film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique Cam2Cam

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Le cinéma de Joel Soisson fait froid dans le dos. Producteur chevronné en matière de nanars et de séquelles fauchées – Hellraiser : Revelations, Piranha 2, Mimic 2 –, ce dernier se profile comme un expert du marché vidéo. Soisson y officie d’ailleurs occasionnellement en temps que réalisateur, probablement dans une logique de compression des frais de production. Cet artisan multi-casquette affiche à ce titre un casier bien rempli en métrages anecdotiques, dont deux séquelles au déjà dispensable Pulse ainsi qu’un énième segment nullissime de Children of the Corn. Avec Cam2Cam, Soisson abandonne l’art de la suite au rabais pour mettre en scène son premier scénario original. Tourné entre la Thaïlande et les Etats-Unis, ce thriller horrifique doté d’un micro-budget présente quelques idées intéressantes et se profile à la surprise générale comme un « petit » film plutôt bien mené.

 

 

Joel Soisson n’a jamais vraiment fait dans l’originalité. Cam2Cam répond à ce titre au faible niveau d’exigence du producteur-réalisateur en affichant un synopsis bateau. Le film surfe allégrement sur les tendances du moment et en profite pour véhiculer un message bien usité sur les dangers d’Internet. Lucy, une jeune américaine résidant à Bangkok, trompe son ennui en visitant des sites pour adultes. Cette dernière tombe malheureusement sur un prédateur sexuel qui assouvi une frustration morbide en décapitant des femmes. Sa sœur, Allie, débarque un mois plus tard en Thaïlande avec la ferme intention de retrouver l’assassin. La jeune fille va progressivement découvrir une affaire bien plus complexe qu’elle n’y parait. Etonnamment, Cam2Cam ne sombre jamais dans une facilité visant à multiplier les passades horrifiques ou érotiques. Soisson réalise une œuvrette aux enluminures sulfureuses, mais n’use pas de la nudité en argument commercial. Le film s’équilibre d’ailleurs plutôt habilement et avance un suspense assez bien troussé. Le site de rencontre n’est d’ailleurs utilisé qu’en toile de fond, Soisson tissant son intrigue autour de l’enquête d’Allie plutôt qu’en multipliant les meurtres gratuits et inutiles. Cam2Cam recèle pour ce faire de rebondissements inattendus, de fausses pistes et de personnages troubles.

 

 

Cam2Cam fait dans l’économie de moyens. A peine plus de cinq personnages, un décor quasi-unique. Le film fonctionne parfaitement, mais n’échappe par aux scories habituelles du projet vidéo sans le sou. Alors qu’il présente de beaux twists – le cliffhanger final est vraiment réussi –, Cam2Cam patauge occasionnellement, tourne en rond et oblige le réalisateur à allonger la sauce en usant de longueurs handicapantes. La séquence introductive, certes cruciale et très efficace, est ainsi étendue sur près d’un quart de la bobine. La présentation du véritable personnage principal en pâti inévitablement, le métrage s’attardant de plus volontiers dans le bla-bla sans intérêt plutôt que sur une psychologie que l’on aurait aimé plus profonde. Dommage. Cam2Cam affiche de ce fait un véritable « ventre mou » à mi-parcours, avant de repartir tambour battant suite à l’élimination d’une composante un temps considéré essentielle à l’intrigue. Le long run de conclusion retrouve en effet l’intensité des premières séquences en affichant progressivement une palanquée d’indices troublants, mystérieux, souvent osés.  

 

 

Techniquement, Cam2Cam faire preuve d’une certaine pauvreté. Le métrage est entièrement tourné en vidéo, et affiche une esthétique particulièrement crue proche du documentaire. La direction photo est bâclée, et confine le film dans la case des productions dénuées de véritables prétentions artistiques. La réalisation de Soisson est malgré tout relativement propre, le film s’avérant parfaitement lisible et n’affichant que de rares plans en caméra portée. Cam2Cam bénéficie par ailleurs d’une direction d’acteurs très correcte, la petit poignée de participants – pour la plupart issus du court-métrage ou du petit écran – ne  sombrant jamais dans le sur-jeu. Un très bon point.

 

 

Cam2Cam est une production indé’ tournée à la va-vite mais attachante. Epaulé par un scénario simple mais accrocheur, Joel Soisson livre un métrage bien troussé et correctement rythmé malgré ses imperfections. Assez subtilement émaillé de saillies sex’n’gore, Cam2Cam est un petit thriller sympa de seconde partie de soirée. Pourquoi pas.

Auteur :

Critique vue 4786 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 72+28

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction