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Critique Chained

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Nous avons tous lu un jour dans le journal un fait divers sordide, inimaginable au point de se demander comment de telles atrocités peuvent être commises dans le monde réel. Un homme qui tue son compagnon de cellules et qui mange ses organes. Passe encore. La génération actuelle est tellement gavée de gore que ce genre de crime fait sourire. Ou alors, cette étrange histoire d’un couple de sexagénaires qui, en plein Londres, ont retenu et séquestré trois femmes pendant environ trente ans. Dans l’anonymat le plus total, au cœur d’une mégalopole mondiale. Pas besoin de violence accrue pour choquer, marquer les esprits. C’est un peu la description qui pourrait résumer l’intrigue de Chained.

 

 

Chained est le quatrième film de la fille Lynch, Jennifer Chambers Lynch pour faire complet. Après Boxing Helena en 1993, une petite pause café de quinze ans, Surveillance en 2008 et Hiss en 2010, la réalisatrice revient avec un film peu médiatisé, à l’image des précédents. Il prend malheureusement la route des direct to vidéo. Et pourtant, non dénué d’un casting intéressant, Vincent d’Onofrio en tête, le résultat est assez marquant. La preuve, un prix spécial du jury décerné lors du festival international du film de Catalogne de Sitges en 2012. De plus, il est évident que sa légère notoriété s’est faite car les inconditionnels de Lynch ont voulu voir ce que le travail de sa fille vaut. Et il se trouve qu’elle opère dans un style différent de son paternel.

 

 

Tim, un garçon de 9 ans, et sa mère, sont enlevés par un chauffeur de taxi qui n’a visiblement pas envie de les mener à destination. Pour eux, ce sera son domicile. Si la mère n’aura pas le temps de s’acclimater à la maison, le petit homme y passera de longues années. En effet, il a été choisi par le psychopathe, Bob, pour devenir son servant, l’assistant dans ses sinistres tâches post-mortem. Nettoyer le sol inondé de sang, enterrer les corps… Rien à voir avec un technicien de surface habituel. Le gamin, traumatisé au début, finira par grandir et se faire une raison. Le bourreau de sa mère se résout à le garder toute sa vie, lui octroyant quelques libertés au fil du temps. Une relation très particulière s’installe entre Bob et Tim, qui a été renommé « Rabbit ». Alors, victime résignée ? Apparition du syndrome de Stockholm ? On peut également imaginer que Bob, interprété à merveille d’ailleurs, voit en Rabbit le fils qu’il n’a jamais eu, et qu’il veut, à sa manière, lui inculquer des valeurs. Il semble par exemple porter de l’intérêt sur l’éducation, la connaissance. Car il faut savoir qu’un psychopathe peut aussi faire prof. Vive la double casquette ! Puis comme tout tueur en série qui se respecte, il a été traumatisé au plus haut point dans sa jeunesse. Pour une fois, le flashback du gosse apeuré aurait pu passer à la trappe. Personne ne l’aurait réclamé, car justement, il aurait été appréciable de voir un homme enlever des femmes et les tuer sans raison justifiée par son passé. Le rendu n’en aurait été que plus troublant. En outre, il faut souligner la qualité graphique des scènes, l’ambiance « grenier poussiéreux » jaunâtre et sinistre, sublimée par le jeu d’acteur de Vincent d’Onofrio, alias Bob - pas très badass comme nom, certes -.

 

 

Petite précision : Chained n’est pas un film d’horreur. On fait ici abstraction des meurtres car le spectateur à l’occasion de voir l’envers du décor. Cela peut en fasciner plus d’un. Le quotidien d’un meurtrier qui tente de transmettre son flambeau, et qui n’a plus besoin d’user de la violence envers son esclave. Persuadé de détenir la vérité, Rabbit va être gavé de bouquins d’anatomie jusqu’à être forcé de mener une expérience humaine déroutante. Scène choc à prévoir. Heureusement, le film ne souffre pas de longueurs, ou du moins n’exagère pas, et l’évolution psychologique des protagonistes est intéressante à suivre. En revanche, le ressenti sur le twist final sera plus mitigé. Pas nécessairement utile, il en est presque ridicule et coïncide avec cette façon de devoir tout justifier. Jennifer Chambers Lynch se rattrape cependant avec un générique unique en son genre, qui a le mérite d’être dérangeant, à l’instar de ce sombre récit.

 

 

Chained est un film qui ne laissera personne indifférent. Voila comment parler du métrage de Jennifer Chambers Lynch, sans en dévoiler l’aspect. Bien plus intelligent qu’un slasher dénué d’originalité, il atteint son objectif avec brio : choquer et étouffer par son côté malsain.

Auteur : QUENTIN

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