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Critique Brick Mansions

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Luc Besson a construit un concept. Réal’ aux idées très américanisées, ce dernier livre aujourd’hui du pur produit de consommation par ramettes entières. Un travail à la chaine qui ne répond désormais plus qu’à une logique commerciale, l’artiste s’étant plus ou moins éteint au profit du faiseur. Besson a l’expérience, le savoir, le talent. Mais Besson répond avant tout aux attentes d’un public gavé aux blockbusters copiés collés. Scénariste-producteur d’une incalculable palanquée d’œuvrettes dispensables -  Le Transporteur, 3 Days to Kill, Taken -, le cinéaste multi-casquettes est par ailleurs passé expert dans la recyclage. Projet franchouillard anecdotique, Banlieue 13 profite donc aujourd’hui d’un nouvel enrobage calibré pour l’étranger. Brick Mansions, capturé par un « yes-man » promu réalisateur après une balle carrière de monteur labélisée EuropaCorp, fait donc du neuf avec du vieux.

 

 

Besson et son poulain Camille Delamarre connaissent les codes du film d’action grand-public sur le bout des doigts : une grande louche de bastons épileptiques, de la musique qui fracasse la tronche, un zeste de bons sentiments et une violence soigneusement lissée. Le postulat initial ne prend pas même le temps de reformuler un tant soit peu celui de « l’œuvre » réécrite. Ni même d’en changer le principal protagoniste, qui rempile sans sourciller. Pourquoi pas. Bien qu’honteusement pompé sur le cultissime New-York 1997, le scénario affichait des prétentions quasi post-apo plutôt sympatoches et propices à dérouler un message politique bien senti. Le scénarise-producteur de Brick Mansions ne voit une nouvelle fois pas les choses de cet œil. Tout comme son ainé, le métrage reste un pur divertissement décérébré à l’esthétique vidéo particulièrement cheap. Damien Collier, flic de l’extrême en art-martiaux, est ici chargé d’infiltrer le ghetto de Brick Mansions, zone de non-droit barricadée par la milice de la ville. Ce dernier doit neutraliser une arme de destruction massive dérobée par le gang de Tremaine. Collier va pour se faire s’associer avec Lino, un acrobate au grand cœur qui cherche à récupérer sa fiancée, détenue par Tremaine. Passé une longue séquence introductive qui ne sert strictement à rien, Delamarre pose les grandes lignes en quelques séquences. Et enchaine par la suite les cabrioles.

 

 

Brick Mansions ne déborde jamais aux entournures, ne s’autorise aucune originalité. Camille Delamarre pose sur péloche un film de clippeur, et se vautre donc dans tous les clichés possibles et imaginables. Musique hip-hop dès que deux-trois ghetto-gangsters de pacotilles pointent à l’écran, dégaines ridicules et bijoux bling-bling à l’appui, ralentis bien appuyés, réplique débiles : Brick Mansions cumule les tares sur toute la longueur. Les enjeux dramatiques sont d'ailleurs torpillés avant même l’instauration d’un semblant de climax. Seule compte l’action, qui bien qu’occupant tout l’espace témoigne d’une mollesse presque inédite. L’athlétique David Belle saute dans tous les recoins mais les chorégraphies paraissent si invraisemblables qu’elles dynamitent d’entrée la crédibilité des affrontements. Logiquement, les personnages sont à peine esquissés, et le plus souvent ridicules. Le méchant « méga bad-ass mais pas trop » coupe des poivrons, donne des ordres en caricaturant le tough guy du tiéquar et change plus ou moins de bord à l’occasion d’un cliffanher final absolument ridicule. Les deux héros beaux gosses galopent de leur côté dans tous les sens, ratatinent une brute épaisse au faciès bloqué en mode bouledogue et laissent exploser un trop plein de franche camaraderie traduit par des « ‘bro » et autres accolades à répétition. Beurk.

 

 

Camille Delamarre a bien été formé à l’école Besson. Son film témoigne donc d’une approche artistique propre à la petite cinquantaine de films produits par le gourou barbu sur la dernière décennie. Brick Mansions est en effet shooté comme un jeu vidéo épileptique, et concentre sur un timing ultra-resserré – à peine 1h20 – un maximum de séquences énervées. Le film carbure certes, mais adopte parallèlement une réalisation extrêmement fatiguante proche de celle d’une publicité pour un produit branché. L’ultra-cut est de rigueur pour ce produit stylisé dans les moindres recoins. Parfois illisible et assommant – la bande-son est effroyable –, Brick Mansions ne laisse cependant jamais tomber la tension. Le film est en effet énergique, parfois jusqu’à l’overdose. Les acteurs, clairement recrutés pour leurs capacités physiques, parcourent donc la bobine sans véritablement marquer les esprits. Le gendre idéal Paul Walker livre d’ailleurs l’une de ses dernières prestations en se glissant dans la peau d’un flic dupliqué de son Brian O'Connor de Fast & Furious, et affiche comme à son habitude un certain capital-sympathie, le métrage ne s’attardant pas plus que de raison sur ses personnages.

 

 

Brick Mansions est un gros bis construit sur un schéma Bessonien désormais bien connu. Probablement rédigé et shooté en vitesse, le film se laisse regarder d’un œil distrait, bien qu'il soit constamment plombé par des poncifs lourdauds. L’ensemble est certes un poil meilleur que Banlieue 13, mais laisse encore et toujours le sentiment de n’exploiter qu’en surface une idée pourtant intéressante. Du cinéma Mc Do, vite vu, vite oublié.

 

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Combien font : 64+25

Votre réponse :

BEN 13-07-2014
Corrigée, pardon.
BEN 13-07-2014
Merci Gamusa pour ta vigilance et ton commentaire. La petite erreur est corrigé !

Gamusa 12-07-2014
Petite erreur de frappe ?

"Camille Delamarre a été formé a bien été formé à l’école Besson."

Sinon bonne critique comme d'habitude.

 

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