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Critique Carver

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Succès d’envergure oblige, la saga Saw semble immanquablement destinée à enfanter de nombreux rejetons sur les prochaines années. A l’instar du revival slasher du milieu des années 90 - Scream, Souviens toi... L'été dernier et bon nombre de copies sans intérêt -, le survival hardcore mâtiné d’éléments étiquetés « torture porn » opère un véritable retour en force sur le devant de la scène horrifique. Si le mouvement se réserve ces dernières années quelques très bonnes pellicules - l’impeccable Waz, l’intéressant quoi qu’inégal Turistas / Paradise Lost - émergeant d’un lot considérable de copycats inutiles. C’est dans cette seconde catégorie que se classe Carver, minable métrage tentant péniblement de surfer sur la vague actuelle. Une gamelle notable pour l'inconnu Franklin Guerrero Jr.

 

 

C’est parfois des films les plus fauchés que naissent les meilleures surprises. Si Carver revendique pleinement son statut de production indépendante bricolée avec trois bouts de ficelle par un réalisateur en devenir, le métrage se profile néanmoins en grossier témoignage d’un cinéma de l’extrême débridé mais malheureusement sans valeur artistique. Le film présente pourtant une approche prometteuse dans son premier tiers. Techniquement, et malgré un générique étrangement épileptique qui ne présente pas de véritable cohérence avec la tenue générale de l’œuvre, Carver est un honnête produit d’artisan ayant potassé ses classiques. Plus proche des glorieuses eighties que d’une mouvance actuelle visant à multiplier les plans dans un soucis d’esthétique clipesque proprement imbuvable, le jeune Franklin Guerrero Jr. shoote le tout avec une stabilité et une sobriété trop rare. Lisible et soignée, la réalisation sert un script encore plus prompt à évoquer fidèlement ses modèles, Massacre à la Tronçonneuse en tête de liste. Ravisant toute notion d’originalité aux abonnés absents, Guerrero Jr. recasse une histoire de famille timbrée et de déficient mental dépiautant allégrement de l’étudiant idiot dans les bois. De jeunes protagonistes n’ayant une fois encore que des objectifs futiles : boire, baiser, et accessoirement échapper à la menace - évidemment - indestructible. Attendu, Carver cumule les habituelles poursuites dans les bois, cris de terreurs ou ignobles et juteux sévices corporels. Si le film de Franklin Guerrero Jr. se terre dans un manque d’ambition parfaitement adapté à la maigreur de son scénario ras du plancher, le métrage aurait pu se profiler en divertissement acceptable s’il n’avait pas sombré définitivement dans débordements les plus scabreux.

 

 

Si la violence jusqu’en boutiste confère d’ordinaire une véritable puissance à un message fort, cette dernière ne sert jamais véritablement le script minimaliste de Carver. Franklin Guerrero Jr. n’a pas grande excuse à poser sur pellicules les effusions gores les plus poussées, et manque toute tentative de mise en place d’une lointaine tension en bâclant un scénario uniquement prétexte à un jeu de massacre en règle. Pire, le jeune cinéaste flirt à quelques reprises avec un mauvais goût particulièrement exacerbé. Perdu dans son souhait de poser sur bandes un métrage glauque au possible, Franklin Guerrero Jr. opère quelques choix gerbants qui laisseront planer le doute sur sa bonne santé mentale. Le cinéaste semble en effet témoigner d’une véritable attraction pour les déjections humaines, les protagonistes de son métrage étant à plusieurs reprises capturés dans des séquences intimes incompréhensibles et malvenues. Carver se vautre même encore plus profondément dans la scatologie la plus outrancière à l’occasion d’une scène de meurtre ignoble en tous points, le réalisateur peinturlurant l’écran de merde avant de se fourvoyer dans une scène d’éclatage de testicule capturée en gros plan. Si Guerrero Jr. tente avec ces séquences insupportables de créer un quelconque malaise, le cinéaste passe très loin de l’aspect lourd et oppressant d’un Massacre à la Tronçonneuse ou de La Dernière Maison sur la Gauche. Choquant dans le plus mauvais sens du terme, son métrage ne met jamais cette violence visuelle à profit d’ une dimension psychologique émergeante, voire d’un propos coup de point. Carver est simplement rebutant, les protagonistes n’ayant pas d’autres intérêt que se faire dézinguer par un malade dont, comble de l’histoire, on ignore toute motivation. Bête, méchant et sans autre objectif.

 

 

Bien que la réalisation de Franklin Guerrero Jr. s’avère fluide et agréable et que les acteurs soient dans l’ensemble étonnamment convenables, Carver souffre par ailleurs de graves carences techniques. Immonde, l’éclairage happe les images dans une obscurité permanente si prononcée que l’on peine parfois clairement à définir le bon déroulement de certaines scènes. Un véritable travail de tâcheron probablement soucieux de conférer au film une ambiance sombre et poisseuse, mais qui présente de graves limites : on ne voit parfois rien, sans parler du panel colorimétrique poli jusqu’à l’extrême par ce choix de sous-éclairer l’ensemble du film. Très années 80, mais proprement dégueulasse. Ultime détail, la bande-originale de Carver est absolument abominable. Très loin de s’apparenter à un score digne de ce nom, la partition se contente de répéter maladroitement les mêmes motifs minables et soulants au possible. Stridente et désagréable, la musique n’aide clairement pas plus Carver à grimper sur l’échelle du suspens, mais contribue contrairement à rendre le film plus irregardable qu’il n’est déjà. Assez désagréable.

 

 

Si le premier acte laissait potentiellement présager d’une œuvre palpitante, Carver se profile au final d’avantage comme une mauvaise copie délavée de Massacre à la Tronçonneuse que comme la prochaine révélation du cinéma horrifique indépendant. Essai manqué.

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