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Critique Chatroom

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Maître incontesté des jeunes nippones aux longs cheveux noirs, Hideo Nakata redéfinit les codes du genre en mettant sur pieds son Ring qui connu un succès écrasant et terrifia toute une génération d’adeptes. Egalement créateur de Dark Water, le bonhomme a su s’imposer dans le paysage cinématographique mondial. Ses dernières années ne sont malheureusement pas représentatives du talent dont il sait faire preuve, entre le remake américain de son propre Ring 2 ou L : Change World, Nakata semblait prendre un virage pour se placer aux côtés d’une tripotée de réalisateurs sans vraiment marquer le coup. Après une expérience américaine, c’est en Angleterre que le monsieur pose ses valises pour mettre sur pied un métrage totalement ancré dans son époque en apportant une vision pessimiste des réseaux sociaux et de la nouvelle génération qui s’y identifie. Adaptation d’une pièce de théâtre du dramaturge irlandais Enda Walsh – également scénariste de Hunger -, Chatroom se profile comme une critique assassine du monde virtuel offrant une pellicule bien plus profonde qu’elle en à l’air ratant malheureusement parfois le coche faute à des ambitions un peu légères.

 

 

William est un ado perturbé passant la majorité de son temps sur internet. Un jour, il ouvre un forum de discussion et se voit rejoindre par quatre jeunes. Parmi eux, Jim, qui va devenir la cible de William, bien décidé à le détruire. Si Chatroom s’esquisse incontestablement comme un énième film à destination de la génération geek de part sa mise en scène ou tout simplement de part son thème central, à savoir les adolescents abreuvés aux réseaux sociaux, aux chats, aux blogs, aux sites en tout genres et plus généralement à tout ce qui touche au 2.0, il n’en est rien, du moins, pas que. Si cette notion de 2.0 englobe un grand nombre de choses et peut paraître un peu superficielle, c’est principalement sur les forums de discussion que se centre ici la pellicule. Un choix intelligent et justifié qui permet au spectateur de simplement se retrouver grâce à un phénomène représentatif des dangers du net. Si le thème d’internet a déjà été traité maintes fois au cinéma, c’est principalement à la culture nippone qu’il est associé même si le paysage français a vu dernièrement un 8th Wonderland plutôt réussi et inattendu. Chatroom met en exergue de vraies questions – parfois maladroites et jouant certainement la facilité – et s’inscrit dans un contexte on ne peut plus actuel livrant ainsi un message contemporain et parlant. Mais Chatroom ne se limite pas pour autant à « Internet, c’est dangereux » et propose différents thèmes sous-jacent qui, bien que jouissant d’un traitement de temps à autre au ras des pâquerettes, se révèlent passionnants. Le métrage n’a rien d’une bande pour ados décérébrés et offre une vision foutrement pessimiste et acide de cette nouvelle génération virtuelle.

 

 

Si le net et l’obsession pour le suicide restent les thèmes centraux de Chatroom, c’est aussi le mal être adolescent qui y est abordé. Des jeunes qui, face à des adultes avec lesquels ils n’arrivent pas à dialoguer et qui ne se comprennent manifestement pas, s’évadent du monde réel pour tenter de trouver des réponses dans un monde virtuel où les apparences ne comptent plus et où les gens parlent librement derrière des avatars. L’occasion pour certains de se construire une nouvelle vie. C’est justement sur cet aspect que le film met l’accent grâce à une mise en scène intelligente et une concrétisation de ce monde électronique. Dès que les personnages se connectent sur les chatrooms, le métrage matérialise cette seconde vie sous la forme d’un long couloir où chacune des nombreuses pièces représente un forum de discussion. Des chambres au thème bien précis qui plongent les internautes et le spectateur dans un tout autre univers, reflet de l’imagination débridée de ses créateurs. Le plus grand danger d’internet est cette distance avec la réalité qui déresponsabilise l’utilisateur et ne se rends pas compte de la portée de ses actes. En matérialisant ce monde de derrière l’écran, Hideo Nakata parvient à retranscrire les conséquences désastreuses que peuvent avoir certains actes dans la réalité. Si les personnages sont malgré tout conscients de cette distinction de vies parallèles et utilisent la toile plus comme un refuge, le spectateur l’est lui aussi et le réalisateur parvient à ne pas perdre celui-ci dans un pseudo monde onirique où la réalité et la fiction s’entremêlent dans un flou ambiant.

 

 

La photographie joue ainsi un rôle primordial, un monde terne à l’extérieur traduisant une vie morne qui défile sans conviction agrémentée de plans simples mais efficaces, à l’opposé, une image lumineuse aux couleurs flashy avec des plans choisis plus atypiques. Visuellement très travaillé, Chatroom est un vrai plaisir pour les yeux. Il faut remercier ici Benoit Delhomme qui a travaillé notamment sur Chambre 1408 ou encore The Proposition de John Hillcoat. Si les qualités de ce métrage s’accumulent aisément, il faut reconnaître que sa profondeur atteint ses limites à de nombreuses reprises et certains sujets clichés comme la pédophilie restent en surface et la pellicule préfère se centrer sur certaines intrigues parallèles un peu faiblardes. Autre bémol – sans vraiment être dérangeant -, les personnages se profilent comme de purs produits caricaturaux : le black de service amoureux de la petite sœur de son meilleur pote, la fille superficielle plongée dans la mode, l’intello perdue fan de politique et de grandes personnalités et le mal aimé suicidaire terrifié par les gens. Seul William, magnifiquement interprété par un Aaron Johnson à mille lieux de son ado coincé de Kick-Ass, bénéficie d’un traitement digne de ce nom. Parfois difficile à cerner dans ses premières apparitions, le personnage prend de l’ampleur et devient rapidement la pierre angulaire du métrage en fascinant autant qu’il n’inquiète. Si Chatroom s’essouffle à quelques reprises, jouit d’un traitement boudant parfois l’essentiel et offre un final manquant de mordant car beaucoup trop convenu, il n’empêche que Hideo Nakata a su accoucher d’un film tout à fait honnête qui a au moins le mérite de soulever de vrais problèmes et de nous offrir un spectacle visuel des plus maîtrisé.

 

 

Plus intelligent qu’un simple métrage à base de lol mdr oki ;-) mais bien moins pertinent qu’un Suicide Club qui avait déjà tout dit près de dix ans plus tôt, Chatroom reste une pellicule qui brille plus par sa forme que par son fond et aurait pu devenir l’une des œuvres les plus abouties de son géniteur. Une œuvre à ne cependant pas limiter à sa seule façade, il faudra creuser un peu plus loin si l’on veut pleinement apprécier tous les aspects qui composent ce Chatroom.

Auteur : TIBO

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