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Critique Blood Island

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Grand gagnant du festival de Gerardmer 2011 et coup de cœur du périmé mais incontestable maître Dario Argento – alors président du jury –, Blood Island – anciennement Bedevilled – a provoqué l’excitation des spectateurs partout où il a été projeté. Une réputation sulfureuse pour un premier long métrage signé Yang Chul-Soo, Blood Island mérite amplement la réputation qui le précède. Comme tout bon film flirtant avec l’interdit, il verra son chemin tout tracé vers les bacs, les grands écrans n’étant pas prêts à l’accueillir. Avec un film où la beauté et l’horreur s’entremêlent sans concession et l’anti-machisme mis à l’honneur, la Corée prouve une nouvelle fois son talent, de quoi faire des jaloux.

 

 

 

La situation de la femme et l’opposition entre citadins et campagnards sont des réalités sociales présentes dans chaque pays à travers le monde, à des degrés différents allant de la simple plaisanterie jusqu’aux atrocités les plus abjectes. Le scénariste Kwang-young Choi a choisi la manière radicale en mettant en avant ces problèmes de société en choisissant de raconter l’histoire de deux amies que tout oppose. Bok-nam et Hae-won ont grandi sur une petite île isolée habitée par une poignée de paysans. Un jour, leur chemin se sépare et Hae-won part pour Seoul, capitale de plus de 10 millions d’habitants. Des années plus tard, forcée de prendre des congés suite à un surmenage à son travail, elle décide de revenir sur son île natale retrouver son amie d’enfance. C’est alors qu’elle va devoir faire face à une réalité bien loin de ses préoccupations habituelles. Non seulement armé d’une toile de fond solide et acerbe, Blood Island en décuple la portée grâce à des personnages passionnants et une structure narrative inattendue.

 

 

Au début du film, Yang Chul-Soo centre son récit sur Hae-won, citadine archétypale, afin de laisser le temps au spectateur de s’identifier au personnage et de suivre de près son arrivée sur l’île de Moodo. C’est alors que Bok-nam entre en scène et occupe peu à peu l’espace pour laisser Hae-won en arrière-plan. Ce changement de bord marque également le basculement du récit dans quelque chose de malsain, une horreur marquée au fer rouge bien pire que le final sanglant à venir. On y découvre la situation d’une femme bafouée, trahie, humiliée, violentée, le tout vécu d’une banalité affligeante par les quelques habitants de l’île. Blood Island met un point d’honneur à soigner ses décors. Soleil scintillant et nature paisible, tout semble aller bien dans le meilleur des mondes. Les paysages sublimes contrastent de manière radicale avec ce qui s’y déroule. La pellicule avance et s’enfonce dans le cœur du cyclone et le spectateur n’a pas d’autre choix que de découvrir des choses de plus en plus absurdes, faisant ainsi monter la pression et l’impuissance face à une telle situation.

 

 

Ce qui fait la force de Blood Island est la façon dont le réalisateur et son scénariste ne mettent aucun personnage sur un quelconque piédestal. Si les deux héroïnes semblent représenter ce qui est bon au sein des atrocités perpétrées sur l’île de Moono, on se rend compte qu’elles agissent et réagissent en fonction de leur environnement. Leurs actes – chacune à leur manière – sont loin d’être louables mais laissent simplement transparaître la faiblesse humaine. Un drame humain fort où des personnalités et des cultures s’entrechoquent va doucement amener Blood Island vers une toute autre direction, celle du slasher pur et dur. Quand certains réalisateurs s’évertuent à réutiliser une recette mainte fois préparée en prenant bien soin d’enlever toutes les saveurs, la première réalisation de Yang Chul-Soo – à l’image du tout récent Dream Home – démontre que ce sous genre malaimé ne manque pas de ressources. Dans son final, Blood Island nous livre un spectacle ahurissant de violence où gore et émotion font bon ménage. Un Grand Guignol jouissif qui libère de toute la frustration – derrière comme devant l’écran – engendrée par des images justement incisives. Si le métrage peut sembler tirer un peu sur la longueur et malgré ses quelques défauts, le générique nous fait mentir et on se dit simplement qu’il n’aurait pas pu en être autrement.

 

 

Blood Island frôle le chef d’œuvre et dynamite son auditoire aussi bien dans sa moralité que dans ses images explicites. Parfaitement maîtrisé et joliment interprété, la pellicule s’impose comme une des meilleures dans sa catégorie.

Auteur : TIBO

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