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Critique Aux Yeux des Vivants

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Julien Maury et Alexandre Bustillo auront connu un début de carrière fulgurant. Responsable du furieux et sensitif A l’intérieur, œuvre choc faisant preuve d’une violence graphique et psychologique assez poussée, le tandem semble un temps suivre les pas d’Alexandre Aja et engager sa carrière sur le territoire américain. Dimension Films offre plus particulièrement un contrat aux cinéastes dans l’objectif de développer une séquelle au Halloween de Rob Zombie. Le redneck américain décidera finalement de rempiler pour un second opus, Maury et Bustillo se réorientant sur le remake de Hellraiser. Rebelote. Les deux français abandonneront le projet, le studio ayant préféré produire une suite au rabais – le minable Hellraiser : Revelations – plutôt que de relancer la franchise sur des bases neuves. Retour forcé à l’indépendance. Trois ans après Livide, le binôme livre avec Aux Yeux des Vivants son métrage de psycho-killer difforme à l’américaine. Esthétiquement très soigné, ce troisième long n’est malheureusement que partiellement convaincant.

 

 

Privés de leur véritable production « à l’américaine » suite aux diverses désillusions connues avec Dimension, Maury et Bustillo semblent malgré tout vouloir coucher sur pellicule une version moderne du slasher-movie. Aux Yeux des Vivants s’articule de ce fait principalement autour d’un freak étrange, victime d’une enfance chaotique et élevé dans l’isolement. Les deux réalisateurs naviguent donc en affichant clairement leurs références, et font de leur troisième long un pur bis horrifique à l’ancienne. Le postulat de base témoigne de ce fait d’un relatif classicisme et déroule des lignes scénaristiques à rapprocher d’un Massacre à la Tronçonneuse. A la différence près que Bustillo et Maury suppriment la tronçonneuse de l’équation, revoient le décor en profondeur et positionnent au premier plan une bande d’enfants en lieu et place des traditionnels post-adolescents libidineux. Dan, Tom et Victor sont des collégiens turbulents et inséparables. Après leur journée d’école, les jeunes garçons trainent en rase campagne et découvrent des décors de cinéma abandonnés. Ils ignorent cependant que les lieux servent de refuge à Isaac et Klarence Faucheur, un homme et son fils handicapé. Le trio parvient à prendre la fuite. De retour chez eux, les trois amis ne tarderont pas à s’apercevoir que quelque chose les a suivis. Maury et Bustillo font donc ici dans la simplicité et l’efficacité. Aux Yeux des Vivants reste malheureusement de ce fait déjà vu, et déroule de plus un script relativement bancal qui en atténue considérablement le climax.

 

 

Maury et Bustillo ont parfaitement révisé leurs classiques. Aux Yeux des Vivants se profile en effet comme un parfait hommage au cinoche des eighties, et affiche de ce fait la palette complète d’éléments étranges, de jump-scares bien calibrés et de poncifs un brin éculés. Le méchant est difforme, dissimulé dans l’ombre, muet et tordu. Le larron cumule de plus une certaine capacité à passer en mode furtif et est materné par un père complètement timbré. Les cinéastes restent cependant assez malins pour personnaliser une formule bien connue en détournant légèrement les codes du slasher US. Aux Yeux des Vivants s’appuie notamment sur une galerie de personnages moins clichés que d’ordinaire, souvent propices à l’installation d’une tension attendue – Bustillo et Maury n’hésitent jamais à sacrifier femmes et enfants –. La légèreté d’écriture dont témoigne le métrage empêche pourtant ce dernier de s’habiller d’un véritable suspense. Les protagonistes sont en effet relativement irritants, souvent accessoires – la bimbo, dégommée vite fait bien fait –, et le film patauge longuement en déroulant une mise en place plutôt fastidieuse. Les enjeux dramatiques sont à peine esquissés, le métrage ne décollant qu’à l’occasion de deux-trois séquences burinées correctement troussées. Bustillo et Maury font de plus le choix de capturer une majeure partie des meurtres hors-champ, approche qui tranche radicalement avec leur propension à user de la violence pour marquer les esprits. Dommage, le maquilleur s’affranchissant de plus de très beaux trucages dans un final grand-guignol assez barré.

 

 

Si Bustillo et Maury ne parviennent pas à habiller leur travail de toute la puissance dramatique attendue d’un tel projet, Aux Yeux des Vivants reste un film visuellement très poussé. Les deux cinéastes utilisent avec une réelle maestria leur budget, et capturent ici une belle série de séquences claires-obscures parfaitement ambiancées. Formellement, l'ensemble pourrait aisément se présenter en cas d’école. Usant d’un cope généreux et faisant preuve d’une réalisation lisible et posée, les deux français fixent sur pellicules quelques rares mais beaux moments de terreur glacée, ces derniers jouant d’effets simples mais efficaces pour longuement conserver le mystère sur un psycho-killer à l’apparence aussi dérangeante que réussie. Excellent. Le casting est pour sa part nettement plus inégal. L’inexpérience des jeunes intervenants incarnant le trio central de l’histoire désamorce en effet à plusieurs occasions la tension. Les acteurs « confirmés », Francis Renaud – 36 Quai des Orfèvres  – et Anna Marivin contrebalancent cependant en livrant d’excellentes prestations.

 

 

Aux Yeux des Vivants est un film décevant, bien que doté d’indiscutables qualités. Magnifiquement emballé, le dernier-né du tandem Bustillo-Maury pèche par un script anecdotique ainsi que par une mise en place relativement poussive. Dommage. Espérons que les deux cinéastes sauront rebondir sur un projet au scénario plus complexe car techniquement, ces derniers affichent un impressionnant savoir-faire ainsi qu'une approche à la fois personnelle et respectueuse des codes du genre.

 

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