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Critique Butcher 3

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Adam Green est un cinéaste timbré. Remarqué pour son travail sur une série romantique partiellement financée par le géant Disney – Coffee & Donuts –, ce dernier profite à l'époque d’un début de renommée pour bricoler ButcherHatchet en version originale – dans son coin. Monté avec deux-trois bouts de ficelle, ce copycat à peine masqué de Vendredi 13 se taille une solide réputation en exposant fièrement les valeurs du film d’horreur old-school. Tartiné de gore jusqu’à plus soif, émaillant ses séquences de brutalité de nudité purement gratuite, le film s’épanche volontairement dans tous les poncifs possibles et imaginables de la série B. Au-delà d’une forme très classique et d’un déroulé sans surprise, Butcher parvient pourtant à remplir ses objectifs en se profilant comme un produit horrifique particulièrement fun. Et pour lequel la mise en production rapide de séquelles semblait presque inévitable.

 

 

Produit, écrit et mis par Adam Green, Butcher 2 se présentait comme une excroissance nettement plus saignante et osée du film original. Le troisième opus n’en change nullement les codes, malgré la nomination derrière la caméra de BJ McDonnell, opérateur caméra ayant collaboré aux deux premiers volets. McDonnell connait donc parfaitement la grammaire du projet, Butcher 3 étant de plus prémâché par Green qui conserve la casquette de scénariste et de producteur. Comme tout bon slasher cradingue, le film propose en effet une énième remise à zéro. Retour donc dans le bayou puant de Victor Crowley, mis à mal par la pauvre Marybeth. Bien que dégommé à coups de hache puis scié en deux par la frêle jeune fille, le monstre revient dès la nuit suivante à la vie. Green et McDonnell ne prennent pas vraiment le temps de s’attarder sur le pourquoi du comment, Butcher 3 déclarant par là-même son attachement aux films d’antan dans lesquels les boggeyman ressuscitaient de manière imbécile sans que personne ne s’en soucie. Crowley recolle les morceaux, recoud la salopette et se lance donc dans une nouvelle vendetta contre l’espère humaine. Coup de bol, l’Amérique a cette fois envoyé tous les flics du coin, le SWAT et un bon paquet de médecins légistes. Autant de personnages purement anecdotiques qui ne serviront qu’à se faire trucider de mille et une manière par le quasimodo attardé de la forêt.

 

 

Butcher 3 tache dur. Si la brutalité exacerbée du métrage n’a désormais plus rien de surprenante, BJ McDonnel prolonge l’esprit des précédents volets en conservant l'humour intact. Son travail reste complètement décomplexé, buriné mais jamais malsain ou gratuit. Butcher 3 est un pur divertissement pop-corn et volontairement débile, dans lequel les meurtres hautement improbables pullulent avec une frénésie plutôt déconcertante. Arrachages de membres divers, écrasages de tronches et autres extirpations de boyaux sont ici opérés dans un festival de grimaces et de répliques faisandées qui confèrent au métrage un aspect nanardesque ultra-savoureux. Green et McDonnel accélèrent d’ailleurs grandement la rythmique sur ce troisième opus, qui reste à ce jour le plus furieux et inventif de la franchise. Etonnamment, les deux cinéastes minimisent pourtant l’importance de Marybeth Dunston, qui passe du statut de combattante de l’extrême à celui de prisonnière passive pendant la majeure partie du métrage. Dommage. Misant autant sur la présence de ses guests-stars – Tony Todd sur le second volet, Kane Hodder – que sur sa propension à user d’hectolitres d’hémoglobine, Butcher 3 compense légèrement en installant de nouveaux personnages plutôt fendards. Parry Shen revêt donc la défroque d’un troisième intervenant – les deux premiers ayant succombés à Crowley –, alors que le légendaire Sid Haig campe un vieux toqué vicelard.

 

 

Butcher 3 ne révolutionne absolument rien. Si l’objectif est tout à fait assumé, la nomination de McDonner au poste de réalisateur permet néanmoins à cet épisode de présenter une approche artistique nettement plus soignée que ses prédécesseurs. Butcher 3 se débarrasse enfin de son habillage de téléfilm dégueu et mal branlé pour présenter des éclairages plus appréciables et une réalisation posée. La franchise en profite d’ailleurs pour changer de format,  adoptant enfin un scope probablement permis par un budget revu à la hausse. Même constat côté casting. La déconne reste certes de rigueur, mais les dialogues sonnent nettement mois faux que par le passé. Bien que reléguée au second plan, la petite Danielle Harris – Halloween 4 et 5, et les deux épisodes de Rob Zombie – est une nouvelle fois excellente et dessine une héroïne burnée parfaitement inscrite dans la tradition du genre.

 

 

Butcher 3 fleure bon les eighties. Saignant à souhait et bardé d’un second degré appuyé, le métrage de BJ McDonner est une pantalonnade horrifique sans prétentions. Un film parfait pour la séance de minuit, à réserver aux aficionados de gore fun sans queue ni tête. Excellent.

 

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