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Critique Bad Milo !

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L'affiche de Bad Milo ! - 2013 - et son grain « vintage » laisse présager à un film old school. Cela se confirmera par la suite. Après un générique qui plonge directement le spectateur dans les entrailles de l'acteur principal - façon Le Voyage Intérieur de Joe Dante -, il était légitime de se demander si le métrage aurait lui aussi des relents de matière fécale. Il n'en  sera rien. Bad Milo ! est un petit film qui s'obstine à rendre hommage aux films comico-gore des années 80 comme les Critters, Small Soldiers ou les Gremlins et qui ne pète pas plus haut que son synopsis.

 

 

Duncan - Ken Marino - est le résultat de notre société de surconsommation. Coincé entre un travail monotone ou il est persécuté  par son supérieur hiérarchique et une famille recomposée très particulière, notre héros approche le « burnout », ou dans le meilleur des cas une bonne vieille dépression. Mais lorsque son chef lui impose de licencier massivement ses propres collègues de travail et que sa mère lui présente son nouveau petit amis bien plus jeune que lui, c'est là goutte d'eau qui fait déborder le séant. Déjà troublé par de douloureux troubles gastriques chroniques, il est maintenant surpris de voir sortir de son arrière-train - pour les passionnés de voie ferrée... pour les autres « de son cul » - une bête aussi immonde que violente. Duncan la nomme tendrement Milo. Nous apprendrons rapidement que ce monstre tapi bien au fond du rectum de Duncan - un endroit qu'il considère d'ailleurs comme son doux foyer - n'est autre que l'expression directe de l'inconscient de son hôte. Ainsi, il exécutera les envies de meurtres inavoués de ce dernier et cela même s’il n'est pas d'accord. Comment ne pas se remémorer Elmer - Le Remue  Méninge, qui était pour sa part une métaphore de la sexualité masculine. Elmer, doté d'une forme phallique très explicite, envoyait une drogue dans la nuque du personnage principal, le poussant ainsi à échanger des cadavres frais contre ces injections et créant dans le cas contraire un manque terrible. Par la suite il sortira d'ailleurs de la braguette de son acolyte - malgré lui - pour transpercer la tête d'une prostituée qui n'avait d'ailleurs rien à faire dans cette position pour moins de 10 €. Une façon d'enfoncer le clou en quelque sorte.

 

 

L'humour se référant souvent au domaine du pipi / caca / prout prout aurait pu laisser craindre un film au comique bas du front proche de la série des Scary Movie. Là encore il n'en est rien. Les dialogues de Bad Milo ! sont à mourir de rire, à l'image de cette scène du repas de famille, composée de personnages aussi décalés les uns que les autres. Le nouveau beau père de Duncan lui demande de l'appeler papounet alors qu'il n'a pas la moitié de son âge et se moque de cet écart à de nombreuses reprises en le considérant entres autres comme un enfant perdu, père et sans repère. Il expliquera aussi à son beau fils toutes les performances sexuelles dont sa mère peut se vanter, cette dernière surenchérissant à travers des détails dont les convives se seraient bien passés. On voit dans le générique de fin un bêtisier qui nous montre cette scène parmi tant d'autres. Nous y voyons des acteurs dont la complicité crève l'écran et qui improvisent librement. Bad Milo ! penche beaucoup plus vers la comédie que vers l'horreur, le nombre ridicule de scènes gores ou horrifiques renforcant cette tendance. Ce projet est la preuve - s'il en fallait encore une - qu'un métrage à très petit budget peut être bien ficelé, bénéficier d'un casting efficace et éviter de prendre ses spectateurs pour des crétins bourrés au pop-corn.

 

 

Une relation amicale et tendre - vu la proximité - s'installe inexorablement entre Ducan et le locataire de son sphincter. Abandonné de tous, croulant sous le poids du capitalisme et du libéralisme, notre héros trouve en ce monstre anal un compagnon compréhensif et affectueux. Il est aussi intéressant de noter que cette créature est construite en latex et animée à la manière d'un bon vieux Muppet Show, avec des marionnettistes planquées dans les décors. Il est d'ailleurs rare de le voir en entier, mais cela évite la froideur d'une image de synthèse et renforce l'aspect organique de la poupée. Ainsi ce Bad Milo ! se rapproche encore plus des œuvres dites classiques auxquelles il fait référence comme Basket Case Frères de Sang. Milo n'a qu'un but : exécuter les meurtres que Ducan espère intérieurement sans oser se les avouer à lui même. La créature s'en va chasser pour son maître, puis revient dans sa maison une fois la tâche accomplie. Ces allers retours permanents nous offrent de bons moments, pas très raffinés, mais rigolos.

 

 

Sans avoir la prétention de redéfinir le 7ème art ni de marquer véritablement les esprits, Bad Milo ! nous fait passer un bon moment. Tout simplement. Plus poétique qu'un Troma et sans prise de tête aucune, le métrage semble nous rappeler qu'il est bon ne pas tout intellectualiser et de laisser reposer son cerveau. En définitive on se demande si le réalisateur Jacob Vaughan n'a tout simplement pas voulu nous rappeler qu'il est indispensable de se marrer de ce contexte sociologique pour in fine... Chier sur la bêtise humaine.

 

Auteur : MARC D'OC

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