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Critique Berberian Sound Studio

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C'est l'année des films anglais « autres ». Car après un English Revolution des plus psychédéliques, voilà venir la bête de festivals, le non moins étrange Berberian Sound Studio. Mais cette fois-ci, le classicisme est au rendez-vous. Attention, cela n'a rien de péjoratif, car le nouveau film de Peter Strickland – auteur du remarqué Katalin Varga, lion d'argent à Berlin en 2009, excusez du peu – se veut classique dans son déroulement. Cela n'empêche pas l'originalité vient ici du sujet même du film et de son traitement sonore. Rarement un film n'aura été aussi hypnotique – si ce n'est chez Lynch – que ce Berberian Sound Studio, et c'est là sa principale qualité. 

 

 

Italie. 1976. Gilderoy, ingénieur du son, prend ses fonctions dans un studio de postproduction afin de mixer le nouveau film d'un dénommé Santini. Spécialisé dans les documentaires, Gilderoy se retrouve en pleine élaboration d'un film d'horreur proche de ceux tournés à l'époque par Dario Argento ou Lucio Fulci. Introverti. Ne parlant pas l'italien, rabroué par son producteur et raillé par d'autres, Gilderoy va peu à peu découvrir une ambiance oppressante, propice à la paranoïa et à la folie. Sur cette base, le réalisateur rend hommage au giallo de la grande époque. Pourtant, jamais on ne verra d'images du film de Santini. Par contre, on va en entendre presque toute la bande-son. Car Berberian Sound Studio va nous montrer tout le processus d'élaboration du mixage sonore d'un film. Et rien que pour cela, on est scotché devant l'écran, d'autant que là-dessus se rajoute une intrigue où l'étrange se mêle à la folie douce. Car notre Gilderoy, qui reste du début à la fin notre seul point de repère va peu à peu perdre pied, lui le quinquagénaire anglais vivant encore avec maman, spécialiste reconnu dans son domaine, d'où sa présence en Italie. Confronté à un univers qu'il ne connaît absolument pas – il va devoir travailler sur des images aussi crues que des sorcières brûlées, des vagins perforés ou de nombreux meurtres perpétrés au poignard –, le petit homme tranquille va peu à peu perdre ses repères et mélanger réalité et fiction. Mais est-ce vraiment le cas ?

 

 

Berberian Sound Studio n'est pas un film d'horreur. Tout ou presque se situe hors champ. De plus, l'intrigue et le traitement de celle-ci rappelle parfois David Lynch. Cela se ressent aussi bien dans les plans présentant les réactions incongrues de certains personnages – les colères du producteur – que dans le travail sur le son, qui est l'un des domaines sur lesquels le réalisateur de Twin Peaks est passé maître. Les sons dans  Berberian Sound Studio provoquent parfois le malaise, la peur, voire parfois un rire jaune. Lent, peu bavard mais passionnant, le film de Peter Strickland dérange tout en restant sobre. La réalisation est bien loin de celle du film de Ben Wheatley cité plus haut, plus proche encore une fois de celle de Lynch car cette dernière ne cherche à dévier de son but premier, raconter une histoire. Et c'est ce qui fait la force du métrage, tout fan de film d'horreur s'y retrouverant d'une manière ou d'une autre. Se déroulant presque entièrement dans le studio,  Berberian Sound Studio rend claustrophobe et nous fait partager la lente dégradation psychologique de son héros.

 

 

Ce héros justement, il fallait un acteur de talent pour nous le rendre crédible et émouvant. Et Toby Jones – vu dans un Harry Potter et dans La Taupe – est absolument excellent, tant son physique de bureaucrate dépressif et son jeu en finesse fascinent. En quelques regards et gestes, il nous fait partager les doutes et les troubles de son personnage. A tel point que parfois, on pourrait se croire en plein documentaire, sentiment renforcé par le thème du film. A ses côtés, les acteurs italiens contribuent encore plus à nous plonger au cœur de la conception d'un giallo. 

 

 

Passionnant, dérangeant et envoûtant, Berberian Sound Studio fait partie des films qui font aimer le cinéma. Peter Strickland mène son sujet de main de maître, et même si la fin laisse le champ libre à de multiples interprétations – le dernier quart d'heure met d'ailleurs à mal le classicisme précédant –, le film captive par ses images et surtout ses sons qui, non contents de nous transporter avec bonheur dans une autre époque, nous montrent qu'intéresser le spectateur passe d'abord par le respecter et savoir parfois le troubler. Comme ce petit anglais de Gilderoy, tiens. 

Auteur : TONTON

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