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Critique Byzantium

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Vingt ans après Entretien avec un vampire, Neil Jordan revient sur cette figure mythique qui a été quelque peu malmenée ces dernières années. On pense immédiatement à Twillight avec raison. C'est moins la piètre qualité de ces films qui est en question, que la manière dont ils ont redessiné le mythe du vampire. La fin des années 90 a également vu sortir des œuvres telles que Blade ou le Vampires de Carpenter, deux œuvres couillues qui ont donné un petit coup de jeune aux créatures de la nuit. Une décennie plus tard, le vampire trouve plus volontiers une vitrine dans des œuvres destinées aux adolescent(e)s. C'est donc avec un réel plaisir qu'on voit arriver Byzantium, qui, s'il n'est pas une révolution, redonne ses lettres de noblesses à un genre qui s'était un peu perdu.

 

 

Byzantium nous raconte l'histoire de deux femmes, Clara - Gemma Arterton - et sa fille de 16 ans Eleanor - Saoirse Ronan -, toutes deux vampires. Le film se concentre principalement sur ces deux personnages, bien qu'il navigue volontiers entre plusieurs époques et plusieurs autres personnages, nous montrant le quotidien des deux femmes deux siècles plutôt et la manière dont elles sont devenues vampires. La première chose notable est le soin que prend le film à éviter nombre de clichés – pas tous – tout en se réappropriant la figure du vampire. On suit avant tout les relations tumultueuses entre Clara et sa fille, qui au-delà de leur condition de vampire, connaissent des problèmes somme toute très communs. Leur priorité est moins de se nourrir que d’arriver à affronter la vie dans ce qu’elle a de plus concret – trouver un endroit où dormir, de l’argent, etc. –. Par ailleurs, la relation tendue qui existe entre elles tient plus du drame humain que du conte fantastique. 

 

 

Dès le début du métrage, on nous montre Clara comme un personnage ultra-sexualisé – le physique de Gemma Arterton étant un réel atout –, extrêmement pragmatique et violente si cela s'avère nécessaire. On renoue ici avec la figure du prédateur  propre au mythe du vampire. Quant à sa fille, Eleanor, destinée à être une éternelle adolescente, elle est presque une antithèse symbolique de sa mère. Là où cette dernière est très pragmatique, vit dans l'instant – elle vend son corps car c'est le moyen le plus rapide, selon elle, pour se faire de l'argent –, Eleanor, elle, est totalement perdue. Elle traîne son immortalité comme un fardeau et ne peut réellement investir son présent, tant elle se voit tiraillée par son passée et son inaptitude à incarner son avenir. Par ailleurs, elle se différencie de sa prédatrice de mère, dans sa manière de se nourrir. Elle a décidé de ne boire le sang que de personnes sur le point à mourir  – ce qui peut poser la question de l'euthanasie, question que Byzantium n'interroge pas réellement –. Ces deux personnages, par leurs caractéristiques, permettent de revenir à des thématiques classiques concernant les vampires – sexualité, prédation, rapport au temps et à l'immortalité – par l'intermédiaire d’un rapport mère fille qui l'est beaucoup moins.

 

 

Concernant la narration, celle-ci n'est pas linéaire, et le rythme global s'avère assez lent. Ce qui n'est pas un défaut car cela permet de très bien illustrer la langueur et la mélancolie d'Eleanor. Neil Jordan ayant déjà une solide expérience, le métrage a été réalisé avec beaucoup de soin. Si le tout s'avère très classique, cela n'en reste pas moins extrêmement élégant. La réalisation embrasse donc pleinement son sujet, en incarnant par l’image les différents aspects des personnages, de la brutalité à la mélancolie. La manière dont se déroule l'histoire peut de prime abord déstabiliser le spectateur. On saute d'une époque à l'autre, l'histoire des personnages se reconstitue peu à peu mais pas de manière chronologique. Au destin de ces deux femmes se greffe l'histoire d'une île mystérieuse, une amourette adolescente, de membres d'un ordre mystérieux. Autant de choses qui croisent l'histoire, tout en la nourrissant, mais qui demandera une certaine patience au spectateur pour voir tous ces éléments disparates se rassembler. C'est d'ailleurs l'un des défauts que l'on peut reprocher au film, celui de vouloir « en faire beaucoup ». Cette alliance entre des aspects plus intimistes et touchants au quotidien, avec la dimension historique du métrage, produit une certaine hétérogénéité dans le propos. De plus, la narration, globalement assez lente, pourra rebuter. Cela n'est pas rédhibitoire car une fois entré dans l'histoire, on se laissera porter facilement grâce aux nombreuses qualités de la bobine. Dans le cas contraire l'expérience sera peut-être plus laborieuse.

 

 

Byzantium est donc une excellente surprise qui renvoie le vampire à ses premiers amours – le sexe et le sang – tout en inscrivant ses personnages et son action de façon plus atypique, voire poétique à l'occasion. On pourrait pinailler et se concentrer sur ses quelques défauts, mais ce serait passer à côté de l’essentiel. Neil Jordan, en bon artisan qu’il est, nous gratifie donc d’un très bon métrage, mais, qui au final, est beaucoup moins « évident » et « abordable » qu’Entretien avec un Vampire de par sa construction et son histoire.

Auteur : CURWEN

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