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Critique Blue Ruin

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Le minimalisme séduit les élites. Blue Ruin, petit film indé’ monté sur un budget des plus modestes, aura à ce titre gagné son ticket d’entrée pour une écrasante majorité des festivals les plus prestigieux. Nommé à de multiples reprises, le nouveau long-métrage de Jeremy Saulnier - See Girl Run, I Used to be Darker - n’aura pourtant raflé qu’un unique prix, celui du jury à Marrakech. Une petite moisson qui n’empêche pas le film d’emballer la critique, et ce malgré un script d’une relative légèreté. Car si Blue Ruin présente des qualités formelles des plus appréciables, son manque de consistance rend l’ensemble plutôt anecdotique, voire soporifique sur la longueur.

 

 

L’approche du film social est désormais bien connue. Sous prétexte de s’affranchir d’une œuvre sensitive, noire, vénéneuse, la tendance actuelle pousse à un dégraissage complet, à une approche quasi-suggestive des personnages. Jeremy Saulnier applique la formule au millimètre près, ce dernier couchant sur bandes une sombre histoire de vendetta qui dégénère rapidement dans une violence gratuite et incontrôlable. Blue Ruin n’échappe de ce fait à aucun des poncifs inhérents au cinéma pseudo-intello. Regards laconiques, ambiance pesante et dépressive, brutalité exacerbée et parcimonie des dialogues constituent donc la marque de fabrique d’un métrage qui déroule longuement et péniblement ces rares éléments. L’histoire s'avère elle plutôt basique. Dwight est un vagabond qui survit dans l’épave de sa voiture. Lorsqu’il apprend la libération de Carl Cleland après plus de dix années de réclusion, ce dernier entreprend d’assouvir une vieille vengeance et l’assassine froidement. La situation dégénère rapidement et les proches de Cleland répondent avec la même bestialité. Dwight entraine alors involontairement une famille qu’il avait abandonné dans sa propre chute. Bien que très classique, le script laissait présager un revenge movie sec, sans concessions. La construction narrative restera malheureusement plutôt mollassonne, voire paresseuse.

 

 

Blue Ruin est un thriller crépusculaire, sec. Jeremy Saulnier garde à cœur d’éviter les ressorts classiques, et exfolie son œuvre de tout rebondissement facile. Le film reste de ce fait particulièrement terre à terre, mais n’évite pas de nombreuses longueurs qui en torpillent partiellement l’intensité. Le déroulement est en effet académique, prévisible et convenu, tout comme l’issue de cet affrontement entre un individu balourd et une famille peu éduquée, nourrie à la violence. Le « héros » est intéressant sur bien des aspects : Jeremy Saulnier brosse une âme en peine, au bord du précipice, pensant trouver un soulagement à ses maux dans l’élimination directe de leur origine. La mue auto-destructive du protagoniste donne un certain corps à l’œuvre, mais ne suffit pas à lui insuffler la rythmique nécessaire. Blue Ruin pédale un peu à vide, presque machinalement et inéluctablement vers une conclusion attendue. L’ambiance est bien installée, les émotions et le tiraillement du personnage central touchent occasionnellement en plein cœur, mais Blue Ruin n’a rien à dire.

 

 

Bien qu’encore inexpérimenté, Macon Blair – un ami proche du réalisateur – livre une prestation habitée, saisissante de justesse. Ce dernier parvient à retranscrire avec sensibilité tout le désespoir d’un rôle pourtant hautement complexe et tout en contraste. Blair porte le film sur ses épaules, Jeremy Saulnier pouvant ainsi s’attarder plus de raison sur le langage corporel de son premier rôle. Le cinéaste livre par ailleurs un film très bien tenu, artistique poussé. Cadrages, mouvements, colorimétrie, montage, tout est travaillé à l’extrême. Blue Ruin donne pourtant l’impression de revêtir l’habillage typique du projet indépendant qui mise ses atouts sur son ambiance triste et décharnée. Une beauté plastique qui s’accorde comme promis à de rares poussées de violence, saillies soudaines qui n’agissent pourtant jamais comme de véritables coups de poing.

 

 

Blue Ruin sera probablement taxée de merveille sensitive par certains. S’il n’est pas totalement hermétique, le film de Jeremy Saulnier pourra cependant peiner à captiver, tant il s’avère dépouillé et avare en véritables retournements de situation. Le passif du personnage principal, bien que trop rapidement expédié, ainsi que l’implication remarquable de Macon Blair imposent quelques soubresauts de ci et là, mais Blue Ruin peine globalement à convaincre.

 

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Combien font : 67+15

Votre réponse :

korku 15-11-2014
Un film qui souffre de froideur émotionnelle.
Cathedrale 21-07-2014
bah, il est classique mais plaisant!

j'aime beaucoup le premier quart d'heure.

 

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