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Critique Cabin Fever 2016

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Tourné pour une bouchée de pain, Cabin Fever propulsera Eli Roth sur le devant de la scène. Une mise en lumière que ce dernier doit à un certain Quentin Tarantino, éternel adepte de cinéma bis tombé sous le charme de cette petite péloche parfois bancale mais assurément généreuse. Celui-ci offrira à Roth le soutien financier nécessaire à la mise en boite de ses deux Hostel ainsi que l’opportunité de participer activement à l’élaboration de l’acclamé Inglorious Basterds – aussi bien devant que derrière la caméra –. Des projets qui éloigneront le réalisateur-scénariste des séquelles de Cabin Fever, montées avec difficulté par des studios qui hésitent sur la direction à prendre. En résulte deux épisodes par forcément mauvais, mais assez éloignés du ton et de l’esprit originel. Partiellement détenteur des droits, Roth solutionne ce soucis de cohérence artistique en rebootant la franchise et en supervisant de près ce Cabin Fever 2016.

 

 

Cabin Fever où l’enfer de la pré-production. Passée de studio en studio, la série aura connu les affres des réécritures, remontages et coupes budgétaires en tous genres. Lionsgate rachète tout d’abord les droits et confiera le second volet au prodige Ti West, avant de laisser trainer la copie de nombreux mois dans ses tiroirs pour finalement charcuter l’ensemble sans l’aval de son géniteur. La série passe ensuite par les mains de Voltage Studios, qui annonce deux volets puis se ravise et privilégie finalement un unique métrage fauché,  pas forcément dégueu mais distribué en catimini. Roth et son réalisateur Travis Zariwny remettent ici les choses à plat et se risquent au remake, certes prématuré – l’original date de 2002 – mais désormais nécessaire. Alors que le film initial se profilait à plus d’un titre comme une déclaration d’amour au Evil Dead de Sam Raimi, Cabin Fever 2016 témoigne presque de la même orientation que sa relecture de 2013. A savoir forcer le trait sur la noirceur, l’horreur poisseuse et les images chocs au détriment de l’humour parfois décalé. Cabin Fever 2016 s’inscrit donc définitivement dans son temps, le métrage recyclant sans surprise le postulat – des jeunes confrontés à une maladie dévoreuse de chairs et hautement contagieuse – en complétant le canevas de son modèle de légers éléments laissés de côté à l'époque.

 

 

Bien que Travis Zariwny ne dispose ici d’un budget nettement plus conséquent que les deux précédents films réunis, ce dernier couche sur pellicule un « petit » film d’horreur très téléphoné et résolument destiné aux fanatiques du genre. Celui-ci témoigne à ce titre d’un profond respect pour ses classiques, parfois malheureusement jusqu’à sombrer dans certains poncifs un peu gênants. L’aspect résolument hardcore et sans concessions de la bobine marquera assurément des points auprès des aficionados – oui, l’ensemble est extrêmement gore et oui, il y a de la nudité –, mais le manque de soin apporté aux dialogues ainsi qu’à la vraisemblance du film torpille fréquemment toute tentive de climax. Ce qui pouvait sembler amusant dans le cadre d'une série B à l'esprit eighties – ce qu'était le film original – passe beaucoup moins bien lorsque l'approche se veut plus sombre et moderne. Le spectateur passera éventuellement outre le fait qu’après trois décennies de films d’horreur une bande de jeunes soit toujours désireuse de passer une semaine de vacances au cœur de l’Amérique profonde, mais pardonnera plus difficilement un élément déclencheur complètement idiot qui voit ces derniers bouter le feu à un mec malade venu demander de l’aide. Ni même que les autochtones soient parfaitement au courant de la présence d’un virus dans les parages, ou encore que la sherif laisse filer un jeune homme qui lui déclare pépère que sa bagnole est recouverte de sang mais qu’ils n’ont rien à voir là dedans. La liste pourrait malheureusement être longue. Cabin Fever 2016 regorge en effet de détails crétins, de retournements hallucinants voire de faux raccords absolument scandaleux qui nuisent considérablement au « semi-sérieux » voulu par le réalisateur. Des scories qui empêchent de ce fait le métrage de bénéficier d’une véritable ambiance, voire d'un semblant de tension.

 

 

Ces maladresses scénaristiques sont d’autant plus regrettables que ce Cabin Fever 2016, contrairement à ses prédécesseurs, témoigne d’une direction artistique vraiment intéressante. Le métrage est éclairé avec soin, bénéficie de maquillages impressionnants ainsi que d’une réalisation parfois bien inspirée. Zariwny utilise en effet son enveloppe budgétaire à très bon escient, et capture une multitude de plans audacieux, voire occasionnellement virtuoses – le travelling aérien dans les bois, magnifique –. Le casting est par ailleurs convaincant bien que constitué de relatifs inconnus. Les personnages sont ici plutôt bien travaillés, Roth et Zariwny profitant du film pour brosser gentiment le portrait d’une génération d’ados gangréné par l’individualisme et les nouvelles technologies. Le message n’est pas toujours très fin, mais ce Cabin Fever 2016 a au moins le mérite de ne pas se reposer sur les sempiternels personnages stéréotypés habituels. Un très bon point.

 

 

Cabin Fever 2016 est un film mi-figue mi-raison. Construit sur de solides bases, techniquement irréprochable et bourré de bonnes intentions, l’ensemble échoue pourtant à s’habiller du suspense et de l’effroi attendus. La faute à un certain « je m’en foutisme » affiché par le script, qui sombre malheureusement trop souvent dans des dénouements / rebondissements improbables. Espérons que le producteur Eli Roth retiendra les leçons de ce semi-échec – ou semi-réussite – pour une éventuelle séquelle, plus ou moins annoncée par la fin ouverte de ce remake.

 

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