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Critique Chappie

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En deux films, Neill Blomkamp s’est imposé comme l’un des cinéastes SF les plus intéressants et novateurs du moment. Abandonné par la Fox alors qu’il se démène pour mener à bien son adaptation live du célèbre jeu-vidéo Halo, le cinéaste trouvera rapidement le moyen de rebondir en dévoilant quelques années plus tard le remarquable District 9. Fable fantastique sur un apartheid utopique entre les humains et une race d’extraterrestre involontairement échouée dans le ciel de Johannesburg, le film impose un style, une vision et surtout un message. Autant d’éléments qui définissent aujourd’hui son cinéma. Avec Chappie, Blomkamp reste fidèle à son approche et livre une œuvre fantastique forte, généreuse et dotée de réels enjeux dramatiques.

 

 

Chappie est l’un des premiers scripts rédigés par Neill Blomkamp, mais pourrait aujourd’hui venir conclure une « trilogie » tournée en plein cœur de la capitale sud-africaine. Si le film est bien différent des audacieux District 9 et Elysium dans sa trame narrative, le dernier long de Blomkamp cultive en effet sa filiation par des questions de fond communes. Chappie affiche une nouvelle fois les thématiques chères à son géniteur, à savoir une dénonciation plutôt habile du rejet de la différence, de la montée en puissance de l’individualisme et du culte de l’argent. Le robot Chappie matérialise ici l’élément perturbateur, le « mouton noir » incompris et rejeté pour sa différence. Un « être » intelligent que l’on préfère détruire plutôt que comprendre, fusion presque Kafkaïenne entre un intellect humain et un corps étranger. Une idée de transhumance / métamorphose que le cinéaste pousse d’ailleurs comme toujours à son paroxysme dans son développement, Elysium et District 9 étant déjà plus ou moins basés sur l’idée de l’évolution physique et intellectuelle de l’homme, transformation jugée menaçante. Le sujet n’a certes rien de foncièrement novateur – RoboCop en faisait son leitmotiv dès la fin des eighties –, mais reste une nouvelle fois extrêmement bien traité par un Neill Blomkamp qui n’use de la critique qu’en filigranne. Car au-delà de son message social sous-jacent, Chappie se dresse avant tout en long-métrage puissant et incroyablement touchant.

 

 

Chappie a du cœur. Simple et efficace, l’histoire de Blomkamp vise juste. Codée par un ingénieur jusqu’ici limité à la création d’armes de défense, la première véritable intelligence artificielle est transmise dans le corps d’un ancien robot-flic destiné au pilon. L’affaire se complique lorsque l’entité cybernétique et son créateur sont kidnappés par un gang qui projette d’utiliser cet « enfant de ferraille » pour un futur casse. Innocent et inconscient du monde qui l’entoure, Chappie va devoir apprendre afin d’espérer survivre. Purement SF mais plutôt original dans sa construction, Chappie est un métrage fantastique à l’approche presque inédite. Blomkamp s’affranchit en effet avec bonheur d’inévitables saillies burinées et bardées d’effets spéciaux ébouriffants, mais tout l’intérêt du métrage tient assurément davantage dans son potentiel dramatique que dans ses prouesses visuelles. Le film parvient en effet à imposer des personnages cabossés, imparfaits, parfois détestables mais attachants. Si la galerie de protagoniste reste imparfaite – la figure paternelle, un temps incarnée par un gangster wesh-wesh bourré de clichés, est irritante sur bien des points –, Blomkamp construit l’entourage du fameux Chappie en usant de contrastes vertigineux, sans pour autant abandonner la possibilité d’un « vivre-ensemble » qui prend tout son sens en fin de course. Le fameux robot-pensant est à ce titre brossé comme un humain, avec ses émotions, sa naïveté, sa sensibilité. Blomkamp parvient pour ce faire à créer une véritable empathie pour un tas de ferraille constamment disloqué, mis à mal par la bêtise humaine.

 

 

Chappie affiche cependant ses défauts, ses faiblesses. Le film n’évite certes pas les clichés. Ces derniers sont pour beaucoup inhérents aux acteurs Ninja et Yo-Landi Visser, membres du groupe Die Antwoord, dont l’univers visuel et sonore vient parfois parasiter le travail de Blomkamp. Malgré son vocabulaire lascar parfois pénible – la version française reste à proscrire – et un manichéisme trop prononcé, Chappie ne sombre heuresement jamais dans la morale facile. Un très bon point. Côté casting, le compagnon de toujours Sharlto Copley – le héros de District 9 – fait des merveilles en motion capture dans le rôle du robot, tout comme le sympathique Dev Patel dans la peau du scientifique paumé. Bien que moins présents, Sigourney Weaver et Hugh Jackman sont également excellents. La direction artistique de l’ensemble est par tout aussi soignée. Brut, aride et sans fioritures inutiles, le style de Blomkamp est désormais bien connu. Délaissant les effets de style, le réalisateur conserve sa fabuleuse propension à équilibrer son œuvre en usant d’un éclairage naturel typiquement documentaire et de cadrages scope purement cinématographiques. Magnifique. Un poil vampirisé par les morceaux de Die Antwoord, le score de Hans Zimmer est superbement construit, épique, sensitif. Une bande-originale éclantante et contrastée, judicieusement charpentée autour de cuivres percutants et d’ajouts électroniques hypnotisants.

 

 

Accueilli tièdement outre-Atlantique, Chappie se profile pourtant comme une totale réussite. Le film reste perfectible sur plusieurs aspects, mais déroule une personnalité intéressante, une rare sensibilité, un humour ainsi qu’une science du rythme bien calibrée. Chapeau bas, Monsieur Blomkamp.

 

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