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Critique Blood Creek

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Joel Schumacher. Rien que l'évocation du nom du réalisateur peut faire passer chez certains – et à juste titre d'ailleurs – un tel frisson que même le pire film d'horreur ne pourrait rivaliser. Coupable de deux Batman au delà de la catastrophe – à faire passer la version Adam West pour un film de Nolan – et de quelques ratages désastreux tels 8 mm, Le Nombre 23, Le Droit de Tuer ou encore Le Fantôme de l'Opéra, ce dernier détient néanmoins quelques réussites à son actif. Et qu'on les aime ou pas, ces films ont eu le mérite d'ouvrir des débats, comme L'expérience Interdite, Chute Libre, ou d'être juste de bons métrages, à l'instar de Génération Perdue ou Phone Game. Et ce que l'on ne peut retirer au maintenant septuagénaire, c'est son refus du conformisme. Il a traité bien des sujets fâcheux et s'est toujours senti droit dans ses bottes quant à ses choix. Il n'est donc pas surprenant de le voir débarquer aujourd'hui – malheureusement directement en vidéo – avec ce qui est l'un de ses meilleurs films, et qui plus est dans un genre qu'il n'a jamais traité autrement qu'avec de l'humour, dans son fameux Génération Perdue, l'horreur, avec Blood Creek.

 

 

1936. Richard Wirth, un historien nazi envoyé par Hitler débarque chez une  famille d'origine germanique qui vit dans une petite ferme de Virginie aux États-Unis. Pourquoi là-bas ? A la recherche de sources occultes pour dominer le monde, Hitler convoite des pierres runiques aux pouvoirs divins, et justement l'une d'entre elles sert de fondation à la ferme. De nos jours, Victor Marshall, un ex-militaire revenu d'Irak disparu non loin de la ferme deux ans plus tôt, réapparaît et demande l'aide de son frère, Evan,  afin de retourner se venger. Il  prétend  avoir été enfermé et torturé pendant deux ans – et les balafres couvrant son dos tendent à le confirmer – par une créature démoniaque dont le but va vite se révéler à leurs yeux, une fois de retour sur les lieux. Blood Creek démarre fort. Porté par une image crépusculaire, renvoyant aux films expressionnistes, l'introduction montre une petite famille heureuse avant que l'enfer au visage humain ne vienne à elle. Le choc n'en est que plus rude quand on passe à notre époque, au ton plus sobre et classique. Mais l'histoire emporte le morceau, en cela que Schumacher ne la dévoile qu'avec parcimonie. Ainsi, ce que Victor a traversé pendant ces deux ans n'est révélé qu'au cours de l'intrigue et non à sa réapparition, renforçant d'ailleurs l'impact qu'aura sur le spectateur l'apparition du nazi zombifié. Ce dernier revêt d'ailleurs un look carrément dantesque, puisqu'il va plusieurs fois voir sa peau muer, au fur et à mesure que sa force grandit. Tous les enjeux du film sont là. Les deux frangins se retrouvent  face à une créature prisonnière dans l'enceinte de la ferme avec ses habitants – n'en disons pas plus – mais qui se fait nourrir par la famille qui lui procure des sources humaines de sang frais. Et le film de basculer rapidement au film de siège, tendance La Nuit des Morts-Vivants.

 

 

Et c'est là le gros défaut de Blood Creek. Car dès la formidable apparition du nazi, le film va un peu tourner à vide. Attaques de créatures zombifiées, conflits entre humains, révélations balancées à la va vite. On a droit à la totale. Et le tout dans un splendide gâchis d'effets spéciaux. Car les CGI s'avèrent parfois relativement craignos dans ce Blood Creek. Le cheval zombi en CGI fait pitié. La mue de Richard Wirth réalisée avec la même technique renvoie aux temps préhistoriques des techniques numériques. Mais heureusement, les effets de maquillage sont de toute beauté – Fassbender est un zombie qui en jette – et le film regorge d'effets gores en tout genre, faisant apparaître des flashs du travail de Clive Barker, dont les fameux cénobites pourraient être une famille d'accueil pour Wirth. Le rythme très rapide du film participe également au fait que la pilule passe relativement bien, faisant oublier certains choix un peu douteux, comme l'armure revêtue par Purcell pour le combat final. De même, une certaine tristesse traverse parfois le film, en partie inhérente àla jeune fille de la famille allemande dont le regard servira tout au long du film à ressentir l'impact et l'influence de la venue du nazi. Et c'est par elle que viendra également le salut, de par ses connaissances. L'un des plaisirs à la vision de  Blood Creek est qu'on y retrouve des éléments si disparates que l'on se croirait dans un manga du genre Fullmetal Alchemist avec un assemblage horreur, alchimie, grande histoire fort bien tenue.

 

 

Joël Schumacher se lâche avec le temps. Il semble s'éclater à filmer des séquences parfois dignes d'Hellraiser, tout en prenant grand soin de délivrer également de somptueux plans iconiques de son principal méchant. Bien aidé par des maquillages réalistes, Michaël Fassbender laisse encore une fois éclater son talent en livrant une partition parfaite. Face à lui l’habituellement poulpesque Dominci Purcell – Prison Break – s'en sort plutôt bien, de même qu'Henry Cavill – le Superman de Zack Snyder – en petit frère infirmier au grand cœur. Un mot sur la musique qui fait appel à la magnifique voix de Lisa Gerrard  – Gladiator – pour composer de superbes chœurs.

 

 

Pour son premier film d'horreur, Schumacher pourra dire qu'il y a mis tout son talent. Malgré un scénario qui ne tient que sur son pitch original, il rythme suffisamment son récit pour nous divertir et nous offrir une bonne petite série B d'horreur toute droit sortie des années 80. Ruez vous sur le DVD ou le Blu-ray à défaut de pouvoir vous rendre en salles. C'est, en ces temps de pénurie de bons films de genre, un moindre mal. 

Auteur : TONTON

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