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Critique Bitch Slap

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Le concept Grindhouse initié par Tarantino et Rodriguez n’aura pas véritablement trouvé son public. Probablement ancré dans un registre trop méconnu pour engranger des recettes dignes de ce nom, ce faux retour à un cinéma artisanal et décomplexé enfante pourtant aujourd’hui un émule tardif avec Bitch Slap, déclaration enflammée et dérangée au Z qui tache et ne s’embarrasse d’aucuns détours. Réalisateur chevronné en matière de productions télévisuelles - Xena la Guerrière, la série Nikita et plus surprenant, Alerte à Malibu -, l’inconnu Rick Jacobson s’affranchit ici son second long-format, près de quinze ans après le nanardesque Bloodfist VIII : Trained To Kill. Expert du second degré assumé, le cinéaste signe avec ce nouveau projet un pur produit geek pour mâles nourris aux réalisations seventies.

 

 

Bitch Slap se profile en parfait légataire des actionners crétinisants d’antan. Bourrin, beauf à l’extrême, le métrage de Rick Jacobson ne fait jamais dans la demi-mesure et assume ses ambitions régressives avec un aplomb rarement constaté. La formule Sexe’n’Guns dévoile ses intentions en à peine plus de quelques secondes : sirènes hargneuses à l’anatomie ravageuse, langage peu châtié ou encore gunfights et bastons à répétitions, Bitch Slap conjugue les pires poncifs du mauvais goût dans un déroulé scénaristique qui se profile comme explosif et jouissif à souhait. Enquillés à un rythmique d’enfer, les premiers morceaux de péloches s’habillent avec un certain plaisir d’un érotisme aguicheur, Rick Jacobson multipliant les plans rapprochés culs et nichons par simple plaisir coupable. Bitch Slap détourne pourtant avec une certaine bonhomie les clichés pour s’habiller d’une dimension sexy sulfureuse à souhait – la fameuse scène « T-Shirts » mouillés », tournée pour l’occasion à grands renforts de ralentis appuyés – sans sombrer dans la vulgarité inutile et gratuite pour autant. L’ensemble se limitera un gros chapelet de séquences lesbiennes et de dénudés venant malicieusement appuyer le côté film d’exploitation de Bitch Slap, sans représenter son unique atout. Car au-delà de la plastique atomique de ses protagonistes, le film de Rick Jacobson se veut tout aussi soigné et déjanté au niveau de son esthétique ainsi que de son scénario. Le cinéaste capture en effet un film à l’ancienne, mais ne se prive pas de procédés très actuels, sa réalisation aux petits oignons parvenant avec brio à marier un esprit résolument old-school à un montage ultra-dynamique et bardé de mouvements de caméra audacieux.

 

 

Bien que clipesque dans la forme, Bitch Slap ne lorgne jamais vers l’illisibilité souvent inhérentes aux productions testostéronées actuelles. Si son parcours se veut majoritairement tourné vers la Télévision, Rick Jacobson témoigne d’une redoutable aisance dans sa réalisation. Capturé dans un scope impeccable, son long-métrage bénéficie d’effets visuels particulièrement bien trouvés, le cinéaste usant des ralentis avec une impressionnante maitrise. Très stylisé et shooté dans des paysages désertiques qui renforcent les teintes arides de ses images, Bitch Slap use des trucages volontairement grossiers afin de renforcer un aspect Z et rétro aujourd’hui oublié par des productions majoritairement premier degré malgré la bêtise parfois constatée de leurs contenus. Savoureux, l’aspect fun de l’œuvre fulmine d’ailleurs à travers quelques flashbacks renforcé d’incrusts cartoonesques qui dénotent, mais n’entachent en rien la réalisation furieusement classe de Jacobson. Projet hors-normes dans sa conception esthétique, Bitch Slap se veut tout aussi radicalement éloigné des années 2010 dans son déroulé scénaristique. Pimentée de dialogues francs-du-collier, le film n’essaye pas de s’épauler d’un script inutilement complexe, mais compense habilement par une construction à rebours qui entretient un certain suspens en masquant partiellement la simplicité de l’ensemble. Riche en rebondissements azimutés, l’œuvre de Rick Jacobson parvient à conserver un intérêt permanent malgré son décor quasi-unique – le désert dans lequel les bad-ass féminines espèrent dénicher un important magot –, les éléments s’imbriquant au fur et à mesure afin de laisser le spectateur remonter aux origines de l’histoire. Les fusillades incessantes et autres explosions à répétition ne sont certes pas étrangères au rythme endiablé dont témoigne Bitch Slap, mais Jacobson réussi parallèlement à narrer de manière originale un script pourtant condensé sur un post-it.

 

 

Pétaradant, violent, outrancier, affriolant et gentiment gore, Bitch Slap transcende la notion de divertissement pour révéler un tempérament de sale gosse agité. Proche du navet dans le fond, le métrage prolonge pourtant son professionnalisme dans sa direction d’acteurs – ou plutôt d’actrices –, tous impeccables dans leur jeu. Le trio de garces aux caractères antagonistes fonctionne du feu de dieu, chaque intervenante excellant dans son rôle et flirtant avec les clichés sans pour autant sombrer dans la caricature. America Olivo se détache plus particulièrement en dépeignant une dinguo hystérique parfaitement délirante et adaptée à folie du script, l’actrice trouvant ici son premier rôle conséquent après une foultitude d’apparitions éclairs, dont une participation très dénudée au Vendredi 13 dernière génération. Les seconds couteux – encore plus allumés que les protagonistes centraux – se montrent tout aussi délectables et correctement interprétés, Bitch Slap véhiculant son ânerie fendarde dans tous les recoins inimaginables. Punk balafré, japonaise ninja en costume d’écolière, petite frappe en string, shérif bouseux et niais, le métrage multiplie les  « gueules » qui renforcent encore d’avantage son cachet de petit film d’exploitation bricolé avec trois bouts de ficelle. 

 

 

Sans surprise classé R aux Etats-Unis,  Bitch Slap en envoie plein la gueule sur près de deux bonnes heures. Si le tout témoigne de quelques rares carences rythmiques, le film de Rick Jacobson roule à tombeau ouvert et se montre furieusement bandant. Un glorieux rejeton illégitime au diptyque Grindhouse, bien plus méritant que le segment plein-de-vide tourné par Quentin Tarantino.

 

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