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Critique Blood Father

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La saison estivale 2016 a été particulièrement désastreuse côté ciné. Revenu vacciné du cinéma de commande - la comédie Un moment d'égarement, sérieusement ? -, le réal' de Ma 6-T va crack-er et des deux Mesrine, Jean-François Richet, s'exporte aux USA afin de mettre en boite une série B nerveuse qui marque le grand retour de Mad Mel sur grand écran. Son Blood Father se démarque à ce titre avec brio des actioners lambdas pour s'imposer en métrage sombre et tiraillé. Une histoire d'amour et de rédemption qui aura marqué le public lors des séances de minuit du festival de Cannes.

 

 

Difficile de voir en ce Blood Father autre chose qu'un miroir de l'âme de Mel Gibson. Le film semble en ce sens avoir été écrit pour lui. Alcoolique notoire, trublion du septième art abonné aux déclarations fracassantes et aux passages éclairs derrière les barreaux, Gibson partage plus avec son personnage de John Link qu'avec aucun autre rôle de sa longue filmographie. Richet use de l’implication hors normes de son acteur pour pousser à l'extrême le côté dramatique de son métrage, par ailleurs ultra-simple sur le fond. Ex-taulard rangé des affaires criminelles, Link vit reclus dans une caravane au milieu de nulle part. Renié par sa famille, ce dernier essaye lentement de se reconstruire. L'appel inattendu de sa fille, disparue depuis plusieurs mois, va le contraindre à renouer avec son lourd passif de flingueur. Poursuivie par un cartel de narcotrafiquants suite à un braquage qui a mal tourné, Lydia l'embarque inévitablement dans sa propre chute. Mince comme du papier à cigarette, le scénar' de Blood Father fonctionne pourtant du tonnerre. Alors que Richet aurait très aisément pu articuler son synopsis autour d'une structure neuneu promettant un actioner pourrave made in EuropaCorp, ce dernier creuse magnifiquement la psychologie de ses personnages, leurs interactions et leurs quêtes d'expiation et de renaissance.

 

 

Blood Father s'appuie en effet avec une rare maestria sur la dimension dramatique de son histoire. Mel Gibson et Erin Moriarty - récemment vue dans la série Jessica Jones - sont impeccables de justesse. Presque fusionnels, les deux acteurs insufflent au métrage une incroyable tension et exacerbent avec brio les enjeux narratifs du métrage. Visage buriné, barbe broussailleuse et tatouages apparents, Gibson joue constamment sur les contrastes sans jamais sombrer dans les poncifs de la brute redneck au grand cœur. Superbe. Richer porte par ailleurs un regard extérieur souvent très juste sur l'Amérique profonde, et en profite pour dresser de ci et là quelques piques acerbes sur l'hypocrisie du système US, notamment en ce qui concerne la libre circulation des armes. Malins et jamais grossiers, les messages portés par le réal' sont distillés avec parcimonie, à l'instar de ses séquences d'action. Inutile en effet d'attendre de ce Blood Father un festival de pétarade et d'effets pyrotechniques. Jean-François Richer privilégie les séquences brutes et violentes, suffisamment rares pour marquer véritablement les esprits.

 

 

Sur le plan formel, Blood Father est probablement l'une des plus belles œuvres de cette première partie d'année 2016. Richer retrouve en effet le style vénèr qu'il avait laissé de côté afin de réaliser son métrage grand public, et magnifie des paysages arides qui contribuent indéniablement à la puissance et à l'aspect viscérale du métrage. Hypnotique et âpre, ce Blood Father impose dès ses premières images une ambiance désespérée, Richer retranscrivant par l'image toute la déchéance de ses personnages brutalisés par la vie, qu'il s'agisse du binôme père / fille ou encore des « gueules » qui les entourent - les assassins du cartel, les membres du club des alcooliques repentis -. L'approche artistique du cinéaste répond en ce sens au plus près du cahier des charges, et renforcée par une direction d'acteurs absolument magistrale dynamite un script qui entre d'autres mains aurait pu sembler passe partout.

 

 

Blood Father est bien plus qu'une petite série B parmi tant d'autres. S'il ne révolutionne à aucun moment les codes du cinéma, Jean-François Richer pose sur péloche un drame d'une remarquable intensité. Une très belle et poignante expérience de cinoche, peinturlurée de crasse et de rouille, qui ramène enfin l'immense Mel Gibson au premier plan. Immanquable.

 

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