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Critique Beetlejuice

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Tim Burton a su créer au fil de sa carrière un univers qui lui est propre fait de merveilleux et de macabre, digne héritage de La famille Adams. Si dernièrement, il s’est un peu embourgeoisé, décevant nombre de ses fans, il a pour lui une flopée de long-métrages témoignant de son inventivité et de sa loufoquerie visuelle. Parmi eux, son second film, Beetlejuice, fait office de maître étalon, posant les bases de l’univers visuel que Burton réutilisera et adaptera plus tard au gré des films. Beetlejuice – qui d’après Burton est une parodie de l’Exorciste - dénote complètement par rapport aux autres films de l’époque – 1988- et même encore maintenant possède un charme et un humour qui font mouche.

 

 


Un couple de jeunes mariés meurt dans un accident de voiture pour avoir voulu éviter un chien. Mais, alors qu’ils ne se doutent de rien, ils se retrouvent donc décédés et fantômes, prisonniers pour 125 ans de leur maison, livrée à la merci de nouveaux locataires, bien vivants eux. Et ce qui devait arriver arriva et notre jeune couple – Adam et Barbara - se voit contraint de partager leur demeure avec une riche famille new-yorkaise branchée. Désespérés de voir leurs tentatives pour chasser ces vivants restées infructueuses, Adam et Barbara font appel à un bio-exorciste, le dénommé Beetlejuice, un doux dingue loufoque et adepte des méthodes radicales. Tim Burton, avec ce film, bouleverse complètement les habitudes des spectateurs en inversant les rôles. Les morts deviennent les héros, les vivants des intrus dont il faut à tout prix se débarrasser et les moyens pour y parvenir sont forcément complètement loufoques et hors normes vu que tout devient possible dans l’autre monde du film. A ce titre, le film enfile les scènes cultes, évitant de justesse parfois l’écueil de l’accumulation de sketches, sans fil conducteur, celui-ci étant ténu – soit donc virer les vivants de la maison. Ainsi, la scène du dîner où les invités sont possédés et entame un numéro de cabaret malgré eux est à hurler de rire tant les comédiens sont tout bonnement excellents et on regrette alors juste le manque d’ampleur de la mise en scène d’un Burton pas encore à l’aise à ce niveau –cela viendra avec les Batman. De même, la séquence dans la salle d’attente des morts est culte et il devient difficile de ne pas s’esclaffer devant tant d’impertinence –la prostituée coupée en deux, les footballeurs crétins appelant tout le monde « coach »- et d’inventivité. Le rythme du film en pâtit forcément car il est difficile d’avoir un tel niveau tout du long et c’est quand Beetlejuice daigne enfin prendre en main les choses que le film verse totalement dans le délire le plus complet jusqu’au final musical entraînant.


Bien entendu, pour que le spectateur soit impliqué dans l’histoire et n’assiste pas à un simple enfilement de délires visuels, il fallait pour cela que l’émotion soit également présente et c’est le cas via le jeune couple de mariés qui ne cherche qu’à aspirer à la tranquillité et se bat pour cela. N’allez pas croire pour autant que vous verserez une quelconque larme, car Beetlejuice se veut avant tout une comédie noire, ironique et décomplexée. Blagues graveleuses côtoient humour gore et sale, le tout dans un esprit quand même enfantin, la Burton’s touch en quelque sorte, poussée ici dans ses retranchements car dans un contexte non sérieux contrairement à Edward aux mains d’argent ou Sleepy hollow. Ce qui frappe dans Beetlejuice, c’est avant tout le soin apporté aux décors et aux costumes, révélateurs du passé artistique de Burton, mélange de Hammer et de cartoon, faisant passer le spectateur d’une antichambre de l’enfer glauque à un désert où un serpent géant –parodie de Dune ?- empêche les morts de quitter le lieu où ils sont tenus à résidence. Même si ils peuvent paraître daté, les effets visuels sont cohérents et plein de charme et rarement on n’imagine des CGI à leur place tant ils sont partie prenante de l’univers du film.


Dans le rôle titre, Michael Keaton –oui le Bruce Wayne à venir de Burton- est méconnaissable et à pisser de rire, se déhanchant de toutes les manières possibles, repoussant les limites de l’indécent et du politiquement correct et affichant une tête de clown zombie du plus bel effet. Il vaut à lui seul le visionnage du film. Mais il est également entouré d’excellents comédiens qui prouvent la qualité de directeur d’acteur de Burton. Geena Davis et Alec Baldwin forment un couple touchant et nous font ressentir le désarroi de leurs personnages ainsi que la folie qui les guette au contact de Beetlejuice. Parmi les vivants, se distinge la future kleptomane Wynona Ryder – et experte en ping-pong du vagin dans le film South Park pour les connaisseurs – qui apporte une touche de fraîcheur juvénile bien venue dans cet univers sombre malgré le caractère délirant de celui-ci. On peut regretter la mise en scène de Burton, qui tranche avec ses films suivants par l’utilisation de beaucoup de plans fixes – le budget est-il en cause ?- qui font que certaines séquences très bien écrites et interprétées peinent à décoller, si ce n’est également par la musique de Danny Elfman au style inimitable et inimité qui apporte également sa touche au délire.


A part dans l’œuvre de Burton par son mélange horreur et comédie réussi, Beetlejuice a déjà pour lui d’avoir créer un personnage culte et déjanté qui aura même son propre dessin animé par la suite. Mais c’est surtout une comédie trash sans être vulgaire et gore sans être violente, qui caractérise bien les obsessions de son auteur –la mort notamment- et qui offre un spectacle quasi permanent qui est en plus totalement original et unique plus de vingt ans après.

Auteur : TONTON

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