héroïques et les affrontements gigantesques entre l’homme et leurs proies. L’ensemble n’est assurément pas exempt de défauts, le métrage « romançant » l’épopée des marins jusqu’à l’extrême limite du vraisemblable et prenant quelques libertés avec l’histoire. Le film reste cependant suffisamment vibrant et furieux pour contrebalancer de véritables fautes de goût esthétiques – Howard emballe le tout en usant parfois de filtres plutôt laids – voire certains raccords étranges. Le tout sombre pourtant véritablement dans une seconde moitié bancale et mal maitrisée. Une fois l’inévitable séquence de naufrage expédiée – non sans user de pyrotechnie et d’effets bien hollywoodiens –, Au Cœur de l’Océan navigue mollement dans le drame intime mais téléphoné. La partie « survival » traine en longueur sans véritablement toucher la corde sensible, là où l’horreur des événements traversés par survivants laissait présager d’un run final tendu à souhait. Howard traite le sujet avec un conformisme parfois navrant, le cinéaste manœuvrant autant que faire se peut afin de conserver l’approche grand public de son produit même dans ses développements les plus insoutenables.

 

 

Artistiquement, Au Cœur de l’Océan est un blockbuster étrangement imparfait. Ron Howard n’a rien du bleu de service, et capture de multiples plans virtuoses, soigne le rythme – du moins dans la première partie – et offre ici une superbe reconstitution des événements. Pourtant, ce dernier abuse de couleurs cradasses, et surtout de plans « extreme close-up » qui filent la nausée. Le métrage souffre par ailleurs d’occasionnels soucis de continuité, notamment en ce qui concerne le jeune mousse Thomas Nickerson. Agé de quatorze ans lors du naufrage en 1820 et présenté sous les traits juvéniles de Tom Holland, le personnage est par la suite incarné par Brendan Gleeson, 60 années bien tapées, en 1850. Soit un différentiel de 16 ans entre l’âge de l’acteur et celui de Nickerson. Les barbes et cheveux des naufragés ont par ailleurs tendance à pousser de manière plus ou moins aléatoire au cours des presque deux années sur lesquelles se déroulent l’expédition. Passons. Le casting est heureusement nickel-chrome, le métrage offrant plus particulièrement un rôle d’envergure au trop mésestimé et pourtant excellent Cillian Murphy – 28 jours plus tard, Inception –.

 

 

Au Cœur de l’Océan n’est malheureusement pas la claque attendue. Le dernier métrage de Ron Howard reste malgré tout un divertissement fort honnête, parfois too-much mais correctement ficelé. Ses quelques défauts ainsi qu’une seconde partie trop désincarnée empêchent cependant à l’ensemble de se hisser comme une œuvre véritablement indispensable. Dommage.

 

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