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Critique Blue Velvet

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Face à un film de David Lynch, à un moment ou à un autre, on est déboussolé, choqué, ému ou effrayé. C'est le cas en ce qui concerne Blue Velvet, premier d'une longue série de bombes que le réalisateur livra sur une bonne dizaine d'années - Sailor et Lula, Twin Peaks, Lost Highway et Mullholand Drive -. Blue Velvet ouvre donc la voie et contient de nombreux gimmicks du réalisateur, spécificités qui en font un magnifique brouillon aux œuvres suivantes. Brouillon car ce dernier ne fait qu'effleurer la face fantastique des films à venir, et magnifique car Blue Velvet est un métrage unique et plus pervers que ses successeurs.

 

 

Dans la belle petite ville de province américaine qu'est Lumberton, M. Beaumont est victime d'une crise cardiaque en arrosant son gazon. Son fils Jeffrey, qui vient de lui rendre visite à l'hôpital, découvre une oreille humaine dans un champ. Cette oreille, en décomposition, est couverte d'insectes. Jeffrey amène immédiatement sa trouvaille à l’inspecteur Williams et fait ainsi la connaissance de sa fille, la jolie Sandy. Poussé par la curiosité et un certain goût pour le mystère, Jeffrey va mener l'enquête avec elle pour découvrir à qui appartient cette oreille et ce que cache cette histoire macabre, et ce faisant va rencontrer Dorothy Vallens, chanteuse exploitée par le gangster Frank Booth. Sur une trame simple, David Lynch va peu à peu greffer des éléments perturbants, comme à son habitude, dévoilant la face cachée sous le vernis brillant des banlieues. Tout comme Twin Peaks, Lumberton possède une part d'ombre fascinante et violente. Ici, point pourtant de fantastique, juste des gens aux comportements étranges et dérangeants. Le héros, jeune homme à priori bien sous tout rapport, se laisse entraîner dans cette noirceur, loin de son monde. Là, sexe, attirance physique et amours déviants vont rimer avec viol, perversion et meurtres. Se profilant comme un film noir, Blue Velvet va à un moment basculer dans un monde autre – thème cher au réalisateur – quand le tout penaud Jeffrey va devoir affronter le violent psychopathe Franck Booth, qui aime abuser de Dorothy en l'appelant sa maman, tout en se montrant brutal et vicieux. 

 

 

Blue Velvet exerce sur le spectateur une fascination gênante, dévoilant le côté obscur de tout un chacun. On est donc tour à tour choqué, dérangé ou sidéré tout en ne pouvant en perdre une miette. A ce titre, on a rarement été aussi proche du personnage principal, véritable guide dans l'univers de Lynch, qui nous entraîne irrémédiablement vers une conclusion brutale et finalement attendue, car on sait qu'on ne peut sortir indemne d'une telle aventure. Tout comme Jeffrey, le spectateur laissera des plumes dans ce périple et peut-être que, à l’instar du « héros », il en aura appris un peu plus sur lui-même. Le film fait bien le distinguo entre les deux univers qui composent Lumberton, et on comprend aisément pourquoi Jeffrey veuille délaisser celui lisse de sa banlieue. Il faut souligner que Lynch ancre son œuvre dans un réalisme unique, car les personnages aux comportements dérangés qu'il met en scène sont susceptibles d’être croisés à tout moment dans sa propre vie. David Lynch sait mieux que quiconque leur donner vie cinématographiquement et c'est en cela que son œuvre fascine. Ainsi, Dorothy est passive, terrifiée par Booth, prête à tout accepter. Ses réactions parfois anormales sont au final réalistes, et c'est ce qui dérange autant. Lynch apporte tellement d'attention aux outils à sa disposition – mise en scène travaillée, musique et bruitages, rien n'est laissé au hasard –  qu'il rend une copie quasi parfaite au niveau visuel et sonore, où l' on regrette juste la simplicité de la trame scénaristique, habitués que nous sommes à celles plus complexes des œuvres à venir. 

 

 

Première collaboration avec son compositeur fétiche, Angelo Badalamenti, Blue Velvet baigne dans une musique éthérée et envoûtante. Le point culminant sera le playback du personnage de Dean Stockwell, qui offre une des scènes les plus fortement dérangeantes du cinéma de Lynch. Les autres acteurs sont au diapason, que ce soit un Kyle Maclachlan parfait en jeune innocent, ou Isabella Rossellini sulfureuse et fascinante. Dennis Hopper éclipse cependant ses partenaires de jeu en campant un méchant  génialement fou. Ce dernier offre une prestation digne de celle de Nicholson dans Shining, contrairement à la fade et irritante Laura Dern, malheureusement destinée à être souvent présente dans les œuvres futures de David Lynch. 

 

 

Pour découvrir le cinéma de Lynch, celui qui lui ressemble le plus, Blue Velvet est le film par lequel débuter. Simple dans son intrigue mais empreint de perversion et baignant dans une ambiance captivante, ce grand prix du festival d'Avoriaz 1987 reste ancré dans une réalité certes perturbante mais crédible dans sa noirceur. Blue Velvet passionne, en dépit de sa lenteur, surprend par ses coups d'éclats violents et hystériques, et au final se pose comme l'un des meilleurs films de David Lynch.

Auteur : TONTON

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