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Critique Aux yeux de tous

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Le Remake est devenu une discipline à part entière, un genre en soi si l'on ose dire. On ne compte plus les remakes - il parait qu'on dit relecture maintenan t- de films cultes passés et à venir, mais on en oublierait presque les plus discrets. Ce Aux yeux de tous est donc le remake de El secreto de sus ojos, film argentin de Juan José Campanella et lauréat de l'Oscar du meilleur film étranger en 2010, qu'Hollywood a jugé utile de revisiter à sa propre sauce. Le résultat est assez symptomatique de l'incompréhension totale des studios américains de ce qui fait l'essence d'une œuvre de fiction, tant il laisse perplexe par ses lacunes flagrantes et le flou de ses intentions.     

 

 

Comme beaucoup de remakes hollywoodiens, tout est une question de partis pris. C'est donc sans surprise que la version US de Aux yeux de tous décide de prendre - beaucoup - de libertés avec l'histoire originale. S'il s'agit toujours d'une enquête policière pour démasquer un mystérieux tueur, racontée sur deux timelines différentes, la version américaine choisit, elle, d'ancrer son action dans un contexte plus en phase avec son actualité :  une enquête anti-terroriste post 11 septembre. Du moins c'est ce qui nous est raconté au début du film. Elle décide aussi de resserrer son intrigue sur le trio de personnages principaux, la victime étant cette fois-ci la fille d'une collègue - Jessica, Julia Roberts - et non pas une simple civile. Pourquoi pas après tout, l'idée est intéressante et permet de creuser un sillon qui n'existait pas dans le matériau d'origine. Du coup, l'enquête que nous allons suivre prend une tournure plus personnelle et justifie quelque peu l'obsession de l'enquêteur principal - Ray, Chewitel Ejiofior - pour mettre la main sur le coupable. Cela permet aussi au métrage de virer plus vers le drame que vers le thriller, ce qui aurait été intéressant si pleinement assumé. Or ce n'est pas le cas, le film étant vendu avant tout comme un thriller, il déstabilisera plus d'un, surtout qu'il accumulera les balourdises en cours de route sans se soucier d'une quelconque notion d'équilibre.

 

 

Car il faut bien l'admettre : Aux yeux de tous ne sait pas trop sur quel pied danser et cette indécision finit par lui causer du tort. Il esquisse des prémices de situations qu'il traite par dessus la jambe, au meilleur des cas, quand il ne les laisse pas carrément en plan. Ainsi, le personnage de Dean Norris finira tout bonnement par disparaître, alors que le film avait pris pas mal de temps et de soin à mettre en évidence les liens étroits qui liait ce dernier aux autres membres du casting. Pour sa troisième réalisation, Billy Ray - connu surtout pour ses talents de scénariste : Hunger GamesCaptain Philips - peine aussi à nous intéresser à l'enquête dont il est question, même si certaines scènes sont suffisamment musclées pour tenir la route, dans le cadre du cahier de charges basique hollywoodien. L'intérêt n'est donc pas dans la façon dont le coupable est identifié - et retrouvé des années plus tard - mais se situe bien dans l'acharnement de Ray envers un coupable tout désigné ainsi que les conséquences qui en découlent. C'est là que Aux yeux de tous touche le nerf de son sujet : en créant un parallèle entre le comportement  obsessionnel de Ray et la politique sécuritaire des USA post 9-11. Encore une fois, le réalisateur peine à développer ce sous-texte et préfère se disperser dans des sous-intrigues secondaires qui ne pèsent pas bien lourd, à l'image de cette histoire d'amour entre Ejiofor et Kidman. Certes, c'est un élément existant dans l'œuvre d'origine, mais franchement, le film a d'autres problèmes à régler avant de verser dans la bluette. 

 

 

Au yeux de tous n'est jamais aussi prometteur que lorsqu'il se recentre sur ses personnages et les liens étroits qui les lient - mis à part cette amourette à la con, donc -. Anciens collègues, vieux amis, unis dans la douleur, leur relation sera mise à l'épreuve par un secret insoutenable mis en exergue lors d'un twist final vers lequel le film nous emmène tant bien que mal et sur lequel il s'appuie beaucoup trop. Si cette révélation pardonne à elle seule quelques maladresses, elle n'excuse pas tout non plus, spécialement le rythme général très inégal et des raccourcis scénaristiques indécents. Le plus sidérant reste tout de même l'incapacité totale du réalisateur de tirer profit de son casting en béton armé : si Chewtiel Ejiofor tire aisément son épingle du jeu, il n'en va pas de même pour ses co-stars. Le cas le plus flagrant est sans doute celui de Julia Roberts : le rôle - masculin à la base - ayant été réécrit spécialement pour elle, on s'étonne de la voir aussi sous-employée et cantonnée à une seule expression, hagarde et perdue. Et pourtant, son personnage ne manquait pas d’ambiguïtés. L'autre star féminine ne fait pas d'étincelles non plus, la faute à un rôle grossièrement écrit et surtout à une opération de chirurgie faciale qui manque de finesse, faisant d'elle une déesse de marbre, totalement déplacée dans l'univers noir du film - a l'exception d'une seule scène d'interrogatoire musclé ou elle sort les crocs -. Un gâchis monumental.   

 

 

Coincé quelque part entre le thriller et le drame, Au yeux de tous ne propose rien de nouveau par rapport à son modèle original et se trouve en plus totalement incapable de dépasser le simple statut de policier lambda, formaté pour le dimanche soir sur TF1. Dommage car le film ne manquait pas de potentiel et celui-ci ne demandait qu'à être mis en valeur.  

 

Auteur : ATEF

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