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Critique Bienvenue à Zombieland

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Difficile de réinventer en profondeur le métrage de contamination  zombiesque. Inventé par George A. Romero en 1968 - La Nuit des Morts-Vivants -, le genre s’articule autour d’un irremplaçable postulat usité jusqu’à la corde ces dernières années, à tel point que la maitre lui même ne parvient plus que partiellement à se dépêtrer des impératifs du registre - le décevant Diary Of The Dead -. Si des réussites comme 28 Jours plus Tard ou L’Armée des Morts auront su redonner un sérieux coup de fouet au zombie flick, c’est bien Shaun Of The Dead qui aura marqué la surprise en  combinant au scénario originel une sévère dose de second degré. Produit en indépendant mais distribué par le géant Colombia, Bienvenue à Zombieland présente le même sens de la dérision, et parvient à s’imposer comme un métrage nettement plus fun et outrancier que son modèle spirituel.

 

 

Sensation inattendue au box-office américain, Bienvenue à Zombieland s’engage avec succès et dès ses premières secondes dans les chemins épineux de la comédie horrifique. Domaine casse-gueule par excellence, le second degré mâtiné d’éléments sanguinolents reste difficile à maitriser du fait de la mince frontière entre humour noir et vulgarité puérile. Si la série des Scary Movie n’a pas hésité à s’habiller des sketchs les plus gras et commercialement vendeurs, Bienvenue à Zombieland s’adresse avant tout aux fanatiques du genre et se montre plus prompt à détourner intelligemment les clichés du genre. Résolument adulte mais néanmoins très drôle, le métrage du newcomer Ruben Fleisher adopte un rythme soutenu et déballe une série de gags déjantés, tout en rendant discrètement hommage aux classiques détournés. Car si Fleisher signe une comédie complètement décalée dans laquelle les rebondissement inattendus sont légion, le cinéaste n’en reste pas moins un connaisseur du genre et s’amuse à détourner les règles fondamentales avec un tact certain, à l’instar d’une hilarante scène de supermarché qui n’est pas sans évoquer le script du célèbre Dawn Of The Dead - Zombie - de Romero, ou encore par un caméo de luxe du célèbre Bill Murray. Ce dernier, qui accueille la fine équipe de rescapé dans sa résidence,  dépeint d’ailleurs son propre rôle avec un sens de la désopilance assez rare et inattendu. Très loin de la performance soporifiqus d’un Lost In Translation, l’acteur américain cultive la déconne avec insistance et habille son personnage d’une autodérision osée.

 

 

Si le caméo de Murray se profile aisément comme le point fort d’un métrage mené tambour battant, le développement des différents caractères ne dénote pas pour autant. Bien que le scénario se montre volontairement conventionnel - quatre survivants s’allient pour survivre face à l’infection -, Fleisher confère à son film une véritable originalité en dressant des portraits complètement incongrus et antagonistes. Au peureux freluquet se joint donc le dur et beauf dézingueur de zombie, la bombe atomique de circonstance - superbe Emma Stone -, ainsi que la faible fillette, caractère que le cinéaste prend à contre-pied en décrivant un furieux personnage de gamine hargneuse et téméraire qui n’hésite jamais à mitrailler dans le tas. S’additionnent aux traits de caractères outrageusement prononcés des quêtes savoureuses et plus idiotes les unes que les autres - trouver des gâteaux fourrés ou s’amuser dans un parc d’attraction -, objectifs personnels qui ajoutent du piment à un divertissement déjà haut en couleur. Désireux de prolonger son récit plus loin dans le délire, Fleisher affuble chaque protagoniste d’un surnom grotesque - en l’occurrence, la ville ou ils souhaitent se rendre - et s’amuse des poncifs du genre, de la scène romantique aux affrontements zombiesques, shootés à grands renforts d’effets et de ralentis travaillés afin d’en accentuer le ridicule. Le film d’action à la testostérone en prend pour son grade, le duo constitué de Woody Harrelson et Jesse Eisenberg constituant l’une des plus improbables collaborations du 7ème art en matière de film de survie. Physiquement en totale adéquation avec son personnage, le jeune Jesse Eisenberg s’en donne d’ailleurs à cœur joie dans un rôle d’éternel geek looser qui lui sied comme un gant, à mille lieux de sa performance décevante dans le très bancal Cursed.

 

 

Peureux mais néanmoins très rationnel, le protagoniste principal de Bienvenue à Zombieland se profile comme l’archétype même de l’anti-héros américain. Régi par une flopée de lignes de conduite aux antipodes des comportements habituellement constatés, le personnage mène le métrage de ses décisions délirantes, de multiples sentiments paranoïaques - les difficiles excursions aux toilettes - et autres frustrations sexuelles. Bien que totalement déboulonné dans tous les sens du terme, le métrage de Ruben Fleisher n’en reste pas moins extrêmement soigné. Doté de moyens convenables, le cinéaste mêle avec brio le second degré très prononcé du récit avec des maquillages et un environnement très réalistes, évitant la mention cheap pour un habillage post-apocalyptique digne des meilleurs zombie flicks.  Les décors s’avèrent absolument sublimes, et le cinéaste n’hésite à aucun moment à étaler un gore omniprésent, sans pour autant sombrer dans la démesure la plus totale. A l’instar d’un Evil Dead, Bienvenue à Zombieland évite le statut de production grand public au profit de séquences violentes et fun à souhait, dopées par une bande-son ultra-rock’n’roll - l’extraordinaire générique d’ouverture - et emballées par des dialogues de chartrier qui ne manquent jamais de mordant.  Nanti de cadrages impeccablement maitrisés, Bienvenue à Zombieland balance la sauce avec une générosité et une audace de tous les instants.

 

 

Bon enfant et furieusement azimuté, Bienvenue à Zombieland s’habille de l’humour anglais d’un Shaun Of The Dead tout en adoptant une forme plus grandiloquente et un rythme autrement plus soutenu que son modèle. Jamais avare à tourner au ridicule les clichés cinématographiques habituels, le métrage de Ruben Fleisher reste assez « fin » et évite l’impair des gags faciles et convenus. Un divertissement haut et gamme et sans prétentions, doté d’un casting explosif et d’une esthétique aux petits oignons. 

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