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Critique Batman v Superman : l'Aube de la Justice

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La Warner, détentrice d’une majeure partie du catalogue DC Comics, aura tardé avant de planifier son univers étendu. Un retard que le studio a payé au prix fort, Marvel lui ayant damé le pion en engageant au passage des recettes colossales. Après quelques essais manqués de films cross-over – notamment une version Justice League menée par George « Mad Max » Miller –, la « machine à héros » semble désormais bien lancée et menée avec poigne par Zack Snyder, cinéaste geek élevé aux comics et aux jeux-vidéo. Si son Man of Steel se posait en galop d’essai en s’articulant uniquement autour de l’homme d’acier, le cinéaste impose avec Batman v. Superman : l’Aube de la Justice les véritables jalons du DC cinematic universe. Un mini-Justice League qui malgré certaines qualités peine pourtant à convaincre. 

 

 

La pratique du « héros vs. héros » est relativement courante dans l’univers des comics. C’est plus ou moins sur ces bases que DC a opéré le reboot complet de ses franchises de papier en 2011 – l’ère des « New 52 », initiée après les événements de l’excellente mini-série Flashpoint – en imposant une collaboration presque forcée entre les super-héros de son univers afin de répondre à une menace extraterrestre. Zack Snyder adopte un axe globalement similaire, en resserrant l’intrigue autour des seuls personnages de Superman, Batman et dans une moindre mesure Wonder Woman. Le métrage s’installe de ce fait dans la directe continuité de Man of Steel, la bataille finale entre Kal-El et Zod servant ici de point d’entrée à une saisissante séquence introductive au cours de laquelle Bruce Wayne est confronté à la destruction de Metropolis. La catastrophe fait irrémédiablement naitre de nouvelles peurs au sein de la population terrienne. Alors que le Chevalier Noir conteste la toute-puissance dont use Superman, l’odieux et richissime Lex Luthor manœuvre en coulisses afin de destituer le nouveau sauveur de Metropolis. Snyder orchestre donc ici son combat de gladiateurs dont l’issue restera forcément téléphonée – l’union amenant à la fameuse Justice League – et en profite pour revoir le Batverse. Développé avec panache par Christopher Nolan dans sa trilogue The Dark Knight, le monde de Wayne s’érige ici sur des bases foncièrement nouvelles. Le caped-crusader affiche visiblement un lourd passé que le cinéaste garde sous silence – jusqu’au prochain film solo ? – mais qui laisse présager de l’esprit grave et torturé du personnage. Ce Batman v Superman : l’Aube de la Justice s’habille en effet d’une noirceur presque inédite pour un divertissement grand public. Un ton qui contraste judicieusement avec l’approche fun des Marvel mais qui s’avère souvent mal développé, la faute à un cahier des charges probablement trop pesant.

 

 

Ce qui fonctionne sur papier n’est en effet pas forcément du meilleur goût au cinéma. La mise en place des divergences qui amènent à l’affrontement entre les deux titans vampirise en ce sens complètement les protagonistes, qui préfèrent se foutre sur la gueule sans véritablement prendre le temps de la réflexion. Le personnage de Batman, historiquement cerveau et logisticien de la Justice League, en pâti gravement. Assez inintéressant sur la longueur, le Chevalier Noir se voit brossé comme une brute épaisse, alors que sa situation aurait pu – et aurait du – laisser place à un développement plus soigné du background. Il aurait en ce sens été judicieux de développer en amont un film solo sur ce Batman nouvelle génération. Dommage.  Le constat est légèrement moins amer pour Superman, que Snyder essaie de travailler comme un héros gangrené par le doute, qu’il s’agisse de sa légitimité en tant que « sauveur » ou de sa relation amoureuse avec Loïs Lane. Le choix de les faire s’affronter n’a malheureusement aucun sens, Batman v. Superman perdant un temps précieux à dérouler les raisons de ces enfantillages aux intérêts purement commerciaux avant d’embrayer sur une seconde partie plus classique avec l’arrivée du méchant Doomsday. Si cette dernière se montre bien fichue sur le plan rythmique, Snyder se voit contraint de tout boucler en un temps record et privilégie donc l’action nons-top. Le film se montre forcément bancal, d’autant plus que le cinéaste tente dans le même temps de répondre aux exigences du studio. En résulte l’intégration pas forcément convaincante d’une Wonder Woman sous-exploitée ainsi que de caméos vraiment maladroits consacrés aux futurs héros du catalogue – Cyborg, Aquaman et Flash –. Les aficionados de l’univers DC étaient en mesure d’espérer mieux.

 

 

Sur le plan artistique, Zack Snyder semble avoir retenu les écueils relatifs à son Man of Steel. Ce dernier conserve sa patte mais lève ici le pied sur les effets grossiers et désormais ultra-usités qui plombaient occasionnellement ses précédents travaux. Le réalisateur use avec une plus grande parcimonie des ralentis et surtout de l’ultra-cut, et gagne par conséquent grandement en lisibilité. Moins épileptique que son prédécesseur, Batman v Superman : l’Aube de la Justice reste cependant un film nerveux, bouillonnant et visuellement grandiose. De quoi faire passer les 2h30 affichées par le cut cinéma – la version unrated destinée au Blu-Ray devrait atteindre les 3h – comme une lettre à la poste, et ce malgré les scories handicapantes du script. Même son de cloche côté casting. Ben Affleck est absolument nickel-chrome dans le peau d’un Batman plus vieux et massif que celui de Nolan, et l’équipe de Man of Steel rempile avec un entrain évident – parfaite Amy Adams, encore une fois –. Hans Zimmer et l’inévitable compète Junkie XL habillent enfin le tout d’un score maousse, à mi-chemin entre approche classique et vision moderne – les ajouts électroniques sont légion –. De l’excellent travail.

 

 

Batman v Superman : l’Aube de la Justice est un film spectaculaire mais inégal, plombé par une mise en place laborieuse visant à légitimer le combat des héros. Zack Snyder couche malgré tout sur pellicule un certain nombre de plans férocement iconiques et installe des prémices intéressantes au DC cinematic universe. Il reste à espérer que les films suivants, notamment ceux consacrés à Batman et Wonder Woman, prendront le temps de s’attarder sur la psychologie et les origines de leurs protagonistes, Snyder zappant ici complètement le travail de fond. Affaire à suivre. 

 

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