film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique Cabin Fever 3 : Patient Zero

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Eli Roth est probablement l’un des cinéastes les plus timbrés des années 2000. Remarqué avec Cabin Fever, un projet indépendant qu’il a patiemment construit pendant près de sept années, ce dernier abandonnera pourtant complètement la franchise aux mains des studios. Muselé par les exécutifs, le prometteur Ti West en conservera par la suite un goût amer. Charcuté et remonté par Lionsgate, son Cabin Fever 2 : Spring Fever restera de longs mois dans les tiroirs de ses producteurs. Bien que fun et craspec, le film de West se profilait comme un produit bancal, assez peu respectueux de l’esprit et de l’esthétique du premier opus. Désormais passée entre les mains de sociétés microscopiques – Film002 et Indomina Group –, la série profite de ce troisième opus pour renouer avec le travail de Roth. Car si Cabin Fever 3 : Patient Zero se veut nettement plus fauché que son prédécesseur,  le film de Kaare Andrews s’avère plutôt bien mené.

 

 

Sur le papier, Cabin Fever 3 : Patient Zero avait pourtant de quoi faire grincer des dents. Imaginé comme une « demi-préquelle », le film était en effet annoncé comme la première partie d’un long « retour à la case départ » qui se verra prochainement complété par Cabin Fever 4 : Outbreak. Outre la manœuvre commerciale un brin faisandée – une bonne idée ne semble désormais plus pouvoir exister en conservant une certaine part de mystère –, la simplicité du script de Cabin Fever premier du nom ne semblait pas exiger un coup de projecteur si ambitieux sur ses origines. Kaare Andrews ne se risque heureusement pas à mettre en image un synopsis d’une débordante complexité. Si ce n’est la présence d’un fameux « premier contaminé » dont on ne saura d’ailleurs jamais rien de l’historique, Cabin Fever 3 : Patient Zero pourrait d’ailleurs se présenter comme une simple séquelle tant il s’évertue à dupliquer les codes du métrage d’origine. Isolés sur une île prétendue déserte afin de se payer un peu de bon temps, un groupe de jeunes gens découvre dès leur arrivée qu’ils sont les victimes de réactions allergiques plutôt virulentes. Parallèlement, une équipe de scientifiques mène au cœur de l’île une série d’expériences sur un individu contaminé par le virus mais étonnamment insensible à ses effets. Kaare Andrews développe donc deux semi-intrigues et use ici d’un montage alterné afin de les mener progressivement à se recouper au moment du cliffhanger final. Si les deux histoires se veulent simplistes, le métrage reste habile dans sa narration et s’épaule d’une structure bien articulée lui conférant un suspense nickel-chrome.

 

 

Contrairement au second opus, Cabin Fever 3 : Patient Zero est un pur film d’horreur. Andrews délaisse à ce titre plus volontiers l’humour qui caractérisait le travail de Ti West, bien que l’ensemble n’en conserve quelques saillies de ci et là. Le film offre deux-trois moments rigolards – le bidasse qui se tue avec le recul de son arme, le cunnilingus morbide, clin d’œil à la fellation du précédent épisode –, mais privilégie un gore frontal et bien appuyé. Mais si Cabin Fever 3 : Patient Zero se veut excessivement saignant et cradingue, Andrews évite soigneusement l’écueil de la violence gratuite. L’usage du gros rouge qui tache est assurément décomplexé, souvent fun, et explose dans un sprint final qui accumule les séquences dégueulasses avec une incroyable frénésie – l’affrontement entre les deux bimbos en décomposition vaut son pesant d’or –. En contrepartie de cette approche gore old-school et sans prise de tête, le cinéaste délaisse malheureusement ses personnages, dont les caractères à peine esquissés s’accordent sans surprise à l’intérêt tout relatif d’un synopsis avare en nouveautés et en rebondissements. Rien de bien choquant pour la franchise, qui a fait de ce constat un état de fait depuis son premier opus. Les protagonistes sont positionnés là en simple chair à virus, point.

 

 

La distribution est pourtant de qualité. Bien que constituée en majeure partie d’inconnus au bataillon – faible budget oblige –, le casting s’appuie sur la présence de Sean Astin – la trilogie du Seigneur des Anneaux, la série 24 –, qui campe un personnage ambigu aux intentions troubles, et rafle par la même occasion le seul rôle un peu creusé du métrage. Espérons que ce « patient zéro » servira de lien entre ce volet et le futur Cabin Fever 4 : Outbreak. L’approche artistique est par ailleurs correcte. Kaare Andrews livre un métrage globalement plus soigné que celui de Ti West et parvient même occasionnellement à transcender ses petits moyens – les plans aériens –, mais trébuche malheureusement à mi-parcours en accordant sa réalisation à une direction photo décevante. Cabin Fever 3 : Patient Zero devient dans sa seconde partie – le segment nocturne tant attendu – un film constamment sous-éclairé, choix qui vient grandement nuire à la lisibilité d’un bon paquet de séquences mouvementées. Carton rouge.

 

 

Cabin Fever 3 : Patient Zero ne propose aucune grosse révélation, mais se profile comme un métrage indé extrêmement bien ficelé. Brutal à souhait, soigneusement rythmé et doté d’une structure efficace, le film de Kaare Andrews est une excellente surprise. Si l’avenir du quatrième volet reste à ce jour incertain – les producteurs n’ont fait aucune véritable annonce à ce sujet –, la franchise s’offre ici un nouveau départ. Affaire à suivre.

 

Auteur :

Critique vue 5586 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 81-12

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction