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Critique Blade Runner

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Pilier de la littérature de science-fiction moderne, Philip K. Dick (1928-1982) aura dû attendre la fin de sa vie pour espérer voir l’une de ses œuvres enfin adaptée au cinéma. Scénariste malheureux (un épisode refusée pour la série Les Envahisseurs, une transposition de son chef-d’œuvre Ubik restée dans les tiroirs), l’écrivain américain aura longtemps vu son œuvre dénigrée dans son propre pays. Réalités tronquées, faux-semblants, univers emboités les uns dans les autres… Encore trop complexe pour convaincre les studios d’investir des millions dans des histoires de science-fiction tordues et trop originales pour séduire le grand public, alors friands de batailles spatiales. Optionné peu de temps après sa parution en 1968, son roman Do Androids Dream of Electric Sheep ? devra pourtant attendre près de quatorze ans pour voir le jour sous le titre de Blade Runner, première adaptation dickienne qui, si elle a fait un four à sa sortie aux Etats-Unis, s’est imposée comme l’un des plus grands films de science-fiction.

 

 

La réalisation est confiée à Ridley Scott, un britannique issu de la publicité ayant déjà fait sensation en 1977 avec Les Duellistes qui boutait le Stanley Kubrick de Barry Lyndon sur ses propres terres, et surtout, avec Alien, le huitième passager qui, en 1979, va redéfinir le genre fantastique pour la décennie à venir. Le scénario de David Peoples et Hampton Fancher prend des libertés avec le roman original de Philip K. Dick que l’auteur qualifiait lui-même de mineur. Plus sombre, plus violent, Blade Runner choisit de transposer le principe du roman noir dans un monde futuriste. En 2019, Los Angeles est devenue une mégapole polluée, semblant plongée dans une nuit éternelle et balayée par des pluies incessantes. La science est parvenue à créer des êtres artificiels et génétiquement supérieurs aux humains, les Réplicants, servant aux basses besognes pour la colonisation de l’espace. Suite à une rébellion sanglante, ces derniers sont interdits de séjour sur Terre et les contrevenants sont traqués à mort par des policiers d’élite, les Blade Runners. L’un d’eux, Rick Deckard va devoir poursuivre quatre Réplicants particulièrement retors cherchant coûte que coûte à rencontrer leur créateur.

 

 

Alors au sommet de sa gloire, Harrison Ford enfile le costume du Blade Runner. Solitaire, froid et désabusé, son personnage est à l’extrême opposé de ceux qui l’ont rendu célèbre (Han Solo et Indiana Jones évidemment). En face de lui, Rutger Hauer, l’acteur fétiche de Paul Verhoeven, interprète le peroxydé Roy Betty, le meneur des Réplicants qui ne recule devant rien pour mener à bien sa quête. Ce qui fait toute la noirceur de Blade Runner demeure dans son absence de manichéisme. On y trouve que des victimes contraintes d’endosser le statut de bourreau dans une société où l’humain disparaît lentement. Le combat des Réplicants n’est pas basé sur la haine mais sur la volonté de survivre et d’être libre, le carnage n’étant qu’une étape obligée pour franchir les obstacles qui les séparent de leur affranchissement dans un monde verrouillé. De même, Deckard, utilisé par le système comme une simple machine à tuer, comprend qu’il n’est pas plus humain que ceux qu’il traque. Son seul espoir de rédemption sera incarné par le personnage de Rachel, interprétée par Sean Young, une réplicante qui s’ignorait, suite à des implants de faux souvenirs, et que Deckard, contrairement aux ordres qui lui sont donnés, va protéger.

 

 

Outre son scénario de science-fiction adulte, ce qui classe toujours Blade Runner parmi les classiques du genre reste la qualité de ses effets-spéciaux, supervisés par Douglas Trumbull, qui avait déjà travaillé sur des mastodontes SF comme 2001 : l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick et Rencontres du Troisième Type de Steven Spielberg. Utilisant les maquettes avec maestria, Trumbull concocte un Los Angeles ténébreux, s’étendant à perte de vue, alternant les tours menaçantes avec des bâtiments évoquant des pyramides aztèques entre lesquels circulent les fameuses voitures volantes. Il impose un nouveau jalon en termes de ville futuriste comme on en avait plus vu depuis le Metropolis de Fritz Lang (1927). Dans son souci du détail, Ridley Scott tempère ces visions majestueuses par l’aspect mourant de son monde : des rues à l’abandon, des cages d’escaliers qui suintent d’humidité et une faune hétéroclite mais souvent affublée de tares (nanisme, vieillissement prématuré). Si Blade Runner est un film de science-fiction subtil, il n’en reste pas moins violent avec quelques scènes un brin gores (yeux conservés dans de l’azote liquide, femmes éventrées par balle, front explosé, tête broyée, clou enfoncé dans la main). Les previews négatives amèneront la Warner à faire des modifications sur le film de Ridley Scott sans son accord. Ainsi sont rajoutées une voix-off sensée éclaircir une intrigue jugée trop hermétique ainsi que des scènes aériennes de plaines verdoyantes, issues de rushes non utilisés de Shining de Kubrick afin d’offrir au public une fin moins pessimiste. Il faudra attendre 1992 pour voir Blade Runner dans un director’s cut fidèle à la vision de Ridley Scott et qui reste la version de référence, bien qu’un final cut, moins nécessaire, fut à nouveau proposé en 2007.

 

 

Malgré son échec au box-office, Blade Runner est devenu avec le temps un film culte et a ouvert la voie aux adaptations des œuvres de Philip K. Dick : Total Recall, Planète Hurlante, Minority Report, Paycheck ou A Scanner Darkly pour ne citer que les plus significatives. Décédé quelques jours avant la sortie du film de Ridley Scott, l’écrivain américain est désormais l’un des auteurs de littérature SF les plus prisés d’Hollywood.

 

Auteur : THE VUG

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