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Critique Calibre 9

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Parmi les films projetés lors du festival Hallucinations Collectives (ancien Festival de l'Étrange), Calibre 9 se retrouve dans la catégorie nouvelles visions qui offre une certaine visibilité à des films peu mis en avant. Réalisé et coécrit par Jean-Christian Tassy, monteur pour La petite fille aux os brisés, et réalisateur du documentaire engagé et rock’n’roll, Fumel, de feu de fer et de rock. Il aura fallu 45 jours de tournage étalés sur deux ans pour « finir » le métrage. Ce cinéaste, fervent défenseur du système D, se lance dans un challenge pour le moins intéressant puisque ce long métrage est doté du budget d’un court (15 000€). Et non, ce n’est pas un énième film cheap inspiré de faits réels avec un esprit dans la forêt ou dans une maison. La passion étant contagieuse, le réalisateur est accompagné par une équipe totalement bénévole (mais bien nourrie) pour cette aventure. A noter qu’il y a eu des corrections jusque dans les dernières minutes avant la projection et que d’autres seront apportées par la suite.

 

 

Yann Moreau est un urbaniste corrompu, dégoûté par sa vie et son supérieur, le maire, mais impuissant à changer les choses, son univers sûr et monotone va se métamorphoser lorsqu’il entre en contact avec une arme possédée par l’esprit d’une prostituée. A première vue, ça transpire la testostérone et faut avouer qu’il y a des airs de téléfilm de la TNT. Mais le public saisit dès les premiers instants que le métrage possède un côté très sombre, la misère de la condition de la prostituée se retrouvant succédée par la voix-off de Moreau exprimant un cynisme violent à l’image d’un Travis Bickle (Taxi Driver) ou du boucher de Seul contre tous. Une critique grossière de la corruption du monde politique et du pouvoir dont ceux qui en font partie abusent, préliminaire à de nombreuses effusions de sang. Et pour ça Calibre 9, même avec un petit budget, n’est pas à la ramasse, c’est carrément explosif, nerveux, décomplexé et une fois l’intrigue posée et la relation Sarah/Moreau installée, c’est honteusement jouissif. Petit point noir tout de même, les plans sont courts et les changements d’angle très fréquents perturbent un instant, mais l’œil s’adapte vite. Certaines scènes contrastent entre elles, le film se retrouve avec une scène d’action pure et dure, cascade et pluie de munitions, et des scènes bien plus noires avec un cocktail humiliation, sexe et meurtre. Un changement de ton appréciable, même si l’auditoire perçoit les quelques plaisirs que l’équipe s’est offerte, certains plaisent d’autres dérangent. Une chose est sure, Calibre 9 ne mise pas sur le réalisme et c’est un choix affirmé, aucune autorité policière ne vient freiner la furie de Moreau et il en va de même pour ses ennemis, ceux-ci osant même le bazooka.

 

 

Originalité du scénario, l’homme qui va nettoyer la ville n’est pas un ancien vétéran surdoué, mais un être quelconque un peu plus éclairé sur la corruption qui gangrène sa ville. La relation entre le calibre et l’urbaniste se développe rapidement et permet à l’équipe d’ajouter une dose d’humour, franchement bienvenue, à travers la confrontation du sérieux et de la sagesse de l’homme avec la dédramatisation et le côté puéril de l’esprit du pistolet. Côté interprétation, le résultat est convaincant et crédible, autant pour les rôles importants que secondaires. Laurent Collombert (Yann Moreau) est à l’aise avec son style perturbé puis finalement décidé à se rebeller, le maire s’en sort admirablement bien dans les moments de transe dévastatrice et de sadisme, de même pour le flic à la retraite, bien que ce type de rôle soit vu et revu. Quant à Sarah (Nathalie Hauwelle), elle apparaît peu, cependant ses cordes vocales méritent une mention spéciale, un flingue qui procure une quasi invulnérabilité doté d’une voix douce digne d’une hotline de téléphone rose, ça laisse rêveur. Ces personnages évoluent dans des décors travaillés et plutôt classe pour un si petit budget. Le tout mis en avant par une photographie léchée, un travail sur les lumières réfléchi pour les scènes en extérieures comme pour celles en intérieures. La bande son aussi se fait bien remarquée se montrant parfois envahissante (ndlr: un léger défaut qui sera très certainement corrigé). 

 

 

Au niveau du rythme, le métrage ne s’arrête pas et le public en prend plein la gueule du début à la fin, ça saigne, ça braque, ça flingue! Jean-Christian Tassy gère donc habilement un budget très mince, de telle sorte qu’il ne se ressent quasiment pas. Néanmoins quelques choix restent critiquables, un mercenaire qui tire au bazooka sur un homme seul quitte à exploser une partie d’un bâtiment et un flingue qui vole jusqu’à la paume de son propriétaire dès que cette dernière s’ouvre, du jamais vu qui perd un peu le spectateur et le détache du film. Des détails qui ne dérangeront pas l’ensemble de la salle, mais les plus pointilleux pourront focaliser là-dessus; utiliser un mouchoir ou un préservatif avant de se coucher… c’est aussi un détail. Il n’en demeure pas moins, qu’avec peu d’argent et 45 jours de tournage, monsieur Tassy et toute l’équipe bénévole réussissent à fournir une œuvre de très bonne facture qui mérite largement sa place dans les salles obscures. Un métrage à voir, et dont seuls ceux qui s’attendent à un immense chef d’œuvre peuvent ressortir déçus. Un résultat bluffant et osé, preuve que le cinéma français a de l’avenir et déjà du cœur, et pas seulement pour les films misant sur des aventureuses sentimentales et familiales terriblement mièvres. 

 

 

Calibre 9 combine intelligemment des scènes de combat rappelant les films d’action pure et d’autres beaucoup plus dures et sombres. Malgré quelques choix originaux et parfois contrariants, le métrage affiche une violence décomplexée et jouissive soutenue par un rythme effréné, mais aussi un peu d’humour et de tendresse par le biais de la relation Sarah/ Yann. Une belle réussite, le film est à voir, l’équipe à suivre. 

Auteur : FAB

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