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Critique Cannibal Holocaust

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Cannibal Holocaust fut le film de toutes les controverses depuis sa sortie - et le tollé général qui s'en est suivi - jusqu'à aujourd'hui ou le métrage est encore interdit dans plusieurs pays. Il n'en demeure pas moins une œuvre phare et un tournant dans le genre de l'horreur de par les thèmes qu'il aborde.

 

 

 

 

Avant tout, il s'agit d'un film d'exploitation sur la mode du cannibalisme qui commençait à faire fureur à l'époque. Rugiero Daudato, le réalisateur, venait à peine de boucler un précédent film sur le même sujet - Ultimo Mondo Cannibale - lorsqu'il fut contacté par un producteur allemand afin d'en faire un nouveau. Avec ce film, il invente pratiquement ce que l'on appelle communément aujourd'hui le genre de Found Footage, ces enregistrements retrouvés « par hasard » qui ont fait les beaux jours des Projet Blair Witch et autre et dont le concept a été depuis usé jusqu'à la moelle et à toutes les sauces - Diary of the dead, Zombie Diaries 1,2, REC  1,2,3, Cloverfield, Paranormal Activity, Sinister... -.

 

 

Pourtant, la singularité Cannibal Holocaust réside dans le fait que le procédé du Found Footage n'est pas utilisé gratuitement à des fins uniquement sensationnalistes. Le réalisateur y a brillamment recours pour lancer une virulente diatribe sur le pouvoir de l'image dans une société toujours en quête de sensationnel sans aucun égard pour l'intégrité journalistique. Cette critique est doublement visible dans le film : d'abord par ce groupe de pseudo documentalistes qui, sous couvert de reportage en pleine forêt amazonienne n'hésitent pas à « scénariser » leur enquête en incendiant délibérément un camp d'indigènes pour ensuite feindre le chagrin en montrant du doigt les méfaits de l'homme blanc contre la nature. En second lieu, on peut distinguer ce point de vue lorsque le héros du film, après avoir visionné le reportage se bat contre ses supérieurs pour ne pas le montrer à cause de son caractère choquant, alors que ceux-ci sont au contraire prêts à tout pour le diffuser en masse et créer le buzz - quoi que l'expression n'était pas encore née à l'époque -. Le réalisateur avouera par la suite que cette volonté de dénoncer ces pratiques scandaleuses est née lorsqu'il fut confronté au flot énorme de reportages couvrant les attentats des Brigades Rouges. Il trouvait que les médias s'attardaient gratuitement sur leur violence et soupçonnait même quelques mises en scène, faisant fi de toute déontologie.

 

 

Daudato pousse encore la manipulation en jouant au maximum sur la frontière de ce qui est réel et ce qui ne l'est pas, comme pour attester du pouvoir certain de l'image sur le jugement humain. Le procédé a tellement bien marché que la première victime en a été le réalisateur lui même qui a été accusé par la justice d’obscénité et d'avoir tourné un Snuff Movie tellement les effets spéciaux étaient réalistes. Il fut obligé de reproduire ces mêmes effets en cour de justice pour démontrer que ce n'était que du toc et dut convoquer les membres du casting pour montrer qu'ils étaient bel et bien vivants. Il faut dire aussi que l'autre raison qui a fait que ce film soit si controversé est l'extrême brutalité et la crudité des scènes gore. Tout y passe et c'est garanti 100% charcuterie fine : de la torture, des énucléations, des décapitations, éviscérations et amputations en tous genre en passant par cette scène désormais culte de l'empalement d'une indigène sur une poutre : le Gore italien dans toute sa splendeur. Le réalisateur est même allé jusque insérer des scènes de vraies boucheries animalières - à l'instar de cette pauvre tortue de mer - pour brouiller encore plus les pistes.

 

 

Cannibal Holocaust reste donc, malgré ses airs de petit film d'exploitation, une œuvre essentielle dans le cinéma gore qui mérite d'être redécouvert à plus d'un titre. Rarement un film d'horreur n'aura traité en profondeur de sujets aussi divers que celui-ci, ni n'aura été aussi brutal et sans concessions. A ne pas mettre entre toutes les mains cependant.

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