film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique Black Death

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Petit génie du cinéma, Christopher Smith fait partie de ces quelques réalisateurs contemporains qui constituent le fer de lance de cette nouvelle génération, aux côtés d’Adam Green, Jaume Balaguero, Alexandre Aja ou Rob Zombie pour ne citer que quelque uns des plus connus. Plus discret que ses homologues, le britannique abonné aux petits budgets démontre une capacité fascinante à traiter des sujets diverses et variés et à insuffler à chacun de ses métrages une identité propre. Terreur pure (Creep), comédie noire (Severance), thriller temporel (Triangle), il s’attaque aujourd’hui au fanatisme caractéristique des temps médiévaux avec Black Death. Certes, la pellicule n’invente rien et aborde le thème de manière conventionnelle, mais ce qui aurait pu tourner au désastre dans les griffes de nombreux réalisateurs se transforme en une quête passionnante et pessimiste où l’intelligence de la mise en scène prend le spectateur aux tripes.

 

 

Ce qui fait la force des films de Smith, outre les qualités intrinsèques à son talent, c’est qu’il ne les aborde jamais au-dessus de ses moyens, qu’ils soient financiers ou intellectuels. Pour son quatrième long, le réalisateur a laissé sa place à Dario Poloni (Wilderness) pour écrire le script et la réussite de Black Death n’y est pas étrangère. La prétention de certains métrages les conduit inévitablement à leur perte faute à des ambitions factices et hors de portée quand une approche plus honnête aurait été davantage judicieuse. Bien que de nombreuses fois traitée auparavant, la religion est toujours un thème délicat à aborder. Car même si Black Death installe son récit au Moyen-Age, caractérisé bien souvent par l’approche primitive « Au bûcher ! Sorcière ! », il n’est que le reflet de ce que les dérives du fanatisme et de la religion ont toujours été et sont encore aujourd’hui, l’ignorance et la manipulation comme points de départ. En 1348, dans une Angleterre ravagée par la peste noire, le métrage suit un jeune moine à la foi fougueuse mais encore fragile accompagnant un groupe de soldats mené par un prêtre mercenaire pour se rendre dans un village que la maladie n’atteint pas. Un nécromancien y sévirait, ramenant les morts à la vie. Christopher Smith a le chic pour planter son drapeau là où on ne l’attend pas avec une capacité à faire mouche la plupart du temps. Si Black Death transpire des influences telles que Le Nom de la Rose, La Chair et le Sang ou encore Valhalla Rising pour une histoire convenue qui s’avère moins accrocheuse sur la longueur, il n’en reste pas moins que le film peut se vanter de jouir d’une vraie personnalité et d’une vraie consistance principalement à travers son atmosphère pesante, sa mise en scène consciencieuse, son développement surprenant et une tripotée d’acteurs fabuleux.

 

 

Le métrage frôle la perfection dans sa première partie, où les mercenaires et le jeune moine prennent la route pour atteindre ensuite ce village damné, partie qui s’avère être la plus intéressante pour plusieurs raisons. L’atmosphère proposée par Black Death est menaçante, prônant un danger omniprésent qui ne se manifeste finalement qu’à très peu de reprises pour laisser place aux angoisses, aux peurs et aux excès propres à ces hommes. Si cet aspect vient être appuyé par un cadre triste, noir et brumeux, les acteurs offrent une prestation étonnante, les choix de Christopher Smith étant rarement contestables sur ce point et optant généralement pour des acteurs moins connus – le budget n’y étant bien entendu pas étranger. Bien que Sean Bean (la saga Le Seigneur des Anneaux, le remake de Hitcher) s’impose comme le plus évocateur de ses camarades, les prestations excellent dans les têtes d’affiche comme chez les seconds couteaux et on retrouve des visages familiers comme Andy Nyman et Tim McInnerny que l’on a pu voir dans le Severance du même réalisateur ou encore Carice Van Houten (Black Book, Valkyrie). Cette première partie montre ces hommes avancer et guidés par la foi, persuadés d’accomplir la volonté de Dieu justifiant ainsi leurs actes. Rythme lent et pesant au menu, Black Death instaure son climat glacial et captivant laissant de côté les dialogues trop étirés. Dans sa globalité, si la violence graphique est peu démonstrative et anecdotique mais foutrement incisive, c’est par ses fondements – fanatisme et religion – qu’elle vient être accentuée. Une première moitié plus atmosphérique que démonstrative laisse planer le doute et le mystère autour de ce village, représentant l’enfer sur terre où Dieu s’est éclipsé face au Diable, personne ne sachant vraiment à quoi s’attendre.

 

 

Abordant son sujet de manière très terre à terre et ultra réaliste, Black Death insuffle un climat fantastique et joue avec le spectateur grâce à des faux semblants bien dosés. L’arrivée au village marque un tournant dans la narration qui, bien que captivante à ses débuts à l’intérieur du patelin, s’essouffle légèrement sur la longueur. Soulignant avec intelligence la maigre limite entre le bien et le mal ainsi que les dérives d’une croyance trop poussée, on assiste à l’affrontement de convictions entre villageois et envoyés de Dieu dans leurs comportements extrémistes. Au milieu de cette violence et cette rage, la pierre angulaire du métrage reste le jeune moine interprété par un Eddie Redmayne touchant. En s’étant porté volontaire pour accompagner ces mercenaires, il entame sa quête initiatique qui va forger l’homme qu’il deviendra. Le plus gros reproche que l’on pourrait faire à Black Death se trouve dans sa difficulté à conserver son mordant dans les dernières vingt minutes pour nous laisser bredouille après un final un peu bateau. Une pellicule d’une telle qualité aurait mérité de laisser son spectateur sur les rotules et le moral au fond du seau.

 

 

Malgré ses quelques défauts, Black Death est un récit passionnant qui ne juge jamais ce qu’il raconte. Christopher Smith prouve une fois de plus tout l’étendue de son talent à travers cette fable pessimiste et austère, probablement son œuvre la plus aboutie à ce jour.

Auteur : TIBO

Critique vue 10694 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 94-23

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction