film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique Charlie's Farm

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Genre codifié et basique par excellence, le slasher-movie aura connu deux gros temps forts depuis la sortie de son film fondateur – Halloween : La Nuit des Masques, bien qu’il soit éventuellement possible de remonter jusqu’au Psychose d’Hitchcock pour en trouver certains ressorts –. Entre ces périodes fastes, ce sous-genre restera majoritairement l’apanage des studios indés et des cinéastes débutants, parfois pour le meilleur – au hasard, la trilogie Hatchet / Butcher –, souvent pour le pire. Métrage australien tourné avec deux-trois cacahuètes et une Tara Reid méconnaissable, Charlie’s Farm se vautre dans tous les poncifs possibles et déroule parallèlement une rythmique anémique. Une sacré performance.

 

 

Le slasher n’est pas du cinéma d’intello. Les aficionados tiennent d’ailleurs dur comme fer à la sacro-sainte formule du genre, à savoir un psycho-killer bien massif, une petite dose de séquences sexy et une certaine forme d’inventivité en matière de meurtres craspecs. Si certains cinéastes inconnus ont parfaitement su conjuguer ses impératifs tout en injectant une véritable personnalité à leurs œuvres, le newcomer Chris Sun se plante pour sa part partiellement par crainte de ne sortir ne serait-ce que légèrement des sentiers balisés. Ce dernier connait en effet sa grammaire cinématographique et ses classiques sur le bout des doigts, mais n’ose jamais coucher sur pelloche « son » film. Charlie’s Farm se profile en effet comme un vulgaire copycat de n’importe quel opus de Vendredi 13 post-Chapitre Final – le quatrième, pour ceux qui ne suivent pas –. Le scénario déroule donc sans surprise le programme habituel et usité : quatre jeunes biens cons se décident à aller camper dans une ferme abandonnée et archi-dégueulasse autrefois théâtre d’innommables atrocités. Les filles sont élancées, les mecs libidineux à souhait. Tout le monde est bien peigné et maquillé même après trois jours dans la nature, la tension sexuelle monte d’un chouia. Manque de bol, un guignol crado et demeuré dégomme tout ce petit monde avec moult inventivité. Fin. Chris Sun ne manque certes pas de dévoiler de ci et là quelques moments clés de « l’éducation » du tueur – forcément malmené par des parents golmons –, lourd passif évidemment conté par l’un des protagonistes à l’occasion d'un petit feu de camp des familles. Bonjour les clichés.

 

 

S’il semble inconcevable de demander à un film étiqueté slasher de réinventer le genre – quoi que, All the boys love Mandy Lane démontrait brillamment le contraire –, un poil d’originalité n’est jamais superflu. Ou au minimum une rythmique correcte, voire un peu d’humour. Au pire du pire, des nichons. Rien de tout cela dans ce Charlie’s Farm qui patauge dans le néant pendant près d’une heure, avant d’enchainer tous ses dézingages en mode pilotage automatique. Le film de Chris Sun est désespérément plat, chiant, peuplé de dialogues ultra-crétins et de blagues pipi-caca. Un gars en slip essaye certes de faire le mariole de service, sans succès. Le côté gore est malgré tout bien appuyé, parfois trop. Force est de reconnaitre que tout ce qui touche aux parties génitales amputées passe globalement assez mal dans ce type de divertissement léger, pour lesquels le spectateur ne demande pas l’électrochoc que pourrait fournir un rape & revenge. Les amateurs apprécieront à la limite les nombreux clins d’œil aux films de l’âge d’or, dont… Vendredi 13, encore. Pour l’anecdote, Chris Sun, non content de plagier la franchise, pousse « l’hommage » jusqu’à torcher une séquence de boxe « victime vs. tueur indescriptible » qui n’est pas sans rappeler celle du nanardesque Vendredi 13 – Chapitre 8 : l’Ultime Retour. Le tout avec le massif Kane Hodder – ex-Jason Voorhees, donc – dans le rôle du sportif qui se prend la branlée du siècle.

 

 

Exfolié de tout climax ou semblant de tension – le montage est à ce titre assez mauvais –, le projet de Chris Sun misère également sans grande surprise à impliquer ses acteurs. Kane Hodder et Bill Moseley cachetonnent comme des crevards, pendant que Tara Reid nous sert une interprétation bien naze de la jeune fille innocente. Jeunesse d’ailleurs bien loin pour l’ex-starlette, camouflée sous trois couches de fond de teint outrancier et par ailleurs assez effrayante dès qu’elle se trouve mal-éclairée. Sans parler du reste, Reid affichant ici davantage un physique de junkie que de jeune première. Malgré ses multiples défauts, il convient cependant de souligner l’approche technique au poil de ce Charlie’s Farm. Très eighties dans l’esprit – logique –, le métrage est emballé dans une direction photo absolument excellente. Du très beau travail, à l’instar de la réalisation, parfaitement fluide malgré deux-trois ralentis un peu inutiles et trendy, et de ses trucages gorissimes à souhait. C’est déjà ça.

 

 

Si Chris Sun semble mené par de bonnes intentions, son Charlie’s Farm est anecdotique. Déjà-vu et plombé par des dialogues n’importe-nawak, le métrage souffre surtout d’un déséquilibre hallucinant entre la mise en place du contexte et le bourrinage attendu – étalé sur à peine vingt minutes ! –. Et puis merde, envisager un slasher indé’ sans jamais verser dans la moindre séquence d’effeuillage est proprement honteux.

 

Auteur :

Critique vue 5641 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 73+2

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction