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Critique Birdman

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Alejandro González Iñárritu délaisse ses sujets habituels, passionnants mais résolument éreintants, pour se concentrer sur quelque chose d'à priori plus léger. C'est une double bonne nouvelle puisqu’en plus d’être très drôle,  Birdman est aussi un film barré, extravagant et mis en scène d'une façon magistrale, tout juste couronné par l'Oscar du meilleur film 2014.

 

 

 

Birdman est avant tout un pur moment de cinéma qui flatte la rétine, un beau bijou filmique construit sous forme de long - et faux - plan séquence.  Alejandro González Iñárritu et son chef opérateur Emmanuel Lubezki soignent chaque image et la caméra. Ces derniers ne s'arrêtent jamais de tourner, entraînent le spectateur dans une douce spirale renforcée par un travail somptueux de lumière et de décors et l'immergent à coup sûr dans la trame. Cet exercice peut sembler superflu, voire un peu prétentieux de la part d'Iñárritu, surtout au vu du registre plutôt light qu'il souhaite aborder. Mais le fait est que c'est tellement bien foutu et ça change tellement de la platitude qui immerge les produits actuels qu'il est plus que bienvenu de voir un cinéaste s'éclater autant avec sa caméra et avoir l'envie - et les couilles - de proposer de la nouveauté, même lorsqu'il s'agit de comédie. Cette originalité, Iñárritu la partage avec un autre mexicain auquel on pense beaucoup ici, Alphonso Cuaron, dont le long plan séquence « guerrier » de Le Fils de l'Homme est encore dans les mémoires. Les deux réalisateurs partagent d'ailleurs le même chef op, à l'œuvre dans Birdman. Au risque de se faire taxer d'arty, le spectacle offert à nos yeux est simplement jouissif. Un putain de tour de force.

 

 

Birdman n'est pas qu'un simple exercice de style, heureusement. C'est avant tout une lettre d'amour au cinéma mais aussi aux acteurs. Les thèmes brassés par Birdman sont larges mais le fil conducteur reste celui de la célébrité et son statut éphémère. Surtout par les temps qui courent où les stars se font et se défont d'un simple like sur les réseaux sociaux et où l'absurde / le grotesque sont vivement recommandés, à l'image de cette scène barge où le personnage central se balade en slibard en plein Central Park, acclamé par une foule en délire qui filme tout sur smartphone. L'image est d'autant plus forte qu'elle pose justement la question sur cette quête effrénée de reconnaissance qui va jusqu'aux pires extrémités. D'ailleurs, à travers ses acteurs, ne serait-ce pas les travers et les contradictions de chacun de nous qu'Iñárritu épingle, soulignant par là notre insignifiance ?  Birdman, c'est ça aussi. L'absurdité dans sa plus belle parure.

 

 

Il est quasiment impossible de ne pas faire un parallèle entre le personnage principal de Birdman, Riggan Thompson, et Michael Keaton. Iñárritu avoue d'ailleurs lui-même que le rôle a été spécialement écrit pour Keaton. Comme Riggan Thompson, Keaton a aussi été par deux fois l'un des plus célèbres super héros dans les années 80 mais sa carrière n'a curieusement pas explosée comme elle aurait du. La comparaison s'arrête là puisqu'à notre connaissance Keaton n'a jamais essayé de tuer un collègue dans le but de réussir un come-back. On sait désormais que l'Oscar du meilleur acteur lui a échappé, mais cela n'enlève rien à sa prestation jubilatoire en acteur lessivé et schizo et qui semble posséder - du moins dans sa tête - les mêmes pouvoirs du Birdman, ce qui donne lieu à des scènes d'un burlesque qui frise l'hystérie, véritable mise en abîme du monde fantasmé du métier d’acteur. Keaton est sur tous les fronts, dans toutes les scènes. Il incarne la dynamo du film et emporte tout avec une énergie dévorante et un plaisir communicatif. Le reste du cast n'est par ailleurs pas en reste puisqu'une belle brochette d'acteurs accompagne l'acteur principal : de Edward Norton dans le rôle d'un acteur narcissique tendance trou du cul à Zak Galifianagis, pour une fois sobre, d'Emma Stone dans le rôle - un peu convenu - d'une ex-junkie à Naomie Watts un poil trop effacée, tout ce beau monde ne cache pas son plaisir d'être de la partie.

 

 

Birdman est un métrage incroyablement riche et généreux autant sur le fond que sur la forme. Loin de ses films rouleaux compresseurs et éprouvants, Iñárritu livre ici son projet le plus divertissant mais aussi le plus abouti. Un must see.

 

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Votre réponse :

Tamles 13-03-2015
En plein Central Park?! Il se retrouve en plein Time Square plutôt!

 

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