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Critique Candyman

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On est toujours mieux servi par soi-même. Clive Barker a sûrement pensé cela pendant une longue période suite aux naufrages cinématographiques que furent certaines adaptations de ses œuvres, et son talent réel pour les adapter lui-même. Car en définitive, si on excepte les récentes, il n’y a pas grand-chose à sauver. Si ce n’est un film. Réalisé en 1992 et qui plus est par un néophyte dans l’horreur. Et tout comme Jonathan Demme sur Le silence des Agneaux, cela se révèle salutaire. Car Bernard Rose – c’est de lui dont il s’agit - livre avec Candyman, un film angoissant et maîtrisé malgré une forme classique qui laisse entrevoir tout de même les penchants de Barker, et notamment sa fascination pour les monstres.

 

 

 

La première impression que Candyman procure chez le spectateur, c’est une angoisse sourde. Car le film est une invitation au voyage – certes morbide et horrifique – via l’histoire de son héroïne, fascinée, et son « monstre », tourmenté. Aidée de sa meilleure amie, elle aussi étudiante, Hélène veut écrire une thèse sur les mythes urbains, pour lesquels elle voue une vraie fascination. En enquêtant dans un quartier sordide peuplé d’immeubles en piteux état, elle découvre la légende de Candyman, véritable croque-mitaine, et va rapidement s’apercevoir que derrière la légende, se cache souvent une réalité encore pire. Car autour d’elle, les cadavres vont s’accumuler. Basé sur une nouvelle de Barker, le script a beau être linéaire, il comporte son lot de surprises. En effet, a mi-parcours, si l’héroïne se retrouve impliquée malgré elle dans les meurtres – et cela n’a rien d’original – on sait que le film ne va pas en rester là. Car ce qui importe Bernard Rose, c’est l’évolution du personnage d’Hélène. Celle-ci entreprend, dès lors qu’elle s’intéresse à la légende du croque-mitaine, un voyage tenant plus du rêve – voire du cauchemar – que de la visite touristique. Sa fascination pour Candyman va même guider la narration et devient au fur et à mesure du film l’élément central, car même au pire de sa situation – internée dans un asile, elle seule voit le Candyman, allant nous faire douter de sa santé mentale – elle garde cette attirance pour ce « monstre » au passé troublant et à l’histoire tragique, qui gardera jusqu’au bout une part de mystère. D’ailleurs, le film garde certaines zones d’ombre qui font du bien et laisse part à l’interprétation du spectateur.

 

 

Le plus frappant dans Candyman est son classicisme indémodable. Peu importe la période où se situe l’histoire, ses thèmes centraux sont intemporels. L’amour, la trahison, la passion, la vengeance et le racisme – car la couleur de peau du Candyman est à l’origine de tout – se mélangent allègrement pour se lover dans un tourbillon de violence, de haine et d’attraction-répulsion. Et la mise en scène est au diapason de l’histoire, illustrant sobrement les méfaits du croque-mitaine et l’enquête d’Hélène, se permettant jusque quelques plans quasi iconiques du spectre vengeur qu’est devenu cet homme qui apparaît quand on prononce son nom cinq fois devant un miroir, un crochet en guise de main et des abeilles en multitude autour de lui. Bernard Rose nous plonge dans les méandres obscurs de l’âme humaine et n’épargnent rien à son héroïne, passage à tabac, cocufiage, internement, jusqu’à un final jusqu’au-boutiste qui dénote avec beaucoup d’autres films du genre en ne refusant pas une conclusion qui s’imposait logique dès lors qu’on y réfléchit un peu.

 

 

Quand on pense à Candyman, impossible de détacher cela de son interprète – et ce même dans les deux médiocres suites – Tony Todd, acteur au physique imposant et qui aime en jouer. Sobrement, il incarne un être que l’on devine malgré tout fragile et prisonnier de sa condition. Face à lui, Virginia Madsen, tout en douceur, joue sur l’instabilité de son personnage, dont les démons intérieurs prendront le pas sur le reste. Elle est l’axe central du film, de presque toutes les scènes et heureusement s'avère parfaite. Le scénario de Candyman est l’œuvre de Barker et cela se ressent dans le traitement des personnages, qui ne dévient pas de leur route, dont les motivations profondes sont souvent discutables et où la déviance est l’attrait de l’horrible prime sur la normalité – tout comme dans Hellraiser et Cabal –. Barker aurait pu lui-même mettre le film en scène mais il a trouvé le réalisateur parfaitement apte à illustrer son univers, qui excepté le très bon Paperhouse, n’aura finalement que peu œuvré dans le genre et jamais cela ne se ressent même dans les séquences plus hard et gores. L’objectif de Barker et ses intentions initiales sont ici parfaitement restituées. Un fait suffisamment rare pour être souligné.

 

 

A l’heure où le genre connaît un relâchement navrant, préférant se vautrer dans le vide abyssal du torture-porn, et où rares sont les œuvres auxquelles on peut rajouter le mot chef devant, n’hésitez pas à regarder en arrière, et à mettre un pied dans l’univers d’un artiste hors du commun, qui de l’écrit à l’image aura construit un monde unique et cohérent, visuellement magnifique mais difficile à restituer à l’écran. Pourtant, Bernard Rose l’y a aidé pour Candyman et aura également contribué à créer un des plus célèbres boogeymen du cinéma.

Auteur : TONTON

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Votre réponse :

Behlian 09-04-2011
Au vue de cette très bonne critique j'attends avec impatience celle de Hellraiser (dont seule la première séquelle apparait correcte dans cette saga affligeante et injustifiée).

 

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