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Critique Book Of Blood

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Desservi par une flopée d’adaptations à l’intérêt plus que douteux - le calamiteux Fléau selon Clive Barker -, l'auteur culte Clive Barker avait annoncé dernièrement son souhait de détacher son univers littéraire de l’industrie cinématographique. L’année 2009 aura pourtant apporté deux nouveaux projets inspirés des écrits de l’écrivain anglais, dont un Midnight Meat Train sombre et poisseux, proche de la violence graphique et viscérale dont témoignaient les excellentes retranscriptions de Hellraiser et Candyman, le métrage avait su s'imposer comme une bobine passionnante et sans concessions. Des qualités indiscutablement absentes de cette très attendue adaptation des Book Of Blood, malheureusement médiocre à plus d’un niveau. Promis à un bel avenir parmi les bacs des soldeurs, ce métrage de petite envergure s'avère plutôt dispensable.

 

 

Reconnaissons cependant aux scénaristes une grande difficulté d’adaptation. Ecrites sous la forme de nouvelles, les deux récits retravaillés pour les besoins du film n’outrepassent pas la vingtaine de pages, ces deux derniers induisant inévitablement une certaine simplicité et un cruel manque de profondeur une fois déroulés sur l’heure et demie de rigueur. Si l’idée avait de quoi séduire - un étudiant réceptif aux phénomènes occultes devient le support des pensées des morts, qui inscrivent leurs mémoires en lettres de sang sur son corps -, Book Of Blood ne parvient jamais à l’instauration du fameux climax et se perd dans un développement outrageusement répétitif. Les premières minutes, chronologiquement situées à la fin du récit, agissaient pourtant comme un savoureux prélude d’une œuvre que l’on aurait imaginé flirter plus volontiers avec la démence et l’anticonformisme propres aux dérives de Clive Barker. Suite à plusieurs meurtres sanguinolents offrant d’ailleurs au réalisateur l’occasion de mettre en boite l’unique scène véritablement mémorable de Book Of Blood, à savoir l’exécution atroce d’une jeune fille suite à une séquence de possession digne de l’Exorciste, une petite équipe constitué d’un professeur, de son assistant ainsi que d’un universitaire médium prennent possession des lieux afin d’étudier les phénomènes paranormaux. Et s’installe avec eux une routine qui oriente Book Of Blood vers un second acte roublard, conséquence d’un scénario peu adapté au format long-métrage.

 

 

Malgré ses vingt premières minutes très réussies assorties de quelques rares mais cependant impressionnants débordements  gores, Book Of Blood s’enlise de ce fait rapidement dans une histoire à l'ancienne de maison hantée. Des bobines vues et revues, clonées à l’occasions de quelques résurgences modernes de bas étages - Hantise - et auxquels l’œuvre de John Harrison n’apporte clairement rien de neuf. Les scènes pseudo-effrayantes s’enchainent sans éveiller grand intérêt, Book Of Blood tournant gravement en rond en multipliant les séquences nocturnes d’apparitions et de possessions rarement visibles à l’écran. Sans témoigner de la violence exacerbée des précédentes adaptations du torturé Clive Barker, Harisson essaye au moins de greffer à se huit-clos lassant un érotisme mesuré mais ici totalement vain. Alors que l’aspect sadomasochiste d’un Hellraiser servait sans conteste un récit déviant et accablant de noirceur, les rares dérives sexuelles de Book Of Blood ne servent qu’à tenter de sortir le spectateur d’un insondable coma inhérent à la lenteur de son déroulé. Essai manqué. Confinée dans un lieu unique, l’histoire décollera légèrement à l’occasion d’un twist final plutôt intéressant mais cependant trop rapidement bâclé. En compilant les seules scènes d’apparitions fantomatiques véritables, les dernières minutes renouent partiellement avec l’esprit glauque, malsain et cruel de Clive Barker, mais laissent quelques questions en suspens et ne parviennent pas à apporter un véritable surplus d’intérêt une bobine très moyenne.

 

 

Si le fond manque clairement à l’appel, la forme n’extirpe pas Blook Of Blood du marasme dans lequel il s’englue définitivement passé le premier tiers de l’histoire. Celle-ci permet au moins au film de témoigner d’un certain savoir-faire. Alors que Midnigth Meat Train témoignait de quelques expérimentations particulièrement étranges, John Harisson se limite ici à shooter son film d’une façon ultra-classique, et se rapproche ainsi de maitres-étalons comme Poltergeist ou Amytiville. Une réalisation adaptée au propos. Sa direction d’acteur est tout aussi soignée, et d’autant plus indispensable que l’œuvre s’articule autour de trois uniques personnages. Impeccables malgré un casier cinématographique méconnu, chaque participant au projet s’en tire à merveille, à commencer par un Jonas Armstrong mystique et ténébreux dans le rôle de l’étudiant doté de visions prémonitoires. De très bons points qui évitent à Book Of Blood le naufrage total et complet.

 

 

Non dénué de quelques qualités, Book Of Blood reste cependant un piètre reflet du talent de conteur cauchemardesque de Clive Barker. Une adaptation probablement impossible qui manque clairement son objectif, et qui se révèlera tout juste adaptée à une sortie DTV pour public peu exigeant. Une expérience à tenter pour les inconditionnels de Barker, ainsi que pour les éternels nostalgiques d’un Amytiville qui avait su faire son petit effet à l’époque de sa sortie. 

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